La vie urbaine et ses conséquences

Cet article fait partie d’une série qui a été introduite ici. Néanmoins, il peut tout à fait être lu de façon indépendante.
 
La_DefenseUne ville c’est un morceau de la Terre qui a été recouvert d’une couche hermétique de béton et de goudron. C’est un espace de plusieurs milliers d’hectares qui a été entièrement aménagé par et pour l’homme. C’est un lieu où une création purement humaine a remplacé la Création. Il y a bien quelques arbres ici ou là, dans nos villes. Il est vrai que par endroits on a jugé bon de découper un morceau de bitume de deux mètres sur deux pour planter un arbre. Parfois, il y a même plusieurs arbres les uns à côtés des autres, on appelle cela un « espace vert ». Leur existence prouve que le citadin est encore un petit peu humain, malgré tout. Mais ces arbres sont en sursis, ils ne sont là que par la volonté des hommes et seront abattus dès que ceux-ci décideront d’aménager une place de parking supplémentaire, ou un canisite. La ville c’est donc cela : un espace d’où la Création a été éliminée, intégralement. Enfin pas tout à fait, il reste tout de même un morceau de Création dans le champ de vision de l’homme urbain : le ciel. Encore faut-il que celui-ci soit visible et non masqué par un nuage de pollution permanent. Par ailleurs, lorsque les rues deviennent étroites et les immeubles s’élèvent, le citadin, comme si on le descendait au fond d’un puits, voit le ciel se réduire à une minuscule tache bleue. Même quand il est visible, on peut se demander si les habitants des villes accordent beaucoup d’attention au ciel. A part en reflet dans l’écran de leur smartphone, leur arrive-t-il de le voir ? De temps à autre, la Création se rappelle au bon souvenir des citadins, lorsqu’une bonne pluie se met à tomber, ou un orage à gronder. En général, ils n’apprécient pas cela, ce qui est compréhensible puisque la météo est l’une des rares choses, en ville, qui ne soit pas sous contrôle. Tout le reste a été aménagé pour le bon plaisir des habitants, on comprend donc qu’ils pestent contre le « mauvais » temps lorsqu’il s’autorise à humidifier leur après-midi shopping.

Tout ce dont il a été question jusque là n’a rien de neuf, les villes existent depuis des millénaires. Ce qui est nouveau en revanche, c’est que plus de 80% de la population vit en zone urbaine. C’est l’une des caractéristiques de la France moderne : vivre en ville est normal, vivre au milieu de la Création (c’est à dire à la campagne) est exceptionnel. Cette situation inédite influe sur la vision du monde des Français.
Comme Dieu se manifeste via la Création, lorsque l’homme ne vit plus au contact de cette dernière, il se coupe de Dieu et finit par l’oublier. La perte généralisée de la Foi chrétienne et l’exode rural ne sont pas sans rapport.
Une ville est l’œuvre des hommes, du trottoir jusqu’aux faîtes des toits que dépasse rarement le regard de leurs habitants. Ceux-ci vivent dans un monde entièrement façonné par l’homme, pour l’homme, selon ses besoins, ses envies, son bon vouloir. La ville est le lieu d’une apparente toute puissance humaine. Elle laisse penser qu’il suffit de vouloir quelque chose pour l’obtenir. Un parking sous-terrain de sept niveaux, une place pavée agrémentée de fontaines, un immeuble de bureau de dix, de vingt de cinquante étages, rien n’est impossible. L’espace peut être réaménagé, à l’infini, selon notre volonté. Evidemment, ce sentiment qu’a le citadin d’être lui-même le Créateur, indépendant de toute contrainte, d’être celui qui fixe les règles du jeu, n’est qu’une illusion. Rappelons qu’en effet, les lois de la physique s’appliquent en ville comme ailleurs et qu’il n’est pas question de les contourner. Par ailleurs, les matériaux dont sont faites les villes sont tous issus de la Création divine, l’homme s’est contenté de les transformer. Enfin, les techniques de construction modernes qui rendent les bâtisseurs de villes si orgueilleux n’auraient pas vu le jour si l’Europe n’avait pas été irriguée spirituellement par des siècles de christianisme. Ce dernier point, encore plus que les deux précédents, échappe complètement au citadin qui se retrouve très vite intoxiqué par la vie en ville : elle le persuade de la toute puissance du vouloir humain. La croyance en un homme équivalent du démiurge dépasse largement le cadre de l’urbanisme. Le citadin en vient à penser que, dans tous les domaines, il suffit de vouloir pour obtenir. Pourquoi un homme ne pourrait-il pas être une femme, si c’est ce qu’il veut ? Pourquoi deux homosexuels ne pourraient-ils pas avoir un enfant, si telle est leur volonté ? Pourquoi les noirs et les blancs, les chrétiens et les musulmans ne pourraient-ils pas vivre dans le même pays et bien s’entendre, puisque nous voulons qu’il en soit ainsi ? Le progressisme sociétal (la folie) prolifère en ville en raison de l’état d’esprit induit par la vie urbaine. Ce n’est pas un hasard si les délires progressistes naissent systématiquement dans les grandes villes et jamais dans le monde rural.

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