Ce nouvel ordre familial qui nous met à la rue

François (Droite d’avant) a abordé la question de la baisse du pouvoir d’achat et de la pauvreté des travailleurs les plus modestes. Il en examine les causes et mentionne notamment l’explosion des prix de l’immobilier. Selon lui, ce dernier phénomène s’explique par les facteurs suivants :

• la hausse continue des normes de construction ;
• l’expansion délirante des droits des locataires (avec la cerise Duflot sur 40 ans de gâteau technocratique) qui bloque une partie du marché locatif ;
• la désaffection pour les logements communs de type immeuble pour les zones pavillonnaires (un des dégâts du « vivre-ensemble ») ;
• l’augmentation sans précédent de la population de France métropolitaine depuis la seconde guerre mondiale (39M d’habitants en 1947, 65M aujourd’hui…) qui pèse sur la demande de logement.

A ces quatre facteurs qui ont contribué à la hausse des prix de l’immobilier j’en ajouterais un, qui n’est jamais évoqué : le nouvel ordre familial.

Tout d’abord, il faut rappeler que les logements sont une ressource limitée, contrairement aux cafetières, par exemple. Si la demande de cafetières augmente, il suffit d’en produire d’avantage afin d’éviter la pénurie et la hausse des prix. Pour les logements ce n’est pas aussi facile. D’une part, tout le monde veut habiter au même endroit, ce qui est impossible car les villes sont déjà saturées. De plus, comme l’a mentionné François, il existe de nombreuses règlementations qui empêchent de construire comme on veut et où on veut. Par conséquent, en matière de logements, l’offre ne peut pas toujours suivre la demande. Une augmentation de cette dernière se traduit donc par une augmentation des prix.

Le nouvel ordre familial, dont je prétends qu’il contribue à la hausse du coût de l’immobilier, se caractérise entre autres choses par : des mariages tardifs, des divorces fréquents et des doubles salaires.

Le mariage tardif implique une période de célibat prolongée jusqu’à des âges avancés. Autrefois, monsieur et madame A occupaient un seul logement, désormais, monsieur A et mademoiselle B en occupent deux. Un jour, néanmoins, ils décident de se marier. Ils emménagent donc ensemble pour quelques années avant de divorcer, ce qui engendre à nouveau un doublement de la demande de logements.

Considérons une famille de type traditionnel. Monsieur est cadre supérieur dans un grand groupe. Madame ne travaille pas, car elle s’occupe des quatre enfants du couple. Pour loger sa famille, monsieur cherche un appartement ou une maison d’au moins 150m2. Malheureusement pour lui, sur ce type de biens, il est en concurrence avec des couples qui bénéficient d’un double salaire et qui ont peu d’enfants. Il peut s’agir, par exemple, de couples de médecins qui n’ont qu’un ou deux enfants. Ces derniers n’ont pas besoin d’un appartement énorme, mais ils ont largement les moyens de se payer ce luxe et ne s’en privent pas. Leur capacité d’investissement est largement supérieure à celle de notre père de famille nombreuse. Or le prix des logements de 150m2 est aligné sur le pouvoir d’achat immobilier de ces couples de médecins. En d’autres termes, le père de quatre enfants va devoir se rabattre sur des logements moins chers et donc plus petits. Tant pis, il « entassera » sa famille dans un appartement de seulement 110 ou 120m2. Le souci, c’est qu’un autre père de famille dans une situation similaire, mais avec un revenu 30% inférieur, envisageait justement d’emménager dans un logement de cette taille. Le pauvre homme, qui luttait déjà contre les couples de profs sans enfants et les pharmaciens divorcés, n’a d’autre choix que de revoir, lui aussi, ses ambitions à la baisse et d’opter pour un 3-4 pièces de 90m2.

D’une manière générale, une petite famille avec deux enfants et des revenus modestes espère emménager dans un 3 pièces de 70m2, au minimum. Mais dans le cadre du nouvel ordre familial, la concurrence pour ce type de logement est extrêmement rude. Ces appartements de taille moyenne sont littéralement squattés par les célibataires bac+5, et par les divorcés en tout genre. Là où quatre personnes pourraient vivre, il n’y en a qu’une qui occupe l’espace. La demande pour ces logements de 70m2 est considérable, or leur nombre est limité, donc les prix explosent et les gens qui en ont réellement besoin (les petites familles qui ne roulent pas sur l’or) ne peuvent pas se les offrir.
Sans doute avons-nous tous été témoin de l’occupation inadaptée de l’un ou l’autre bien immobilier. Pour ma part, je peux vous parler de ma voisine, divorcée, qui accapare un appartement de 90m2 qu’elle habite seule avec son fils unique. Bien entendu, son ex-mari doit faire la même chose de son côté, sauf que lui n’a même pas la charge de l’enfant.

Dans un monde où seuls les hommes ont un emploi salarié, il peut sembler avantageux d’avoir une femme qui travaille. En effet, dans un contexte ou les doubles salaires sont une exception, un couple d’ingénieurs pourra accéder à des biens immobiliers auxquels ne peut pas prétendre un ingénieur dont la femme est mère au foyer. Mais si les doubles salaires se généralisent, cet avantage disparaît. Un couple de médecin en 2014 n’est pas mieux logé qu’un médecin dont la femme ne travaillait pas en 1950. C’est lié au fait que les maisons et les appartements ne deviennent pas, comme par magie, deux fois plus spacieux et luxueux sous prétexte que les femmes investissent en masse le salariat. La seule caractéristique des logements qui change, c’est leur prix : il augmente. Bien entendu, les grandes perdantes dans cette affaire, ce sont les familles traditionnelles, mono-salaire.

Voici un diagramme récapitulatif des bouleversements impliqués par le nouvel ordre familial, d’un point de vue de l’immobilier. (Cliquez pour agrandir.)
Prix_Immobilier

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Une réflexion au sujet de « Ce nouvel ordre familial qui nous met à la rue »

  1. Mademoiselle Ouine.

    Il me semble que vous avez oublié de mentionner dans votre « nouvel ordre familial » deux robes côtes à côtes et/ou deux pantalons adjacents leurs enfants… Ce n’est qu’une suggestion !

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