Archives mensuelles : février 2014

Le train de la civilisation

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La situation précivilisationnelle est un gigantesque chaos. Un magma humain, désorganisé, y souffre de toutes sortes de malheurs : violences, famines, épidémies,… Les hommes ont alors deux alternatives : soit ils restent dans cet état plus que précaire, soit ils prennent place dans le train de la civilisation. Au départ, celui-ci n’a rien à voir avec l’un de nos TGV. Quelques misérables banquettes en bois, des cloisons branlantes, un toit percé de partout, voilà ce dont il s’agit. Et surtout, il n’est pas question de moteur pour mouvoir ce train, mais d’une multitude de pédaliers, un pour chaque homme valide. Sans doute les nantis que nous sommes rechigneraient à l’idée de monter à bord d’un véhicule pareil, mais il faut se replonger dans le contexte troublé qui a précédé l’établissement de la civilisation, pour comprendre l’ardeur avec laquelle nos ancêtres se sont précipités dans ce train. Des vagues de maladies terribles s’abattaient sans cesse sur eux. La famine revenait régulièrement faire des ravages. Et par dessus tout, ils voyaient de leurs propres yeux les hordes de brigands se regrouper aux alentours, prêtent à les assaillir. Dans ces conditions, on conçoit bien qu’ils ne soient pas restés les bras ballants, à attendre le massacre. Ils avaient tout intérêt à prendre place dans le train de la civilisation. D’une certaine façon ils n’avaient pas le choix. Néanmoins, il ne s’agissait pas simplement de s’asseoir sur une banquette et d’attendre que le temps passe. Certaines contraintes s’imposaient aux passagers. Tout d’abord, il fallait accepter l’autorité du chef de bord qui attribuait une place à chacun. Dans un premier temps, il était question pour les hommes de pédaler, et pour les femmes de mettre au monde et d’élever les générations futures, qui prendraient un jour le relais. Pour que le train s’ébranle, les passagers durent fournir un effort physique important, mais également se conformer à une discipline de fer, imposée par le chef de bord et ses seconds. En effet, seul un effort synchronisé pouvait arracher à son immobilité initiale le train de la civilisation et lui faire prendre de la vitesse. Voyant les barbares, le couteau entre les dents, se précipiter dans leur direction, les passagers se montrèrent dociles. Ils acceptèrent sans peine l’autorité de leurs chefs, et pédalèrent avec zèle et régularité. Quant aux femmes, elles ne mettaient pas moins de courage à accomplir leur mission. Le train se mit donc en marche. La phase de démarrage fut très longue car l’inertie était énorme. Pendant des siècles, la vitesse augmenta très lentement. Les périls multiples, quoique légèrement atténués, continuaient à terroriser les passagers. De ce fait, ils ne relâchaient pas leurs efforts, ils étaient parfaitement conscients de l’importance de l’enjeu.
Au fil du temps, la musculature de leurs jambes se renforça et ils coordonnèrent de mieux en mieux leurs forces, si bien qu’un jour, quelques hommes purent cesser de pédaler et se consacrèrent à d’autres tâches, pas moins utiles. Des esprits brillants se livrèrent à des travaux intellectuels et inventèrent un dérailleur. Cette avancée permis au train de gagner en vitesse, tandis que le nombre de personnes nécessaires pour le mouvoir diminuait. D’avantage d’hommes abandonnèrent donc leur pédalier, pour se consacrer à des activités toujours plus diverses. Parmi eux, certains conçurent des coussins, qui furent très appréciés par l’ensemble des passagers, lassés de l’inconfort des banquettes originelles. D’autres donnèrent au train des cloisons dignes de ce nom, un toit imperméable, des fenêtres et un éclairage pour la nuit. Pendant ce temps, le chef de bord et ses lieutenants continuaient à donner leurs instructions avec fermeté. Mais, les fesses confortablement calées sur une banquette rembourrée, à l’abri des intempéries et de la poussière, de nombreux passagers commençaient à remettre en question cette autorité. En effet, ces hommes là n’avaient pas idée de la rudesse des conditions de vie qu’avaient connues leurs ancêtres, ceux qui avaient donné son élan initial au train. Ils ne réalisaient pas que le chef de bord et ses seconds avaient joué un rôle crucial lors de cette phase décisive du processus civilisationnel. Par conséquent, ils ne voyaient pas au nom de quoi ils devraient obéir aux injonctions de cette poignée de « nantis », qui prétendait les diriger. Ils estimaient que rien ne justifiait leurs « privilèges ». Finalement ils se révoltèrent et leur coupèrent la tête.
Presque au même moment, un grand homme fit une découverte décisive. Il proposa de substituer la machine à vapeur à l’effort humain. Une réserve de charbon, une chaudière et tout un dispositif mécanique furent mis en place. Après plus d’un millénaire d’efforts, c’en était fini de pédaler en cadence. Quelques personnes devaient s’occuper de collecter du bois, d’alimenter la chaudière et d’entretenir la mécanique, mais globalement les passagers furent plus nombreux que jamais à être libérés des contraintes qui s’étaient imposées à eux jusque là. Cela leur permis de se consacrer à d’autres activités, très diverses. Le train avait acquis une telle vitesse que rien ne semblait pouvoir l’arrêter. La crainte du bandit, de la famine et de l’épidémie était oubliée. Chacun à bord prenait le confort dont il jouissait pour une donnée de l’existence, comme si les choses avaient toujours été ainsi. L’idée que des conditions bien particulières avaient été nécessaires pour en arriver là, était étrangère à la plupart des passagers. On commença à questionner la nécessité pour les femmes d’avoir un rôle distinct, celui de mettre au monde et d’élever les générations futures. En effet, il n’y avait plus besoin d’hommes nombreux et vigoureux pour pédaler, une poignée de machinistes suffisait à ce que le train roule à bonne allure. Pourquoi donc, demandait-on, les femmes ne pourraient-elles pas faire ce que bon leur semble ?
Plus tard la machine à vapeur fut supplantée par le moteur nucléaire. A partir de ce moment là, un contrôleur, placé derrière un écran d’ordinateur, pouvait à lui seul assurer la propulsion du train à des vitesses impressionnantes. Plus que jamais, les périls extérieurs semblaient conjurés. Les hommes se sentirent libérés de toutes contraintes. Puisque plus aucun effort collectif ne paraissait nécessaire, les passagers devinrent progressivement paresseux et individualistes. Ils commencèrent à obéir à leurs instincts, à céder à leurs pulsions, à se laisser guider par une quête de jouissance sensuelle sans fin. Cet état d’esprit inspira des réformes majeures. On autorisa les mères à tuer leurs enfants, dès lors qu’ils représentaient une entrave à leur « bonheur individuel ». Le fait de s’enculer devint une condition suffisante pour accéder au mariage et à l’adoption. Certains, décidèrent de faire monter des passagers clandestins à bord du train, ceux-là même qui avaient tenté de le prendre d’assaut tout au long de l’histoire et dont l’agressivité avait motivé nos ancêtres à pédaler vaillamment.
Si les comportements destructeurs des passagers prirent une telle ampleur, c’est pour une raison précise. L’inertie du train était telle qu’il était possible de le saboter littéralement, sans qu’il ne soit freiné dans sa course de façon perceptible. Les hommes d’autrefois avaient travaillé si durement et si efficacement, que le train de la civilisation européenne avait acquis une vitesse considérable. Une masse pareille, lancée à toute allure, ne pouvait pas être stoppée facilement. C’est pourquoi, certains passagers entreprirent de désosser littéralement les wagons, les uns après les autres. A ceux qui leur faisaient remarquer que cela risquait de mal finir, ils rétorquaient : « C’est ridicule, la civilisation de va pas s’effondrer pour si peu. Cessez de nous ennuyer avec votre catastrophisme et laissez-nous nous amuser ! » Et en effet, le train avait beau avoir perdu l’une ou l’autre de ses roues, son élan était tel qu’il continuait sur sa lancée, sans ralentir de façon apparente. Du coup, il fut progressivement mis en pièce. De nombreux essieux furent récupérés pour la pratique du pole dancing. L’ancienne chaudière fut reconvertie en hammam. Des roues furent utilisées comme poids par des culturistes. Quant aux pédaliers, après avoir été démontés, ils servirent d’accessoires dans des parties fines sadomasochistes.

Voilà comment les passagers du train de la civilisation disposèrent de ce qui leur avait été laissé en héritage. Qu’attendre d’autre de la part de gens qui étaient convaincus de ne rien devoir à leurs prédécesseurs, et qui prenaient le résultat de siècles de travail et de sacrifices pour un dû, ou pour un acquis définitif ? Les périls dont la crainte mobilisait auparavant les énergies, étaient devenus bien trop abstraits pour susciter encore un quelconque effort. Le laisser-aller était total puisqu’il ne présentait apparemment aucun risque. Les enfants trop gâtés n’ont pas le sens de la valeur des choses : ils dilapident des biens d’une valeur inestimable, sans même s’en rendre compte. Mais le réel ne fait preuve d’aucune complaisance avec l’aveuglement, la bêtise ou la naïveté des hommes. Un train qui n’est plus qu’une épave, quelle que soit son inertie, finit par s’arrêter. Lors de cet inéluctable dénouement, les « passagers » se remémoreront ce qu’est la vie en dehors de la civilisation…

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Théorie du genre, caddies et calvitie

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Grâce aux brillants « chercheurs » qui se consacrent aux questions de genre, nous savons désormais que l’homme et la femme ne sont que des constructions sociales. En fait, lorsqu’ils naissent les êtres humains ne sont guère que des contenants, tous identiques, entièrement vides et prêts à accueillir n’importe quel contenu. Un nouveau né n’a pas plus de substance propre qu’une bassine, qui peut tout aussi bien être remplie d’eau, de sable, d’urine, de noisettes que de whisky, de vomi, d’huile de vidange ou de tout cela à la fois.
Pour les théoriciens du genre, une personne, quel que soit sont sexe, est semblable à un caddie et la vie consiste à déambuler éternellement dans les allées d’un hypermarché, pour se remplir à sa guise des produits trouvés dans les rayons. Si certains des chariots à roulettes que nous sommes ont tendance à contenir d’avantage de produits de beauté et de magasines people que les autres, c’est uniquement parce que la pression sociale leur a barré la porte du rayon « bricolage ». Violence intolérable et sans fondement que cette oppression patriarcale, qui prétend nous faire croire que certains chariots seraient plus à leur aise dans l’allée « petite enfance » qu’au rayon « quincaillerie ». Il est plus qu’urgent de laisser les lumières des disciples de John Money, mettre à bas les entraves résiduelles, qui empêchent encore de s’auto-définir aussi librement, que l’on choisit ses articles au Carrefour de Villiers-en-Bière.

Non, il n’y a pas de raison que les femmes soient moins nombreuses dans les écoles d’ingénieurs, qu’elles soient moins représentées dans les clubs d’aéromodélisme, ou dans les unité d’élites de l’armée française. Tout cela n’est dû qu’à un carcan social artificiel qui les empêche encore de définir et de poursuivre librement leurs buts.
De même, qui peut encore croire, au XXIe siècle, que les femmes sont naturellement moins disposées à la calvitie que les hommes. Cet essentialisme, dont les relents évoquent les années trente (du XXe siècle), n’est pas tolérable dans une grande démocratie comme la nôtre. Si les femmes sont moins souvent chauves, c’est uniquement parce que dès l’enfance, on les incite à ne pas emprunter cette voie. On ne leur permet pas de s’identifier à des modèles de femmes chauves et on répète sans arrêt que la calvitie est une affaire d’homme. Mais au nom de quoi la moitié de l’humanité serait-elle maintenu à l’écart des joies de la couronne et du crâne d’œuf?
Dans le cadre du programme « tous égaux devant l’alopécie », les objectifs sont très clairs. D’ici quelques années il s’agit de monter à une proportion de 50% de femmes parmi les chauves. Cela se fera sans difficulté. Avec les « programmes » scolaires pourris et les bouquins « Maman, assume sans perruque » et « Barthez porte une robe » les cheveux des petites filles et de leurs mères ont dors et déjà commencé à tomber.
Grâce à un programme de déconditionnement, un certain nombres de femmes proches du pouvoir socialiste, ont dors et déjà pu se libérer des stéréotypes qu’on leur avait inculqués dans l’enfance. Les résultats sont spectaculaires et, osons le dire, très réussis.

C’est sur Ségolène Royal, que le reconditionnement a le moins bien fonctionné. On observe chez elle une féminité résiduelle qui se manifeste par des cheveux longs sur l’arrière du crâne. Néanmoins, quand on lui a fait remarquer l’échec partiel de sa requalification en tant qu’homme, elle a rétorqué qu’elle était très satisfaite de son nouveau look « Jean-Claude Dusse ».

Royal_Chauve

Sur Julie Gayet, le sex-friend du président, la méthode Peillon-Belkacem a fait des miracles : elle n’a plus un poil sur le caillou. Le résultat est tellement impressionnant que François Hollande, lui-même, s’y est trompé. Il a confié au magasine GQ, qu’en se réveillant un matin, il a cru qu’Alain Soral dormait à ses côtés.

Gayet_Chauve

Enfin, Najat Vallaud-Belkacem est très fière d’avoir surmonté sa peur des préjugés et de s’être imposée dans un monde d’homme : celui des chauves. Il paraît que suite à sa métamorphose, sa crédibilité en tant que ministre a beaucoup progressé. Par ailleurs elle ne fait plus l’objet de « harcèlement de rue », avis aux amatrices. Enfin, elle a vu s’ouvrir devant elle de nouvelles perspectives, puisque le cirque Zavatta lui a proposé de participer à un spectacle.

Najat_Chauve

Le déclin de l’occident illustré – L’architecture

Au cours du dernier siècle, l’enlaidissement ne s’est pas contenté de frapper les femmes et les automobiles. En fait il n’a rien épargné. En architecture par exemple, l’objectif de ces quatre-vingt dix dernières années, semble avoir été de donner à nos maisons l’aspect d’un local technique EDF. Les habitations contemporaines, dans lesquelles certains investissent des fortunes, sont à l’image de leurs propriétaires : vides, sans intérêts, laides.
Je vous invite, lorsque vous arpentez les rues, à faire attention aux immeubles et aux maisons. Dès qu’il s’agit de constructions un peu anciennes, elles sont agrémentées par des « petits plus » : un contour de fenêtre en pierre de taille, un encadrement de porte légèrement décoré, un pilier de soutènement sculpté, une balustrade en fer forgé, etc. En revanche, à mesure que l’on déporte son attention sur les constructions plus récentes, on voit ces éléments de décor disparaître pour laisser place au néant. Ca donne des pavillons dont la seule différence avec un blockhaus du mur de l’Atlantique, est qu’ils ne résisteraient pas à une bombe de cinq cent kilos. Tant mieux !
Précisons que les nouvelles tendances architecturales posent un certain nombre de problèmes. Nombreux sont ceux qui ont reculé leur voiture jusque dans leur salon parce qu’ils avaient confondu leur maison et leur garage. On parle aussi de tagueurs qui ont eu des ennuis : ils croyaient s’en prendre à un local poubelle, quand ils « salissaient » le mur d’une villa à 650 000€.

Place au diaporama. Comme d’habitude, la date est précisée pour chaque image.

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Le déclin de l’occident illustré – L’automobile

Dans ma série de diaporamas visant à illustrer le déclin de l’occident (voir l’article introductif), voici celui sur l’évolution des goûts en matière d’automobiles. J’ai choisi une marque qui a fait fantasmer plusieurs générations d’automobilistes. Néanmoins, on peut légitimement se demander si ceux qui l’ont aimé hier l’aimeraient encore aujourd’hui. Sous chaque image, la date de sortie du modèle est précisée.

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