Archives mensuelles : septembre 2014

Une population qui a souffert est-elle condamnée au sous-développement ?

Nous sommes priés de croire que les différences de développement entre les peuples du monde s’expliquent par les événements passés. Les peuples en retard d’un point de vue du développement auraient traversés de dures épreuves, connus de grand malheurs, été violentés et maltraités. Leur retard ne serait dû qu’à la difficulté qu’il y a à se relever après un drame. Les peuples à la pointe du développement, en revanche, n’auraient jamais réellement souffert. Ils auraient été favorisés par le hasard et surtout, ils auraient été bourreaux mais jamais victimes.

Voyons, à travers l’étude de trois cas de figure, si cette vision du monde tient la route.

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L’Agonie spirituelle des Européens

C’est à la fois fascinant et terrifiant d’observer la mort spirituelle progressive des Européens. Elle est manifestée par l’évolution historique de la musique, de la peinture, du cinéma, des modes vestimentaires, de l’architecture et de tout le reste. Depuis des siècles, nous n’avons pas cessé de descendre la pente qui mène en enfer. Notre vanité, notre matérialisme grandissant ont étouffé nos âmes jusqu’à faire de nous des cadavres (pas encore au sens biologique, mais aux sens spirituel et intellectuel). Au XXe siècle, jamais ce processus ne s’est inversé et parfois il s’est accéléré, notamment à cause des guerres mondiales.
C’est un sujet sur lequel les grands discours sont inutiles, il suffit d’observer autour de nous. Si nous n’avons pas la possibilité de rencontrer en personne nos ancêtres un peu éloignés, nous pouvons, en revanche, apprendre à les connaître en étant attentifs à ce qu’ils nous ont laissé.

J’ai la conviction intime que jamais un bourgeois du XIXe siècle, patron d’industrie, n’aurait accepté de travailler quotidiennement dans ce genre d’endroit :

Usine_XXI

Il aurait refusé de mettre les pieds dans un lieux pareil parce qu’il l’aurait trouvé monstrueux et inhumain. Il aurait été extrêmement mal à l’aise rien qu’en apercevant ce cube en tôle et, évidemment, jamais il n’aurait fait construire lui-même une telle abomination. Le rejet viscéral de ces « locaux professionnels » aurait été chez lui un cri de l’âme. Une âme encore vivante. Abimée, corrompue, mais vivante.

Notre bourgeois du XIXe siècle, de son côté, dirigeait une usine ou un atelier qui ressemblait à cela :

Usine_XIX

Faites abstraction des voitures, des volets et des montants de fenêtre blancs, ils ne sont pas d’époque. Observez plutôt le travail d’alternance des couleurs, les fenêtre basses et hautes surmontées d’arcs, eux-mêmes agrémentés de clés d’arc en pierre de taille. Appréciez les ouvertures circulaires et les incrustations de pierres blanches sous la plupart des fenêtres. Enfin, profitez du relief général de la façade et de tous ces détails qui ne répondent ni à un besoin pratique, ni à une logique économique, mais uniquement à une exigence esthétique. Cette exigence prend sa source dans l’âme, elle manifeste que celle-ci est encore vivante.

Il ne s’agit surtout pas d’idéaliser le XIXe siècle. Les hommes de ce temps-là étaient déjà engagés dans la pente qui aboutit là où nous sommes. Ils la dévalaient à bonne allure, mais les âmes n’étaient pas encore totalement tombées en ruines. Peut-être que s’ils avaient pu voir à quoi aboutirait le chemin qu’ils suivaient, horrifiés, ils auraient fait demi-tour.

Un dernier mot pour ceux qui pensent que le sujet abordé dans cet article n’est que secondaire. Qu’il sache bien qu’un peuple vivant jours et nuits dans des cubes en béton et en tôle ondulée, ne peut que se laisser envahir par quinze millions d’Africains, tout en avortant dix millions de ses propres enfants. Cela aussi est une conséquence inéluctable de notre mort spirituelle.