Archives mensuelles : janvier 2015

« è normale, è normale »

Dans son dernier article, Koztoujours défend les propos que le pape a tenus suite à la tuerie de Charlie Hebdo. Le texte qui suit est une réaction à certaines des idées qu’il développe.
Tout d’abord, vous pouvez découvrir ici les propos du pape.

Koztoujours écrit :
La position chrétienne que développe le pape est celle de l’articulation entre la liberté et la responsabilité, quand précisément Charlie Hebdo revendique en Une d’être un « journal irresponsable ». Ainsi le pape souligne-t-il que, si la violence est inacceptable, la réalité du monde est telle qu’elle ne peut surprendre.

Dans le cas qui nous intéresse, ne vaudrait-il pas mieux remplacer « la réalité du monde » par « la réalité de l’islam » ? Car, soyons sérieux, d’éventuels actes de violence répondant à des caricatures de Jésus ou de Bouddha surprendrait beaucoup de monde, il me semble.

Koz continue :
Nulle caution à la violence. Mais se défausser sur celui qui est violent, lorsque l’on porte atteinte à ce qui est sacré pour lui (que ce soit sa mère ou sa foi), joint la facilité à l’irresponsabilité

Le problème c’est qu’on a l’impression que la frontière entre la responsabilité et l’irresponsabilité, ainsi que celle entre la réponse non-violente et la réponse violente est beaucoup plus vite franchie quand il s’agit de l’islam que quand il s’agit du christianisme.

Koz ajoute :
A ce stade, il m’a été opposé ce qui est désormais entré dans notre prêt-à-penser collectif : ce serait comme reprocher son viol à la fille court-vêtue. Raisonnement par l’absurde pour raisonnement par l’absurde, je tiens que ce serait davantage comparable au fait pour quelqu’un d’envoyer, de nuit, cette fille, nue, dans un quartier glauque, et de décliner toute responsabilité quand lui arrive un pépin.

Pour reprendre l’image de Koztoujours, il est irresponsable d’envoyer sa fille de dix-huit ans, nue, à une heure du matin, dans un bistrot où des hommes ont picolé toute la soirée. Faire un truc pareil serait irresponsable aujourd’hui, mais ça l’était déjà en 1950 ou au XIXe siècle. C’est une chose à ne pas faire et on l’accepte car c’est une donnée de l’existence, ça a toujours été et ça sera toujours ainsi.
deborahandco3Par contre, certaines choses n’ont pas toujours été ainsi. L’arrivée massive en France d’immigrés africains, en grande partie musulmans, a, dans certains domaines, conduit à un important déplacement de la frontière entre ce que l’on peut faire et ne pas faire et ce que l’on peut dire et ne pas dire. C’est cela qui pose problème, bien au-delà de la seule question des caricatures de Charlie Hebdo.
Par exemple, aujourd’hui, il y a de nombreux endroits en France où l’on ne peut plus envoyer sa fille de dix-huit ans, en pleine journée, habillée comme sur la photo ci-contre. Ce serait irresponsable de le faire. La vue de ses cheveux, de sa jupe colorée, de ses mollets peut-être, serait une offense inacceptable faite à la foi et aux convictions religieuses de certains. Or « on ne peut pas provoquer, on ne peut pas insulter la foi des autres, car toutes les religions ont leur dignité. D’ailleurs, si M. Gasbarri, mon grand ami, met une jupe, je lui saute dessus… è normale, è normale ».

Personne ne conteste que certains actes, certaines paroles, sont susceptibles d’entrainer des réactions violentes et que, par conséquent, poser ces actes, prononcer ces paroles, peut être, à juste titre, considéré comme irresponsable. Mais ce n’est pas le sujet. Le sujet, c’est que des actes et des paroles que l’on n’aurait jamais qualifiés d’irresponsables il y a trente, cinquante, ou cent ans peuvent maintenant être perçus comme tels.
Je me demande jusqu’à quel point il faudra que la limite qui marque le début de l’irresponsabilité et de la violence s’approche de Koztoujours pour qu’il cesse de défendre le pape et son déjà fameux « è normale, è normale ».

Le Christ ou le Chaos

J’ai finalement trouvé une idée de titre pour mon blog. Bienvenue sur Le Christ ou le Chaos. L’avantage de ce titre c’est que si un lecteur ne retenait rien de son passage ici à part les cinq mots qui le constituent, il aurait retenu l’essentiel. Ce titre formule de façon explicite le choix fondamental que nous avons à faire, aussi bien individuellement que collectivement. Le rejet du Christ a mené, mène et mènera, qu’on le veuille ou non, au chaos. J’ai bien conscience qu’il ne suffit pas de le voir écrit pour en être convaincu. Mais bon, qui peut nier qu’à mesure que nous avons placé nos espoirs de salut dans le progrès matériel et non plus en Dieu, nous avons sombré dans le chaos généralisé (familial, politique, sexuel, économique, racial, intellectuel, écologique, spirituel, etc.) Quoi qu’il en soit, les musulmans, dont la présence et l’agitation sont un aspect du chaos, sont là pour nous forcer la main. Ils gagneront face à des Européens athées, quelle que soit l’avance technologique de ces derniers. Ils perdront, comme ils ont toujours perdu, face à des Européens chrétiens. C’est aussi simple que cela. On ne peut l’emporter sur une secte à grand succès, telle que l’islam, lorsqu’on ne croit en rien. Et puisqu’il faut croire en quelque chose, autant que ce soit quelque chose de vrai. L’heure est au retour du fils prodigue.

Seigneur prends pitié.