Archives mensuelles : juin 2013

La Récompense du Gauchiste

melenchon_lacoste1_cutIl y a deux tendances contradictoires chez l’homme. D’une part, l’envie de faire ce qu’il veut quand il veut et d’autre part le besoin d’approbation sociale.

Dans les sociétés traditionnelles, dans lesquelles il existe une norme que chacun est tenu de respecter, ces deux tendances sont incompatibles. Une personne peut soit se conformer à la norme, ce qui lui permet de bénéficier de l’approbation sociale, soit n’en faire qu’à sa tête, auquel cas elle ne peut espérer voir son comportement validé par la société.

La modernité a trouvé le moyen de concilier ces deux aspirations fondamentales de l’homme en combinant l’individualisme et le gauchisme.

L’individualisme offre un cadre de liberté à chaque individu, dans lequel il peut faire ce qu’il veut : jouer quarante heures par semaine aux jeux vidéos, collectionner les mangas pornographiques, végéter dans des études de sociologie à 29 ans, s’adonner à l’homosexualité, avoir son premier enfant à trente cinq ans, sortir avec un Africain, se raser le crâne ou se laisser pousser les cheveux, se promener pieds nus sur les places publiques, etc.

Mais l’individualisme affirme qu’il est bon que les gens puissent décider de ce qu’ils font, pas que ce qu’ils font dans le cadre de leur liberté est bon. Or les hommes ont besoin de s’entendre dire que ce qu’ils font concrètement, c’est bien.

Le gauchisme apporte une réponse à ce besoin de validation. Il affirme que tout est acceptable, sauf penser que certaines choses ne le sont pas.

Prenons l’exemple du gaillard de 29 ans qui traine dans une fac de sociologie. Sa situation est le résultat de ses envies et de ses décisions. Néanmoins, son confort psychique requiert l’approbation de ses choix par la masse. Le gauchisme lui offre cela. Il rejoint ses rangs en proclamant qu’il accepte toutes les opinions et tous les comportements, à l’exception de ceux qui relèvent de la non-acceptation.
Il répète à qui veut l’entendre que c’est sympa l’homosexualité, les jeux vidéo, la marie-jeanne, la polygamie, les mini-jupes, les djellabas, les dreadlocks, les tatouages, les piercings, le rap. Que c’est chouette l’avortement, le divorce, l’alcoolisme, la masturbation, la douche mensuelle, l’art contemporain, la pornographie, les vêtements déchirés, etc.

Notre étudiant n’est pas lui même homosexuel, amateur de rap, ou tatoué. De son côté il se contente d’être un parasite trentenaire. Son acceptation n’en est pas pour autant désintéressée. Elle n’est en aucun cas la marque d’un amour qu’il porterait aux alcooliques, aux filles vulgaires, ou aux divorcés.
Sa démarche lui permet de s’agréger à un groupe, le gauchisme, qui offre à ses membres un vaste cercle social approbateur en échange de leur propre attitude approbatrice.
L’homosexuel loue le tatoué lui même apologète de l’art contemporain, pour de fil en aiguille récolter les applaudissements de la serial avorteuse, du drogué et du cracheur de feu.

Une civilisation dans le décor

decor_moderneL’un des aspects les plus frappant du progressisme est le manque d’humilité de ses promoteurs. Leur arrogance est double. Elle est d’une part dirigée vers les hommes qui ont vécu avant eux et d’autre part, vers la nature (ou vers Dieu, si vous préférez). L’essentiel de leur programme consiste à faire exactement l’inverse de ce qu’ont fait nos ancêtres jusqu’à il y a environ cinq minutes. Célébrer l’homosexualité au lieu de la condamner. Abolir la distinction entre les rôles féminin et masculin plutôt que de soigneusement les séparer. Ouvrir grand notre territoire aux étrangers plutôt que de le défendre jalousement. « Prostituer » nos jeunes filles plutôt que de veiller à leur chasteté, etc. Par ailleurs, les « progrès » que sont la stérilisation systématique des relations sexuelles, l’enrôlement des femmes dans les commandos marine, ou les « familles » avec deux pères, relèvent clairement d’une révolte contre la nature.
La vision progressiste du monde tient en deux phrases : « Tous les hommes avant midi moins le quart aujourd’hui étaient des gros cons » et « Je me suis créé moi même ».

Ce rejet du passé et de la nature est si radical qu’il en est grotesque. Comment expliquer qu’en dépit de cela, le progressisme avance irrésistiblement depuis plus de deux siècles ?

Depuis le XIXe siècle et surtout ces dernières décennies, du fait des progrès scientifiques et techniques, le « décor » a beaucoup changé. Prenons la peine de regarder autour de nous et nous ne verrons presque que des matériaux et des objets nouveaux. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, les hommes utilisent essentiellement des appareils, des outils, des moyens de transport qui n’existaient pas dix ans plus tôt pour les uns, trente ou cinquante ans pour les autres. Pour la première fois, l’homme vit dans des appartements, des villes, des entreprises et des infrastructures publiques, tapissés du sol au plafond de matières qui étaient inconnues à la naissance de ses grands parents. Du sol en PVC, aux faux plafonds en polystyrène : nous vivons dans un monde en plastique.

Le « décor » qui entoure l’homme moderne est si profondément différent de celui dans lequel vivaient ses ancêtres, qu’il ne se sent pas en lien avec eux. Spontanément il les voit comme appartenant à un autre univers, à une autre dimension. Ils n’ont pas plus de réalité que des personnages de fiction, tels ceux dépeints dans le Seigneur des Anneaux.

Cette situation est inédite. Auparavant, le cadre de vie ne changeait pas fondamentalement d’une génération à l’autre. Les paysans de 1780, de 1680 et de 1580 vivaient dans des environnements semblables. Leur village, leur habitation, leurs meubles et leurs outils de travail n’étaient guère différents. Cette permanence des choses matérielles entretenait chez l’homme d’autrefois un sentiment de grande proximité avec ses prédécesseurs. Il était comme eux.

A l’inverse, du simple fait des conditions matérielles jamais vues dont il « bénéficie », l’homme moderne est coupé du passé. Son cadre de vie influence son psychisme et en fait un terrain fertile pour le progressisme.
Spontanément il imagine qu’il n’y a pas lieu de continuer à organiser nos sociétés comme elles l’étaient il y a un siècle ou deux. Au contraire, il lui paraît naturel, dans un monde à l’apparence radicalement nouvelle, de repenser totalement la façon dont sont réglées les interactions humaines.
D’ailleurs, celui qui met en question le progressisme se voit bien souvent rétorquer comme seul argument que « le monde a changé ».

Pourtant, le progrès technique ne justifie en rien le progressisme sociétal. On ne voit pas pourquoi, sous prétexte que James Watt a mis au point une machine à vapeur, il faudrait subitement marier les homosexuels et faire vivre des musulmans et des chrétiens sur le même palier. Au contraire, si l’on considère que la machine à vapeur est un bienfait, il serait judicieux de laisser en place le type de société qui a permis son invention.

Mais la raison est impuissante à détromper le progressiste. Il ne voit pas que sous le masque de la modernité, rien n’a fondamentalement changé.
Finalement, sa vision du monde n’est pas tant fondée sur le mépris des ancêtres que sur l’illusion de ne pas en avoir.

Le progressisme se présente également comme un rejet radical de la nature. Ce second aspect prend également sa source dans le changement de « décor ».

Jusque récemment les réalisations humaines étaient faites essentiellement de pierre et de bois. Au contact de ces matériaux, on ne peut ignorer leur provenance. Certes ils étaient façonnés de main d’homme, mais leur origine naturelle n’en était pas moins évidente. Nos ancêtres savaient qu’ils n’en étaient pas les créateurs et qu’au contraire, ils dépendaient de la nature pour bâtir leurs habitations, fabriquer leurs outils et leurs moyens de transport. Comme elle leur fournissait de bonnes choses avec générosité, elle suscitait leur admiration et leur reconnaissance.

Le décor moderne a ceci de particulier qu’il est entièrement composé de matières artificielles. Contrairement à une façade en pierres de taille ou à une armoire en chêne, la planche de bord d’une Clio ou le boitier d’un ordinateur ne ressemblent à rien de ce que l’on peut trouver dans la nature. Celle-ci a pourtant fourni le nécessaire à l’élaboration des nouveaux matériaux, mais nous ne le sentons pas spontanément. A la différence du bois, le PVC des montants d’une fenêtre ne crie pas son origine naturelle. Personne ne songe à un gisement pétrolier en aérant sa chambre. Les objets du quotidien n’évoquent plus la forêt ou un massif granitique, mais tout au plus les rayonnages d’un supermarché. C’est là leur seule origine connue.

Le cadre de vie moderne coupe l’homme de la nature. Privé de la relation qu’il avait toujours entretenue avec elle, il est gagné par le sentiment de ne pas appartenir à la création. Dès lors, il oublie que ce n’est pas lui qui a fixé les règles du jeu et dans son orgueil, il prétend abolir les sexes, les races, les différences,…decor_ancien2

C’est donc à un double déracinement qu’a conduit le changement de décor. Il a simultanément arraché l’homme à ses pères et à sa mère. En cela il a considérablement favorisé l’émergence et la prolifération de l’idéologie progressiste.