Archives mensuelles : octobre 2014

Toussaint

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« Le monde a changé Éric »

Dégonflé« Le monde a changé Éric. » Les interlocuteurs d’Éric Zemmour sont convaincus que ces quelques mots suffisent à discréditer les idées développées dans son dernier ouvrage : Le Suicide français. Selon eux, puisque « le monde a changé », il ne faut pas s’opposer au changement qu’ils appellent « progrès ». Par exemple, ils justifient que l’on change le mariage en affirmant que « le monde a changé ». Même en supposant que le monde ait effectivement changé, on a bien du mal à saisir la logique qui se cache derrière leur raisonnement. Un changement ne pourrait donc qu’en appeler d’autres ? Quand s’arrête-t-on de changer dans ce cas là ? Mais plutôt que d’essayer de comprendre un raisonnement qui n’existe probablement pas, demandons nous si le monde a vraiment changé, comme on nous le serine à longueur de temps. Le soleil a-t-il cessé de brûler ? Les oiseaux ont-ils arrêté de chanter ? L’automne a-t-il cessé de succéder à l’été ? On pourrait poser une infinité de questions de ce type dont la réponse serait systématiquement négative. On ne voit donc pas très bien en quoi le monde a changé. Ce n’est certainement pas à celui qui dit que « le monde a changé » qu’il faut demander des explications sur le sens de cette phrase, car il est bien le dernier à pouvoir en donner. Et pourtant il ne doute pas de son affirmation. Voici pourquoi.

Nous vivons dans un monde recouvert de plastique, de béton, de goudron, de tôle et de verre, c’est à dire, soit de matériaux nouveaux, soit de matériaux autrefois rares qui tapissent désormais notre environnement du sol au plafond. Le décor qui entoure les hommes a fondamentalement changé. L’habitacle d’une voiture est un bon exemple d’espace entièrement nouveau, sans aucun rapport avec ceux qu’occupaient les hommes autrefois. Faites le compte, autour de vous, des éléments de décor qui pourraient être utilisés dans une reconstitution historique de la France d’antan (celle de 1950, de 1900, de 1800 ou de n’importe quelle autre époque). Vous voyez bien que le décor a changé de fond en comble, en très peu de temps. Au contraire, jusque récemment, il était toujours resté à peu près le même.
Comme le décor dans lequel nous vivons n’a strictement rien à voir avec celui dans lequel vivaient nos ancêtres, nous sommes portés à croire que notre monde n’a rien à voir avec le leur, qu’il s’agit de deux réalités complètement déconnectées l’une de l’autre. Aussi longtemps que les hommes se sentaient proches de leurs ancêtres, ils avaient naturellement tendance à les imiter, à s’inspirer d’eux, à les prendre pour référence. A cause du changement de décor, cette propension à l’imitation a disparu. De plus, nous sommes aisément persuadés qu’en un monde qui n’a rien de commun, croyons-nous, avec celui d’autrefois, il ne faut rien faire comme autrefois. Dès lors, quelles idées, quels principes, quelles forces reste-t-il pour nous guider ? Dans un premier temps un certain bon sens subsiste, mais petit à petit, il est entièrement éliminé par un orgueil sans limite qui détruit tout en hurlant « le monde a changé, le monde a changé ».
Le monde n’a pas changé. Seul le décor, l’apparence ont changé. Grattez la couche superficielle de plastique dont tout a été recouvert et vous retrouverez le monde tel qu’il a toujours été.

Nous voyant entourés de plastique, nous pensons que le monde d’aujourd’hui n’a rien à voir avec celui d’hier. Nous estimons que cela justifie de faire exactement le contraire de ce que faisaient nos ancêtres. Nous oublions que la quasi totalité des hommes qui ont apporté une contribution décisive à la science, sans qui notre « rêve en plastique » n’aurait jamais vu le jour, étaient des enfants du monde d’autrefois. Pour s’en souvenir il suffit d’évoquer quelques noms : Pascal, Torricelli, Lavoisier, Descartes, Poincaré, Ampère, Gay-Lussac… C’est bien d’un monde homogène racialement, chrétien, patriarcal, hiérarchique, élitiste, tout ce que déteste le progressisme, que sont sortis les « pères » du plastique.
Nous faisons tout pour abattre l’arbre de la civilisation chrétienne et européenne, sans réaliser que la branche en plastique sur laquelle nous sommes assis fait partie de la ramure de cet arbre. Il faut nous souhaiter une bonne réception, car la chute va être violente.

Avis à mes lecteurs

Chers lecteurs,

Depuis un mois je n’ai rien écrit sur ce site. Excusez-moi de vous avoir laissé sans nouvelle pendant si longtemps.
Si je suis resté silencieux ce n’est pas faute de matière intellectuelle pour faire de nouveaux articles. C’est plutôt le résultat de ma volonté de me détacher d’internet.

A vrai dire, je suis convaincu que c’est la révolution technique et technologique, en un mot la révolution matérielle, qui engendre et nourrit, de façon quasi mécanique, la révolution progressiste. C’est avant tout la modernité matérielle qui subvertit les âmes et non pas l’activisme de je ne sais quel parti révolutionnaire.
En outre, je crois que l’on ne peut échapper à cette subversion qu’en se tenant à l’écart de la modernité matérielle. Voilà pourquoi j’ai choisi de détourner le regard de cette boîte en plastique que l’on appelle écran d’ordinateur.

Toutefois je ne vous dit pas adieu, car je n’exclus pas d’écrire à nouveau ici, un jour ou l’autre.

Au revoir!