Archives mensuelles : mai 2014

Sans conformité, point de désir

Sargent_Lady-Agnew-of-Lochnaw

Lady Agnew of Lochnaw, John Sargent

Un ami m’a écrit pour me poser une question relative au désir. Avec sa permission je reproduis ici son courrier, suivi de la réponse que je lui ai faite.

Cher *******,

Comme tu le sais, je suis actuellement en deuxième année d’école d’ingénieur. Je te l’avais déjà dit de vive voix, ici, l’ambiance générale est déplorable. Je t’écris pour te parler d’une rencontre que j’ai faite, qui tranche avec l’atmosphère lourde et vulgaire que je subis depuis plus d’un an. Tu t’en doutes sûrement, il n’y a pas beaucoup de filles parmi les élèves. En fait, elles représentent moins d’un quart des effectifs. Et bien malgré cela, j’ai eu la chance d’en trouver une qui est exceptionnelle. Elle a un prénom courant (Marie) mais elle est très différente de toutes les autres filles. Juge par toi-même. Tout d’abord, sache que dans sa famille ils n’ont jamais eu la télévision, c’est suffisamment rare pour être noté ! Par ailleurs, elle m’a dit qu’elle ne compte pas travailler toute sa vie, car elle veut avoir des enfants. Elle n’est pas carriériste pour un sou et si elle fait des études aussi poussées que les siennes, c’est en partie parce que la société actuelle ne lui laisse pas le choix. C’est ironique tu ne trouves pas ? Marie est aussi l’une des seules à n’avoir pas tenu à participer au fameux weekend d’intégration, ce en quoi elle a eu parfaitement raison, car moi qui ai eu le malheur d’y aller, j’aurais plutôt tendance à l’appeler weekend d’avilissement. Elle a aussi déclaré ne pas aimer la bière, de ce fait elle est sans doute la seule fille de l’école qu’on ne voit pas régulièrement une bouteille à la bouche. Par contre elle aime faire de la broderie !

Après avoir fait sa connaissance, vu ses qualités, j’ai cru que j’en tomberais amoureux. Mais le temps passe et mon cœur ne s’embrase pas, je ne parviens pas vraiment à la désirer. C’est sur ce fait troublant que je souhaiterais avoir ton avis.

Je ne t’ai pas encore décrit son apparence. Elle mesure environ 1m65, elle a de longues jambes, qui lui permettent d’être la plus rapide en course à pied. Sa peau est pâle et bien qu’elle n’utilise apparemment pas de maquillage, elle est parfaite, presque trop à vrai dire. En tout cas, si toutes les femmes avaient une peau comme la sienne, l’industrie des cosmétiques aurait du souci à se faire. Par ailleurs, elle a un beau sourire et elle rit d’une façon charmante. Tu comprends, dans ces conditions, que je m’étonne de ne pas la désirer. Mais finalement, je ne suis pas un cas à part, car à ma connaissance, aucun autre garçon de l’école n’a manifesté d’intérêt pour elle. Mais, dans leur cas, c’est sans doute lié au fait qu’elle ne les côtoie pas beaucoup, puisqu’elle n’a pas d’affinité avec eux. Mais moi j’en ai nettement plus.

Avant de te solliciter, je me suis interrogé moi-même sur l’énigme que constitue mon absence de désir, mais je ne suis pas arrivé à des conclusions très probantes. La seule piste dont je dispose c’est que, depuis le départ, je suis un peu rebuté par la façon dont Marie s’habille. Elle porte systématiquement des chaussures qui font d’avantage penser à celles des femmes de cinquante ans que je vois à l’église, qu’à celles d’une fille de vingt ans. Et puis parfois, elle met des gilets à boutons en laine qui me font un peu penser à ceux de ma grand mère.

Voilà, je t’ai donné tous les éléments qui me semblent nécessaires pour comprendre la situation. Je ne sais pas si tu pourras m’aider à élucider le mystère de mon absence de désir. Quoi qu’il en soit, merci d’avance pour le temps que tu me consacreras.

A bientôt,

Eugène

Mon cher Eugène,

L’absence de désir dans un cas tel que tu le décris n’a rien de surprenant. Ton trouble provient du fait que tu n’as pas encore compris la nature du désir et ses mécanismes. Lorsque tu dis que tu ne désires pas Marie, tu as pour référence de ce que signifie « désirer », les désirs que tu as éprouvé, et éprouve peut-être encore en ce moment, pour d’autres filles. Et en effet, ce que ces dernières ont suscité chez toi, Marie ne peut pas le susciter. Cette incapacité de Marie découle de sa non-conformité. La plupart des filles d’une génération donnée sont des clones copiés sur un unique modèle. Elles s’habillent toutes de la même manière, elles ont les mêmes chaussures, les mêmes sacs à main ou à dos, elles se coiffent et se maquillent de façons similaires, elles ont des attitudes et des langages corporels semblables et même leurs façons de parler, les expressions qu’elles emploient, sont presque identiques. Marie n’est pas désirable car elle n’est pas un clone. Elle est, au contraire, radicalement différente des autres. Je vais à présent t’expliquer pourquoi les clones sont désirables.

Ce ne sont pas les qualités intrinsèques du clone qui le rendent désirable. Celui qui le désire est convaincu du contraire, mais il est victime d’une illusion. Si ses caractéristiques objectives n’en sont pas la source, qu’est-ce qui explique la désirabilité du clone ?

Conquérir un clone, revient à conquérir les clones, tous les clones. Lorsqu’un garçon possède une fille, il possède symboliquement toutes celles qui lui sont identiques. Comme 90% des filles d’une génération sont des clones, posséder un clone, ce n’est pas seulement posséder une fille, c’est les posséder toutes. Cela revient à recevoir l’approbation du genre féminin tout entier. Or c’est cette validation générale qui est désirée et Marie ne peut te la donner à cause du fossé considérable qui la sépare de la conformité. Voilà donc une première raison pour laquelle tu ne désires pas Marie comme tu désires les filles conformes.

Ce n’est pas tout. Des clones tu n’as cessé d’en croiser ces dernières années. Certains, fatalement, t’ont infligé des blessures d’amour-propre, en te rejetant, te manifestant du dédain ou simplement de l’indifférence. De plus, en se rendant inaccessibles, ils se sont parés à tes yeux d’une aura mêlant mystère et supériorité, qui a suscité un intérêt, voire une forme de fascination chez toi.
C’est parce que toutes les filles conformes semblent participer d’une même essence que tu les désires. Comme elles sont interchangeables, en conquérir une te permettrait de soigner les blessures d’amour-propre que t’ont infligé les autres, d’une part, et d’accéder à cette supériorité qui t’as été refusée, d’autre part. Ce sont ces bénéfices, que sa possession offre, qui rendent le clone désirable. Marie n’étant pas un clone, la posséder ne procure aucun de ces avantages. C’est là une seconde raison qui explique que Marie ne suscite pas ton désir contrairement aux filles conformes.

En voilà une troisième. Tout au long de ta vie d’adolescent et de jeune adulte, tu as été témoin de désirs masculins pour des clones de sexe féminin. Ces hommes désirants, que tu as observés, peuvent être classés en deux catégories : tes idoles et tes rivaux. Dans la première se trouvent les hommes pour lesquels tu as une admiration débordante. Tu désires les femmes qu’ils désirent parce que tu crois que les posséder te permettra de devenir comme eux. A tes rivaux tu n’as, au contraire, pas envie de ressembler. Mais dans les faits, tu leur ressembles, sinon ils ne seraient pas tes rivaux. Cette ressemblance t’est insupportable, tu veux à tout prix te démarquer d’eux, plus précisément tu veux prouver que tu leur est supérieur. Pour y parvenir tu n’as d’autre moyen que de t’emparer de l’objet de leurs désirs. Lorsque l’un d’entre eux manifeste un désir pour une fille, tu la désires à ton tour, car la posséder serait la preuve définitive de ta supériorité sur ton rival. Tu ne supportes pas l’idée, qu’à l’inverse, tu puisses échouer et lui réussir, car cela prouverait ton infériorité.
N’oublie pas que la conquête d’un clone est équivalente à celle d’un autre. Cela explique que les clones soient désirables, car en conquérir un permet de prendre le dessus sur un rival qui en a désiré un autre, ou de ressembler à une idole qui en possédait un.

Récapitulons. La conquête d’une fille conforme permet :
– de recevoir l’approbation du genre féminin tout entier ;
– de soigner les blessures d’amour-propre infligées par les autres filles conformes ;
– d’accéder à ce mystère et à cette supériorité que les filles conformes te semblent recéler depuis que certaines d’entre-elles t’ont ignoré, ou repoussé ;
– de t’approcher de ton idole qui était elle-même en possession d’une fille conforme ;
– d’affirmer ta supériorité sur tes rivaux qui désirent des filles conformes.

Très souvent, le désir sexuel prend sa source dans un ou plusieurs de ces cinq bénéfices associés à la possession d’une fille conforme. Les qualités réelles de l’objet du désir n’entrent pas en compte.
La possession de Marie, ou de toute autre jeune femme non-conforme, ne peut produire aucun des cinq effets ci-dessus. Posséder Marie permet seulement de posséder Marie, rien de plus. Or, malgré ses qualités bien réelles, elle n’est qu’un être humain et la simple humanité n’est pas désirable car le désir est métaphysique (cf. René Girard).

Non seulement Marie, parce qu’elle ne se soumet pas aux modes et aux conformismes de son temps, est maintenue à l’écart de la bulle spéculative du désir, mais ses choix vestimentaires achèvent de la disqualifier sur le marché sexuel. Tu évoquais ses chaussures et ses gilets en décalage par rapport aux tenues habituelles de la jeunesse. Cette particularité pose-t-elle un problème esthétique ? Probablement pas, car il est difficile de faire plus laid que les baskets que portent, aujourd’hui, les filles standards. Des chaussures de paroissienne de cinquante ans sont objectivement supérieures à ces horreurs. Mais il ne s’agit pas d’esthétique, car l’esthétique est une qualité objective et le désir n’en a que faire. Le problème des tenues de Marie c’est qu’elles la rattachent à l’univers de l’âge, de la vieillesse et donc de la mort, de la finitude et de la misérable condition humaine. Or toutes ces choses anéantissent le désir, car elles sont l’antithèse de la supériorité métaphysique qui est sa seule et unique source. La jeunesse, au contraire, est associée à la supériorité divine car les visages non encore marqués par le vieillissement donnent l’illusion de l’immortalité. Marie, malgré sa peau juvénile, est symboliquement rattachée à la vieillesse à cause de la façon dont elle s’habille. En terme de désirabilité, ça lui est fatal. Une mégère de 45 ans avec un jeans slim et des Converse aurait probablement d’avantage de succès.

Marie n’est décidemment pas désirable. Pourtant ses qualités sont réelles et extrêmement rares. Passons sur ses longues jambes et sa peau à donner des sueurs froides aux pontes de l’Oréal, car ce n’est que la cerise sur le gâteau. Par contre, prends bien la mesure de ce que signifie ne jamais avoir eu la télé à la maison. Il est possible que désormais internet la concurrence, mais au cours des vingt dernières années, la télé était de loin le premier vecteur de bêtise, de vulgarité, de superficialité et de laideur sous toutes ses formes. Marie est une rescapée, un oiseau qui a échappé au mazoutage. D’ailleurs, comme par hasard, la seule fille de ta génération qui n’a pas été sous perfusion télévisuelle, ne veut pas faire carrière mais se marier, avoir des enfants et s’en occuper. Et elle aime la broderie, dis-tu ? Là encore c’est une bonne pioche. La capacité à consacrer du temps à des activités minutieuses, qui n’offre pas de récompense immédiate, manifeste une qualité de l’âme d’autant plus précieuse qu’elle est devenue presque introuvable.
Face à tout cela, qu’est-ce que les filles conformes ont à t’offrir, à part une connaissance exhaustive des différentes marques de bières ?

Tu en es à un stade où tu deviens capable de discerner ce qui a de la valeur de ce qui n’en a pas chez une femme. Tu es troublé parce que ton désir continue à prendre pour objet des coquilles qui te semblent, à juste titre, être vides. Il s’obstine à leur attribuer une valeur inestimable dont tu as de plus en plus de mal à déterminer le contenu objectif. Et pour cause, le désir est un illusionniste de génie, le seul qui sache faire passer le néant pour le paradis. Tu es encore trop vaniteux pour avoir une pleine conscience de ces choses-là, mais tu vas te libérer petit à petit, à mesure que tu approfondiras ta relation avec Dieu, qui est le seul remède au désir métaphysique. Plus tu t’attacheras au seul vrai Dieu, plus tu te détourneras des idoles que sont les objets successifs de tes désirs. Mais cela va te demander encore quelques années de maturation. En attendant tu peux demander Marie en mariage les yeux fermés.

Qu’il est loin le temps de la 2CV !

Les voitures sont de plus en plus agressives. Pas sur le plan des tarifs, bien entendu, mais d’un point de vue esthétique. Il suffit d’ailleurs d’ouvrir un magazine automobile pour réaliser que les journalistes n’ont presque plus qu’un adjectif à la bouche : « agressif ». Et il faut bien comprendre que pour eux, c’est un compliment. Ils encensent les modèles au dessin agressif et il faut croire qu’ils ont raison puisqu’il n’y a plus qu’eux qui se vendent bien. Depuis un certain temps, on assiste à la disparition progressive mais appelée a être totale (c’est mon pronostic) des voitures à l’allure « sympathique » au profit de celles qui ont l’air « méchant ».

Comparons la Volkswagen Coccinelle de 1998 et celle de 2011. La « bonne bouille » arrondie de la première a laissé place a une allure trapue, musclée. La nouvelle version est moins haute, plus large, a des vitres plus petites et des jantes plus grandes. On a d’avantage l’impression d’avoir affaire à un videur de boîte de nuit qu’à une coccinelle.
Cox

Même évolution, quoique encore plus radicale, pour le Citroën Picasso. C’est d’autant plus choquant qu’il s’agit d’un monospace destiné, en principe, aux pères de famille. Mais il faut croire que, désormais, même quand ils partent en vacances avec femmes et enfants, les papas veulent avoir l’air de tueurs.
Picasso

Voici à présent une sélection d’automobiles plus anciennes (années 50 et 60).
Voitures_Anciennes
Comme vous pouvez le constater, avec leurs courbes douces, leurs roues fines et leurs phares ronds, elles ont l’air « gentil ». Contrairement aux voitures que nous croisons sur nos routes, elles n’ont pas l’air d’arriver avec un couteau entre les dents, ni de vouloir « écraser » ou « bouffer » les autres.

Il faut bien prendre la mesure de ce que cette évolution de l’apparence des autos trahit de la mentalité de l’homme contemporain. Elle révèle à quel point son caractère s’est dégradé au fil du temps. C’est assez ironique de constater que plus l’homme occidental est en réalité faible, plus il apprécie les voitures agressives. Ceci-dit, il faut reconnaître que les noirs et les arabes en raffolent encore plus…
Quoiqu’il en soit, nous sommes face à un symptôme du formidable recul de la civilisation qui s’opère en Europe depuis longtemps. Le savoir-être, la courtoisie et la cordialité sont engloutis sous la déferlante de l’agressivité et de la vulgarité ego-centrée.

Victime blanche, meurtrier noir. Circulez, il n’y a rien à voir.

Si les journalistes américains et français n’étaient pas racistes, je n’aurais pas besoin de publier le présent article. S’ils ne considéraient pas que la vie d’un noir vaut d’avantage que celle d’un blanc, s’ils n’estimaient pas que la race blanche est moralement inférieure à toutes les autres, ils auraient évoqué les évènements dont je vais vous parler dans leur propres articles et leurs propres reportages. « Evoqué » ? Que dis-je ? Ils nous auraient matraqué avec ces informations pendant des jours, voire des semaines.

A gauche, George Zimmerman, à droite, Trayvon Martin

A gauche : George Zimmerman. A droite : Trayvon Martin

Souvenez-vous, il y a environ un an, les médias français avaient beaucoup parlé du procès de George Zimmerman, qui avait abattu Trayvon Martin, un noir de 17 ans, alors qu’il faisait une ronde de sécurisation dans son quartier. La question était de savoir si Zimmerman avait agi en état de légitime défense ou pas. Il avait, finalement, été acquitté de toute charge en juillet 2013. Il faut savoir que cette affaire, avant de faire parler d’elle en France, avait fait grand bruit aux Etats-Unis. Barack Obama était allé jusqu’à déclarer « si j’avais un fils, il serait comme Trayvon. » Le schéma qu’avait illustré cet épisode se répète systématiquement. Si un blanc commet un acte de violence contre un noir (ce qui arrive très rarement), cet acte est a priori considéré comme raciste et comme révélateur d’un climat raciste généralisé. Les médias américains en font des tonnes pendant des semaines et les médias français finissent par en parler à leur tour. On comprend ces derniers, il n’y a pas assez de noirs assassinés par des blancs en France, pour satisfaire leur envie insatiable de culpabiliser la race blanche. En revanche quand un blanc est abattu par un noir, ce qui arrive souvent aux Etats-Unis, les médias américains n’en parlent pas. Seule la gazette locale y consacre un entrefilet, pour dire qu’il s’agit d’un acte isolé, inexplicable, sur lequel il n’y a pas lieu de s’interroger. Par conséquent les médias français n’en parlent pas non plus.

Voici donc l’histoire que vous connaitriez déjà, si les journalistes français traitaient la race blanche à égalité avec les autres.

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