Un bon policier est un policier mort

Il y a quelques jours je circulais à bord d’un bus régional. Après avoir passé une semaine à la montagne, j’effectuais mon retour à la civilisation barbarie. La radio fonctionnait à faible volume, suffisant néanmoins pour que je puisse comprendre quelques mots : « Ferguson », « nouvelles émeutes ». Cela m’a suffit pour savoir exactement ce qu’il se passait. Un noir avait été abattu par un blanc aux Etats-Unis et les médias français, à la suite de leurs homologues américains, se jetaient sur cette occasion pour bien nous rappeler à quel point l’Amérique blanche est raciste. Je savais aussi qu’on allait nous présenter le mort comme un sympathique jeune homme, sans histoire, apprécié de tous dans le quartier et plein de projets positifs pour l’avenir. Et je savais qu’en creusant un peu, nous découvririons qu’il n’avait rien du gendre idéal, mais qu’il représentait plutôt son antithèse. Il n’y a pas de mérite particulier à deviner tout cela simplement en entendant deux mots émanant de la radio grésillante d’un autobus. Il suffit de réaliser que le même scénario se répète systématiquement.

Si je vous parle de cela c’est parce que cette nouvelle affaire illustre parfaitement ce que je disais dans un article précédent.

Si vous regardez la télé, écoutez la radio, ou lisez la presse, je vous plains. Vous avez dû en manger du Ferguson et du Michael Brown, en ce mois d’août 2014. Par contre, quelque chose me dit que vous n’avez pas entendu parler de Melvin Santiago. Pas un mot, pas une ligne consacrée par les médias français à ce jeune policier de Jersey City abattu au mois de juillet par le sympathique Lawrence Campbell, alors qu’il descendait de voiture. Pas un mot non plus au sujet de la femme de Campbell qui a déclaré que son mari aurait dû tuer plus de policier, ni sur le mémorial érigé à la gloire de l’assassin (mort sous les balles des policiers) par ses voisins.

A gauche, Melvin Santiago. A droite, son meurtrier.

A gauche: Melvin Santiago. A droite: Lawrence Campbell.

Si le nom de Melvin Santiago ne vous dit rien, celui de Perry Renn vous est probablement étranger lui aussi. Perry Renn était policier à Indianapolis depuis vingt-deux ans. Le cinq juillet dernier, il a été abattu à coup de fusil d’assaut par l’aimable Major Davis Jr.

A gauche, Perry Renn. A droite, son meurtrier.

A gauche: Perry Renn. A droite: Major Davis Jr.

La famille du meurtrier a critiqué Perry Renn pour être sorti de sa voiture alors que Davis était visiblement armé. Mais de tout cela, les journalistes français se foutent. Ce n’est d’ailleurs pas la seule chose dont ils se foutent. Ils se foutent de la vérité, bien sûr. Et puis ils se foutent aussi de vous. Pourtant, c’est vous qui payez. Ne l’oubliez pas.

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7 réflexions au sujet de « Un bon policier est un policier mort »

  1. Dame Ginette

    Bonjour Roman Bernard,
    Je suis d’accord avec vous concernant cet éclairant article.

    Hors sujet : que devenez-vous ? Toujours outre-Atlantique ? Où peut-on vous lire ?

  2. \/ers/\

    Je n’ai compris ni le sens ni le pourquoi de cet article.. Vous commentez des commentaires, vous critiquez les médias pour leurs informations sélective et faites le tri dans ce qu’ils veulent bien vous dire…

    Je ne vais pas vous rappeler à qui appartient la quasi totalité des médias de cette planète…
    Par contre je me permet de vous rappeler que les infos qu’ils nous donnent servent juste à occuper la populace et n’est en rien représentatif de la réalité ou qu’elle soit.

    Combien de blanc on tué des blanc ? combien de noirs on tué des noirs ?
    ou
    Combien d’hommes on tué d’homme femmes et enfants, et le font encore au nom du profit, du pétrole, des religions ridicules…

    Ceux qui dirigent les média (bertelsmann & co) ceux sont eux qui financent, cachent, couvrent,
    toutes les atrocités et nous donnent au compte goûte des faits divers pour meubler le journal tv..

    Relayer ce genre d’information sur votre blog ne fera qu’aiguiller vos lecteurs vers leurs filets.

    Salutation

  3. Kolia Karamazov Auteur de l’article

    Cet article a pour but de montrer que les journalistes français sont ou des abrutis ou des manipulateurs. Si vous en êtes déjà conscient, tant mieux, mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Et je pense que vous allez trop loin en croyant que le moindre entrefilet dans la presse locale américaine (ou française) est passé au crible par un comité centrale de contrôle tenu par les Juifs. La manipulation ne consiste pas à étouffer intégralement l’assassinat d’un blanc par un noir (la presse locale relaye ce genre d’info), mais à faire du supposé assassinat d’un noir par un blanc un événement planétaire relayé par toutes les télés, toutes les radios et tous les journaux du monde occidental. Le but de l’article est de bien faire comprendre que pour chaque affaire Ferguson, il y a dix ou vingt cas de blancs tués dans des conditions ignobles par des noirs, qui ne sortent jamais des colonnes de la presse locale américaine. Précisons que les médias sont silencieux aussi sur les meurtres de noirs par des noirs, mais là s’ils en parlaient ça occuperait les quarante minutes du vingt heures, tous les jours.

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