Journalistes : revenez à la raison !

Jeudi 21 Mars 2013, La Croix titre « L’état des lieux du racisme en France ». Il est question de commenter les conclusions du rapport de la Commission nationale des droits de l’homme, qui fait « apparaître un rejet croissant de l’islam ».

Deux passages de l’article méritent d’être confrontés.

D’une part on nous apprend que « la montée du sentiment antimusulman commence à s’étendre à de nouvelles couches de la population ».
Une chercheuse du CNRS constate « une augmentation spectaculaire du rejet chez les diplômés du supérieur ».
Elle ajoute que « c’est là une évolution tout à fait notable, car [ils] sont traditionnellement plus tolérants, moins xénophobes et moins racistes que la moyenne ».

L’article traite de l’évolution de la perception des immigrés et de l’islam par les Français. Elle est de plus en plus négative chez un nombre grandissant de gens. On apprend par exemple que 69% des sondés estiment « qu’il y a trop d’immigrés aujourd’hui en France », soit 22 points de plus qu’en 2009. On découvre, amusé, que cette opinion est partagée par 51% des sympathisants de gauche.
Mais il faut éviter que ces chiffres impressionnants ne viennent conforter les doutes du lecteur quant aux bienfaits de l’immigration. D’où ces mots pour clore l’article : « aux dires des sondeurs, la polarisation des débats autour de l’immigration ces dernières années explique elle aussi en partie cette évolution des préjugés ».

Le choix du terme « préjugé » nous montre qu’officiellement une opinion négative quant aux immigrés ne peut qu’être fondée sur une méconnaissance de l’étranger, de sa culture, des quartiers populaires, de l’islam, etc.

Et pourtant, il n’y a pas besoin d’avoir fait une école de journalisme pour comprendre que si l’immigration a presque toujours fait l’objet d’un rejet de la part des classes populaires, c’est parce que dès les années 70 ce segment de la population a subit une cohabitation forcée avec les immigrés.
A l’inverse, l’accueil indifférent ou favorable qu’ont réservé les catégories supérieures à l’immigration de masse pendant longtemps, était lié à leur capacité à se tenir éloignées des populations immigrées. Etant donné le caractère ininterrompu des flux migratoires depuis 40 ans, ce privilège ne pouvait pas persister éternellement. Aujourd’hui, les zones épargnées par le changement de population sont de plus en plus rares. Les diplômés et les hauts revenus se retrouvent confrontés à la réalité de l’immigration qu’ils n’ont pas vue, ou pas voulu voir jusque là. Et comme par enchantement, ils se découvrent des idées communes avec les ouvriers de 1985.

C’est pourquoi persister à présenter le rejet de l’immigration comme un préjugé est absurde. L’expérience montre, au contraire, que c’est le contact quotidien avec les immigrés qui conduit à les rejeter. A l’inverse, les opinions tolérantes et moralisatrices, ne se rencontrent que chez ceux qui les côtoient peu ou pas du tout.
Il est clair que les préjugés ne sont pas là où le croient les journalistes.

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15 réflexions au sujet de « Journalistes : revenez à la raison ! »

  1. The Ambassador

    A l’inverse, les opinions tolérantes et moralisatrices, ne se rencontrent que chez ceux qui les côtoient peu ou pas du tout.

    Sauf quand l’endoctrinement est tellement accompli que même le contact ne les ébranle pas.

    J’ai raconté dans une interview que lorsque j’étais à l’école de journalisme de Strasbourg, nous avions fait un reportage au tribunal de grande instance. Il fallait donner le compte-rendu des différents cas que nous avions devant les yeux. Presque tous les prévenus étaient d’origine immigrée. Quand nous sommes rentrés et que j’en ai fait la remarque, les autres étudiants ont dit que c’était faux. Même quand il a la réalité sous les yeux, l’idéologue ne la remarque pas.

    Ajoutons que ça vaut aussi quand il en est victime lui-même: cf. l’agressé du Noctilien en 2009.

  2. Kolia Karamazov Auteur de l’article

    Ca alors, c’est bien ma veine. Il y a quelques jours, Jean Robin vous décrit publiquement comme un nazi en fuite en Amérique du Sud (pardon du Nord) et voilà que vous commentez sur mon site. De quoi vais-je avoir l’air?
    Non, je plaisante.

    Intéressante l’anecdote sur vos collègues étudiants en journalisme. Vous avez du vous sentir bien seul.

    Concernant l’affaire du noctilien et les autres dans le même genre, la réaction à chaud de la victime en a désespéré plus d’un. Néanmoins, il faut se souvenir que le jeune homme en question venait de subir un traumatisme particulièrement violent. On peut comprendre qu’il lui faille un certain temps pour se remettre de ses émotions et il n’est sans doute pas raisonnable d’espérer qu’il remette en question toute sa vision du monde pendant cette période de fragilité. Dans ces moments là on a envie de se sentir soutenu, par sa famille, ses amis et même la société toute entière. On a envie de croire que l’on n’a pas eu de chance, que notre agresseur est un bon gars qui a eu une enfance malheureuse et que quelques subventions aux quartiers populaires éviteront que de telles histoires se reproduisent. En un mot, on a envie de croire qu’on vit dans une société qui fonctionne bien et qui va dans la bonne direction. Or entreprendre d’ouvrir les yeux sur l’hégémonie du mensonge et de l’illusion, c’est commencer à se sentir étranger à la société et même bien souvent, à ses amis et à sa famille.

    Il serait intéressant de savoir ce qu’est devenue la victime du noctilien quelques années plus tard. Je n’ai aucune certitude quant à l’amélioration de son cas, mais on ne peut pas exclure qu’elle ait fini par évoluer positivement.

  3. The Ambassador

    L’étape d’après, c’est d’arrêter de lire « En quête d’ébats ».

    « Dans ces moments là on a envie de se sentir soutenu, par sa famille, ses amis et même la société toute entière. »

    Pour un étudiant à Sciences-Po, venant le plus probablement d’une famille bourgeoise de gauche, et fréquentant en toute vraisemblance ses camarades de promo, le « soutien » a consisté à se précipiter vers lui pour s’assurer qu’« il ne fasse pas d’amalgames ».

    S’il les avait faits, Descoings et sa clique se seraient empressés de lui tomber dessus.

    Donc, si on ne peut pas exclure qu’il ait changé d’avis, c’est hautement improbable. L’agression traumatise, mais pas autant que l’ostracisme. Beaucoup préféreront donc l’aliénation en compagnie à la libération solitaire. Briser ses chaînes demande du courage.

  4. Kolia Karamazov Auteur de l’article

    Précisément. Nous avons tous une capacité limitée à encaisser la souffrance. Et subir deux traumatismes au même moment (un passage à tabac et une vision du monde qui s’effondre) me semble être beaucoup pour le commun des mortels.

    « Briser ses chaines » demande, certes, du courage, mais aussi, reconnaissons le, des circonstances particulières.
    Dans votre interview, vous évoquiez le fait d’avoir résidé dans un appartement pas cher. Ca à l’avantage d’être une expérience étendue dans le temps qui laisse le temps de réfléchir. Une agression est vite finie et quand elle est passée, je suppose que l’on est bien content qu’elle soit derrière nous. On n’a pas plus envie que ça de faire des constats désagréables sur l’avenir de la France.

  5. leo

    Bonjour,

    Je suis assez choque par votre article. Je vois le probleme a l’inverse de vous. Nous avons toujours repousse les immigres, les avons loge dans des guettos n’offrant que tres peu d’opportunites, s’appeler mohammad, ahmed… est un vrai frein a l’emploi en france. Si nous donnerions plus de chances et etions plus ouvert sur eux ne pensez vous pas que le probleme se reglerai bien plus facilement ?

    Quand vous dites « si l’immigration a presque toujours fait l’objet d’un rejet de la part des classes populaires, c’est parce que dès les années 70 ce segment de la population a subit une cohabitation forcée avec les immigrés. » Il s’agit la d’un raccourci facile sans aucun fondement tangible. La cohabitation n’etait pas forcee et rien ne dit qu’une cohabitation entraine forcement un rejet.

    Je ne demande pas a tout le monde d’aller discuter avec un immigre pour mieux le connaitre. Le rejet est cependant souvent base sur des incomprehensions ou des ignorances. Avant d’en arriver la, la cohabitation pacifique est toujours possible.

  6. Kolia Karamazov Auteur de l’article

    Nous avons toujours repousse les immigres, les avons loge dans des guettos n’offrant que tres peu d’opportunites

    Il me semble que vous faites fausse route. Nous n’avons pas logé les immigrés dans des ghetto. Des logements bénéficiant de l’eau courante, du chauffage central, d’ascenseurs, de l’électricité leur ont été offerts en remplacement des taudis d’où ils venaient. Tout cela aux frais du contribuable français.

    La cohabitation n’etait pas forcee et rien ne dit qu’une cohabitation entraine forcement un rejet.

    Pour un ouvrier smicard avec deux enfants à charge, la cohabitation était de fait forcée. Tout le monde n’a pas les moyens de se payer un logement où bon lui semble, ni de trouver du travail là où ça l’arrange.

    Je ne dit pas que dans l’absolu la cohabitation entraîne nécessairement un rejet. Je note que c’est ce qui s’est passé jusqu’à présent.

    Je vous invite à consulter la répartition des immigrés en France ici :
    http://www.insee.fr/fr/insee_regions/poitou-charentes/themes/cahiers/cahier45/c45p14-15.pdf
    Et à la comparer aux résultats du second tour des dernières présidentielles. Ici:
    http://www.leparisien.fr/election-presidentielle-2012/resultats/

    Le jour où les Bretons seront au contact d’une population immigrée aussi dense que celle qui est établie en Alsace, ils voteront comme les Alsaciens.

  7. Muze

    « Il me semble que vous faites fausse route. Nous n’avons pas logé les immigrés dans des ghetto. Des logements bénéficiant de l’eau courante, du chauffage central, d’ascenseurs, de l’électricité leur ont été offerts en remplacement des taudis d’où ils venaient. Tout cela aux frais du contribuable français »

    Mais vous semblez oublier que bon nombre d’immigrés de ces années là sont arrivés en France des suite du colonialisme qui s’était opéré dans leur pays d’origine depuis des dizaines d’années. Que peut dire votre contribuable français face à ça ? Son gouvernement n’a t-il pas pillé les richesses des pays émergents avant de se plaindre que les immigrés sucent le sang de la sécu ? (et puis qu’est-ce qui vous permet d’affirmer avec autant de mépris que les immigrés vivaient dans des taudis avant d’arriver en France ?)
    Vous légitimez la xénophobie en faisant le constat que « c’est normal », mais n’est-il pas plus normal, et je me risquerais à dire plus chrétien puisque cette dimension semble vous tenir à coeur, de chercher à apprendre de l’autre autant qu’on lui demande à apprendre de nous ?
    Le problème n’est pas la « cohabitation » (je mets ce terme en guillemets car il est déjà à charge) mais le fait que vous sépariez origine et niveau social. Venant d’un coin de campagne où l’immigration est pratiquement nulle, je peux vous assurer que les enfants/ados à problèmes existaient quand même, et qu’ils étaient français d’origine. Leur déterminisme était d’être né dans une famille souvent pauvre et violente, rien d’autre.

  8. Criticus

    « Nous avons toujours repousse les immigres, les avons loge dans des guettos n’offrant que tres peu d’opportunites »

    Comme vous l’a dit notre hôte, ces appartements constituaient une singulière amélioration pour leurs premiers occupants, qui d’ailleurs étaient en majorité des non-immigrés. Pourquoi sont-ils partis avec l’arrivée des immigrés, ces derniers se retrouvant seuls dans des immeubles effectivement transformés en ghettos (c’est ce qu’on appelle l’auto-ségrégation) ? Pourquoi ces immeubles sont endommagés en dépit des plans récurrents de « politique de la Ville » depuis plusieurs décennies ? Ces deux questions sont légitimes, et répondre aux deux par le « racisme» supposé (mais jamais démontré) des Français n’est pas satisfaisant. La volonté universelle de conquête territoriale, fût-ce par la criminalité et la dégradation de l’habitat, le sont davantage.

    « s’appeler mohammad, ahmed… est un vrai frein a l’emploi en france »

    Vous n’envisagez comme explication que le « racisme » des employeurs, jamais le fait qu’ils peuvent avoir, non pas des préjugés, mais des post-jugés : une mauvaise expérience, récurrente, avec de tels salariés. Le comportement de ces derniers doit être questionné.

    « Si nous donnerions plus de chances et etions plus ouvert sur eux ne pensez vous pas que le probleme se reglerai bien plus facilement ? »

    C’est la fameuse devise shadok « Plus ça rate, plus on a de chances que ça marche ».

    Au moins, les Shadoks sont drôles, eux…

    « Il s’agit la d’un raccourci facile sans aucun fondement tangible. La cohabitation n’etait pas forcee »

    Si, elle l’était, l’est, et va l’être de plus en plus. D’abord parce qu’un afflux de millions de personnes en quelques décennies, avec une natalité asymétrique, entraîne par nature une cohabitation. Cohabitation forcée comme le démontrent la loi SRU (20% de logement « social » pour les communes de 3500 habitants et plus, sous peine de forte amende), la carte scolaire, ou la priorité donnée aux transports en commun sur les voitures dans les grandes agglomérations.

    « rien ne dit qu’une cohabitation entraine forcement un rejet »

    Si, l’expérience. Les sociétés multiraciales (Brésil, Afrique du Sud, Russie, États-Unis, Mexique) sont beaucoup plus violentes que les sociétés uniraciales (Japon, Chine).

    « Mais vous semblez oublier que bon nombre d’immigrés de ces années là sont arrivés en France des suite du colonialisme qui s’était opéré dans leur pays d’origine depuis des dizaines d’années. Que peut dire votre contribuable français face à ça ? »

    Que la colonisation lui a davantage coûté qu’elle ne lui a rapporté. Bien davantage, même.

    « Venant d’un coin de campagne où l’immigration est pratiquement nulle, je peux vous assurer que les enfants/ados à problèmes existaient quand même, et qu’ils étaient français d’origine. Leur déterminisme était d’être né dans une famille souvent pauvre et violente, rien d’autre. »

    Habitez-vous toujours à cet endroit ? Ça expliquerait pas mal de choses. Il ne s’agit pas aujourd’hui d’« enfants/ados à problèmes », mais de barbarie. Je n’ai pas entendu de cas similaire à celui de Youssouf Fofana (entre autres). On ne parle pas de la même chose, là.

    Quant au déterminisme, il serait intéressant de savoir ce qui conduit certains groupes à la pauvreté et la violence, d’autres au contraire de cela. La génétique a sûrement des choses à vous apprendre dans ce domaine, mais retiendrez-vous les leçons qu’elle vous donnera ?

  9. Muzette

    « Habitez-vous toujours à cet endroit ? Ça expliquerait pas mal de choses. »
    Eh non, j’habite à Paris. J’ai donc fait le grand écart et je sais de quoi je parle.
    Que deviennent les ados à problèmes quand ils grandissent ensuite sans avoir été repêchés et dans un univers toujours plus violent à leur égard à votre avis ? Il y a et y aura toujours des cinglés partout, de toutes sortes, mais il faut savoir faire la différence entre ça et un phénomène social qui est solutionnable.

    « Quant au déterminisme, il serait intéressant de savoir ce qui conduit certains groupes à la pauvreté et la violence, d’autres au contraire de cela. La génétique a sûrement des choses à vous apprendre dans ce domaine, mais retiendrez-vous les leçons qu’elle vous donnera ? »
    Certains groupes ? Vous mettez la violence au même niveau que la pauvreté mais sachez que cette dernière engendre l’autre. D’ailleurs, la pauvreté au sein d’une société organisée est déjà, en elle-même, une violence. La boucle est bouclée. Vous prenez le cas français et j’imagine que par « certains groupes » vous voulez désigner justement ceux qui ne sont pas français d’origine ou même de nationalité. Mais ce que je vous disais sur la campagne tient toujours : c’est l’exemple du microcosme. Pas d’immigration, et pourtant les mêmes phénomènes qui émergent. La violence engendre la violence. La pauvreté empêche de sortir de la pauvreté.

    Il n’y a pas besoin d’immigration pour que des tensions idiotes empoissonnent la vie de tout le monde. Regardez en Inde où des personnes de la même nationalité et de la même religion s’écharpent. La question est : pourquoi l’être humain ressent-il autant le besoin de détester son prochain ? Pourquoi doit-il élire certaines personnes et en rejetter d’autres qu’il juge assez différentes delui pour être méprisables ?

    Je reste coite devant votre insinuation sur la génétique. Un sujet aussi vaste et aussi complexe se résumerait pour vous à dire qu’il est écrit dans le code génétique (de qui exactement ? Vous parlez à mots couverts, assumez votre pensée !) si on va ou non voler le sac des petites vieilles ? Savez-vous qu’au 19e siècle on pensait que telle forme de crane était celle d’un criminel ? Et que depuis, l’eau a coulé sous les ponts et que ce genre de théorie complètement surannée est allée rejoindre la saignée médicinale dans le champ de l’obsolescence ?

  10. Kolia Karamazov Auteur de l’article

    « Mais vous semblez oublier que bon nombre d’immigrés de ces années là sont arrivés en France des suite du colonialisme qui s’était opéré dans leur pays d’origine depuis des dizaines d’années.»

    Chère Muzette,

    Vous semblez penser que puisque la colonisation a été pratiquée à l’époque par certains français, nous n’avons rien à redire, aujourd’hui, à la venue massive d’immigrés.
    La colonisation était une erreur, nous sommes d’accord là dessus. Mais pourquoi enchaîner aussi sec sur une autre erreur en laissant venir des millions d’étrangers? C’est une drôle de façon de régler nos problèmes.

    « Son gouvernement n’a t-il pas pillé les richesses des pays émergents »

    Je pense que l’arrivée des européens a perturbé les équilibres sociaux et ethniques qui existaient en Afrique et que cela a eu de tristes conséquences. En revanche je n’avais pas entendu parler du pillage des richesses auquel vous faites allusion.
    Quelles richesses les Français ont-ils pris aux Africains? Des automobiles, des avions, des œuvres d’arts, des armes, des montres de luxe, des vêtements, des jouets?

    « Qu’est-ce qui vous permet d’affirmer avec autant de mépris que les immigrés vivaient dans des taudis avant d’arriver en France ? »

    Je pense que vous savez que les immigrés ne sont pas venus pour le climat. Ils ont fait le déplacement car cela rimait avec une grande amélioration de leur confort matériel.

    « N’est-il pas […] plus chrétien puisque cette dimension semble vous tenir à coeur, de chercher à apprendre de l’autre autant qu’on lui demande à apprendre de nous ? »

    Concernant la dimension chrétienne, croyez-moi, les politiques migratoires de ces quarante dernières années ont fait beaucoup de mal aux français et peut être encore plus aux africains (à ceux qui sont venus comme à ceux qui sont restés au pays). De plus, elles vont finir par déboucher sur des drames humains dont vous ne mesurez sans doute pas la gravité. En tant que Catholique, soucieux du sort des mes amis, de mon peuple, et de tous les hommes, je ne peux qu’être opposé à la poursuite de cette course folle. Elle est avant tout le produit de l’orgueil, l’homme voulant faire du monde ce que bon lui semble comme si il en était le créateur.

  11. Muzette

    Cher Kolia,

    « Vous semblez penser que puisque la colonisation a été pratiquée à l’époque par certains français, nous n’avons rien à redire, aujourd’hui, à la venue massive d’immigrés »
    Je dis qu’il faut assumer le poids de son histoire : la majorité des immigrés d’hier et d’aujourd’hui sont originaires des anciennes colonies françaises. Nous partageons la même langue et d’autres choses, ils se tournent donc naturellement vers l’hexagone.

    « Quelles richesses les Français ont-ils pris aux Africains? Des automobiles, des avions, des œuvres d’arts, des armes, des montres de luxe, des vêtements, des jouets? »
    Mais que faites-vous des matières premières ? Avec quoi avons-nous fabriqué toutes ces choses que vous mettez en avant ? Avec quoi continue t-on de fabriquer les smartphones que nous utilisons chaque jour ? Les mines afriquaines où des gens travaillent dans des conditions épouvantables sans en avoir le choix servent à inonder des usines en asie de métaux précieux qui,iront fabriquer les fameuses « richesses » que vous pensez être nos possessions.
    Pour les oeuvres d’art allez faire un tour au Quai Branly, les arts premiers n’ont pas à rougir. Et la vie artistique est très vive aujourd’hui aussi, en témoignent les récentes expositions d’art contemporain au Maghreb qui ont fait débat.

    « Je pense que vous savez que les immigrés ne sont pas venus pour le climat. Ils ont fait le déplacement car cela rimait avec une grande amélioration de leur confort matériel »
    Ils viennent d’une part parce qu’ils imaginent pouvoir vivre mieux en France (je ne sais pas si c’est effectivement le cas pour la majorité d’entre eux ou non une fois installés. Pensez par exemple aux iraniens qui ont quitté leur pays après la révolution et qui d’ingénieurs sont passés à chauffeurs de taxi ou femme de ménage) et aussi parce qu’en utilisant certains pays du sud comme des carrières (soit au sens propre en pillant leurs richesses naturelles et en faisant travailler la population à ça soit en y installant des usines dont ils ne pourront pas utiliser les produits) on rend la condition des populations sur place misérable. Pensez par exemple aux régions du monde où on oblige les gens à ne cultiver qu’une seule chose parce que le climat s’y prête (au hasard : du soja) et où les gens ne peuvent pas se nourrir de ce qu’ils cultivent.

    « De plus, elles vont finir par déboucher sur des drames humains dont vous ne mesurez sans doute pas la gravité. »
    A quoi pensez-vous ?

    Je trouve dommage de se cantonner à une vision pessimiste des choses alors qu’on devrait au contraire utiliser notre énergie à tirer partie d’une situation donnée. Je ne comprends pas les gens qui s’insurgent, par exemple, contre le fait que certaines écoles primaires proposent des cours d’initiation à l’arabe. Pourquoi se priver, dans un endroit qui s’y prête, d’une sensibiliation à de nouvelles belles choses ? Mais je ne sais pas si vous serez en désaccord avec moi sur ce point.

    « En tant que Catholique, soucieux du sort des mes amis, de mon peuple, et de tous les hommes, je ne peux qu’être opposé à la poursuite de cette course folle. Elle est avant tout le produit de l’orgueil, l’homme voulant faire du monde ce que bon lui semble comme si il en était le créateur »
    Ce complexe du créateur que vous évoquez me rappelle l’hybris dénoncé par les grecs. Mais il ne faut pas confondre cela (qui se rapproche plus d’entreprises ultra mondialisées et toutes puissantes comme Monsanto par exemple) et le phénomène que vous décrivez. Il n’y a pas une telle chose dans le fait des des hommes et des femmes voyagent soient par choix soit par la contrainte. Vous parlez de l’homme comme s’il était une unité, or vos opinions sur l’immigration font tout sauf suggérer cette idée.

  12. Criticus

    « Que deviennent les ados à problèmes quand ils grandissent ensuite sans avoir été repêchés et dans un univers toujours plus violent à leur égard à votre avis ? »

    Mais on passe son temps à les repêcher… j’ai déjà couvert le tribunal correctionnel, avec des types qui passaient pour la 50e fois devant le juge… ils sont irrécupérables, c’est tout…

    Quant à la « violence à leur égard », c’est intéressant que vous n’évoquiez pas la seule factuelle, la leur à l’égard des autres… Réservez votre compassion aux vraies victimes.

    « Il y a et y aura toujours des cinglés partout, de toutes sortes, mais il faut savoir faire la différence entre ça et un phénomène social qui est solutionnable. »

    Pas dans les mêmes proportions… et il ne s’agit pas de folie, mais de crime de sang-froid.

    « Vous mettez la violence au même niveau que la pauvreté mais sachez que cette dernière engendre l’autre. »

    Xavier Raufer a déjà démontré que la violence est faible dans les départements pauvres (Creuse par exemple), et que la Seine-Saint-Denis, qui est violente, n’est pas pauvre.

    « Pas d’immigration, et pourtant les mêmes phénomènes qui émergent. »

    Non, les mêmes problèmes n’ont pas lieu à La Courneuve ou à Neuvic, en Corrèze, c’est faux.

    Et d’ailleurs, l’immigration arrive, rassurez-vous. C’est alors que surgissent ces problèmes.

    « Regardez en Inde où des personnes de la même nationalité et de la même religion s’écharpent. »

    De même religion, sûrement pas, l’Inde est une marquetterie de religions antagonistes.

    Quant à la nationalité, là encore, elle recouvre une diversité raciale, ethnique, linguistique, culturelle énorme, qui est à l’origine de nombreux conflits. Vous avez entendu parler des castes, je suppose, officiellement abolies mais en réalité toujours présentes. Le mot correspondant à « caste », varna, signifie « couleur » autrement dit, « race ».

    « Un sujet aussi vaste et aussi complexe se résumerait pour vous à dire qu’il est écrit dans le code génétique (de qui exactement ? Vous parlez à mots couverts, assumez votre pensée !) si on va ou non voler le sac des petites vieilles ? »

    Ça ne se « résume » pas à ça, de nombreux paramètres interviennent, dont la génétique. Je la mentionnais ici parce que cela me semble être le point aveugle de votre raisonnement.

    « Savez-vous qu’au 19e siècle on pensait que telle forme de crane était celle d’un criminel ? Et que depuis, l’eau a coulé sous les ponts et que ce genre de théorie complètement surannée est allée rejoindre la saignée médicinale dans le champ de l’obsolescence ? »

    Et depuis, la génétique a fait des progrès… et on sait maintenant que le crime est effectivement génétiquement déterminé. Les théories surannées n’y changent rien.

  13. Muzette

    « Mais on passe son temps à les repêcher… j’ai déjà couvert le tribunal correctionnel, avec des types qui passaient pour la 50e fois devant le juge… »
    Peut-être faut-il en conclure que le meilleur moyen de les repêcher n’est donc pas le tribunal ou la prison ?
    Et si il est trop tard comme vous le supposez, peut-être faut-il s’interroger sur ce qui aurait du être fait avant qu’ils soient irrécupérables et ce qui peut être fait pour les générations suivantes ?

    « Quant à la « violence à leur égard », c’est intéressant que vous n’évoquiez pas la seule factuelle, la leur à l’égard des autres… Réservez votre compassion aux vraies victimes. »
    Ne vous inquiétez pas j’ai de la compassion pour toutes les victimes. Pour celles pour qui la question ne se pose même pas (les « vraies ») mais aussi pour celles qui sont victimes de leur propre violence.

    Mais mais ?? Ce n’est pas de la miséricorde ça par hasard ?
    Ah non, vous allez me rétorquer qu’ils ne s’en repentent pas. Mais lorsque j’étais brutalisée dans mon collège, j’avais de la pitié pour mes jeunes tortionnaires. J’avais raison, ils ont aujourd’hui des vies infiniment plus tristes et déprimantes que la mienne.
    L’affaire du gang des barbares a eu l’air de vous toucher (comment pourrait-il en être autrement ?), c’est humaine et normal et sain. N’extrapolez pas sur le reste. Et vous avez raison de distinguer folie et acte de sang-froid. Je n’arrive pas non plus à comprendre. L’absence d’empathie est pour moi un mystère.

    Quant à la « seule violence factuelle », je trouve violent factuellement de ne pas avoir assez d’argent pour pouvoir nourrir correctement sa famille par exemple. Pourtant cela arrive à des milliers de personnes par jour en France. C’est juste un peu plus difficile de désigner des coupables. Et encore, nous ne sommes pas en Grande-Bretagne où des médecins décident si c’est où non rentable d’essayer de soigner votre cancer.

    « on sait maintenant que le crime est effectivement génétiquement déterminé. »
    Si vous avez un papier scientifique de source sérieuse qui en parle je suis preneuse !

  14. Criticus

    « Peut-être faut-il en conclure que le meilleur moyen de les repêcher n’est donc pas le tribunal ou la prison ? »

    Quand quelqu’un a tué ou violé, la prison est bien le moins que l’on puisse lui imposer…

    Si vous voulez, pour ce genre de cas, il y a aussi la peine de mort. La victime est vengée, le criminel puni, et hors d’état de nuire… Il n’y a même plus aucun risque qu’il puisse, à sa sortie de prison, fonder une famille tandis qu’il en a brisé une autre, ce qui est une suprême injustice.

    « Et si il est trop tard comme vous le supposez, peut-être faut-il s’interroger sur ce qui aurait du être fait avant qu’ils soient irrécupérables et ce qui peut être fait pour les générations suivantes ? »

    Encore la séparation (artificielle) entre répression et prévention… comme si la répression n’était pas la meilleure des préventions. Donc ce qui peut être fait avant que quelqu’un devienne irrécupérable est de le punir vraiment. Soit il comprend, soit il est enfermé, ou tué.

    Il n’y a pas de meilleur moyen de protéger les nouvelles générations, les plus vulnérables…

    « nous ne sommes pas en Grande-Bretagne où des médecins décident si c’est où non rentable d’essayer de soigner votre cancer »

    Oui, c’est la conséquence d’une médecine bureaucratisée. Car, n’en déplaise aux socialistes français, le système de santé britannique correspond à leurs souhaits : le National Health Service, troisième employeur mondial avec 1,5 million d’agents, est une bureaucratie.

    C’est donc amusant de voir nos politiques refuser l’assouplissement du système de santé français sous prétexte d’éviter la situation britannique, alors qu’ils nous mènent à celle-ci.

    « Si vous avez un papier scientifique de source sérieuse qui en parle je suis preneuse ! »

    Ça dépend… lisez-vous l’anglais ?

  15. Kolia Karamazov Auteur de l’article

    « Mais que faites-vous des matières premières ? Avec quoi avons-nous fabriqué toutes ces choses que vous mettez en avant ? Avec quoi continue t-on de fabriquer les smartphones que nous utilisons chaque jour ? »

    D’après vous, en extrayant des matière premières du sol et du sous-sol Africain nous aurions dépouillé les Noirs de leurs richesses. Mais, il me semble que ce que vous appelez « richesses » n’avait bien souvent pas de valeur aux yeux des autochtones. Vous imaginez bien que sans moteur à explosion le pétrole n’est qu’un liquide visqueux et malodorant. C’est même valable pour le bois.

    Récemment, un Gabonais m’expliquait que son pays est couvert de forêt et que l’exploitation forestière y est désormais une activité économique importante. Il m’a dit : « Pour nous le bois servait juste à faire le feu nécessaire à la cuisson des aliments ». Il reconnaissait que lorsqu’un commerce du bois s’était mis en place entre le Gabon et l’Europe, cela n’avait pas soudainement mis les Gabonais dans un état de privation matérielle.

    Imaginez qu’un jour des habitants d’une autre galaxie débarquent en France. Supposons qu’ils soient à la recherche de pissenlits parce qu’ils en tirent un carburant nécessaire au fonctionnement d’un portail de téléportation entre Saturne et Alpha du Centaure. Ils iraient dans nos pâtures et nos jardins où ils cueilleraient tous les pissenlits. Peut-être que certains d’entre eux se soucieraient de notre sort et diraient à leurs congénères « Avez-vous pensé à ces pauvres terriens que vous privez de pissenlit ? ». Mais de notre côté, nous sentirions-nous lésés dans cette affaire ? Certainement pas. Au contraire, les jardiniers seraient contents de faire des économies en désherbant.

    Je ne pense donc pas qu’il y ait eu pillage de richesses. Par contre, comme je le disais dans mon précédent message, l’arrivée des Européens en Afrique a perturbé les équilibres locaux qui existaient auparavant. C’est pourquoi je pense que la colonisation était une mauvaise idée.

    « Pour les oeuvres d’art allez faire un tour au Quai Branly, les arts premiers n’ont pas à rougir. »

    Mais cela a surtout permis de mettre ces arts en valeur et de les faire connaître au monde entier. Sans cela il est probable que bon nombre des objets exposés aujourd’hui au Quai Branly auraient disparus. On ne peut pas vraiment parler de pillage.

    « Pensez par exemple aux régions du monde où on oblige les gens à ne cultiver qu’une seule chose parce que le climat s’y prête (au hasard : du soja) et où les gens ne peuvent pas se nourrir de ce qu’ils cultivent. »

    Je crois que vous ne réalisez pas que ceux qui sont à l’origine de ces coups tordus dans les pays pauvres sont aussi ceux qui ont souhaité que les vannes de l’immigration soient grandes ouvertes. C’est le même groupe de personnes, constitué de politiciens, de grands patrons, de banquiers et de milliardaires qui tirent les ficelles de ces deux phénomènes.
    Les multinationale et les banques sont toutes puissantes, vous ne le savez que trop bien. Croyez-vous que des dizaines de millions d’Africains auraient pu entrer en Europe si leurs dirigeants, leurs actionnaires et leurs amis politiciens ne l’avaient pas souhaité ardemment ? Je vous invite à réfléchir à cela.

    « Il n’y a pas une telle chose dans le fait des des hommes et des femmes voyagent soient par choix soit par la contrainte. »

    Ce n’est pas la volonté de voyager des gens qui est à l’origine de l’immigration, mais l’ouverture des frontières. Il s’agit d’une décision politique qui est motivée, d’une part par des intérêts divers peu avouables et d’autres part par une idéologie. Cette idéologie, qui prétend faire vivre ensemble des peuples qui ont toujours été séparés, est sous-tendue par l’orgueil de ceux qui veulent refondre le monde tel qu‘ils voudraient qu’il soit. Ca ne marchera pas, mais comme toute action fondée sur une révolte contre le réel, cela se soldera par de grands malheurs.

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