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« Le monde a changé Éric »

Dégonflé« Le monde a changé Éric. » Les interlocuteurs d’Éric Zemmour sont convaincus que ces quelques mots suffisent à discréditer les idées développées dans son dernier ouvrage : Le Suicide français. Selon eux, puisque « le monde a changé », il ne faut pas s’opposer au changement qu’ils appellent « progrès ». Par exemple, ils justifient que l’on change le mariage en affirmant que « le monde a changé ». Même en supposant que le monde ait effectivement changé, on a bien du mal à saisir la logique qui se cache derrière leur raisonnement. Un changement ne pourrait donc qu’en appeler d’autres ? Quand s’arrête-t-on de changer dans ce cas là ? Mais plutôt que d’essayer de comprendre un raisonnement qui n’existe probablement pas, demandons nous si le monde a vraiment changé, comme on nous le serine à longueur de temps. Le soleil a-t-il cessé de brûler ? Les oiseaux ont-ils arrêté de chanter ? L’automne a-t-il cessé de succéder à l’été ? On pourrait poser une infinité de questions de ce type dont la réponse serait systématiquement négative. On ne voit donc pas très bien en quoi le monde a changé. Ce n’est certainement pas à celui qui dit que « le monde a changé » qu’il faut demander des explications sur le sens de cette phrase, car il est bien le dernier à pouvoir en donner. Et pourtant il ne doute pas de son affirmation. Voici pourquoi.

Nous vivons dans un monde recouvert de plastique, de béton, de goudron, de tôle et de verre, c’est à dire, soit de matériaux nouveaux, soit de matériaux autrefois rares qui tapissent désormais notre environnement du sol au plafond. Le décor qui entoure les hommes a fondamentalement changé. L’habitacle d’une voiture est un bon exemple d’espace entièrement nouveau, sans aucun rapport avec ceux qu’occupaient les hommes autrefois. Faites le compte, autour de vous, des éléments de décor qui pourraient être utilisés dans une reconstitution historique de la France d’antan (celle de 1950, de 1900, de 1800 ou de n’importe quelle autre époque). Vous voyez bien que le décor a changé de fond en comble, en très peu de temps. Au contraire, jusque récemment, il était toujours resté à peu près le même.
Comme le décor dans lequel nous vivons n’a strictement rien à voir avec celui dans lequel vivaient nos ancêtres, nous sommes portés à croire que notre monde n’a rien à voir avec le leur, qu’il s’agit de deux réalités complètement déconnectées l’une de l’autre. Aussi longtemps que les hommes se sentaient proches de leurs ancêtres, ils avaient naturellement tendance à les imiter, à s’inspirer d’eux, à les prendre pour référence. A cause du changement de décor, cette propension à l’imitation a disparu. De plus, nous sommes aisément persuadés qu’en un monde qui n’a rien de commun, croyons-nous, avec celui d’autrefois, il ne faut rien faire comme autrefois. Dès lors, quelles idées, quels principes, quelles forces reste-t-il pour nous guider ? Dans un premier temps un certain bon sens subsiste, mais petit à petit, il est entièrement éliminé par un orgueil sans limite qui détruit tout en hurlant « le monde a changé, le monde a changé ».
Le monde n’a pas changé. Seul le décor, l’apparence ont changé. Grattez la couche superficielle de plastique dont tout a été recouvert et vous retrouverez le monde tel qu’il a toujours été.

Nous voyant entourés de plastique, nous pensons que le monde d’aujourd’hui n’a rien à voir avec celui d’hier. Nous estimons que cela justifie de faire exactement le contraire de ce que faisaient nos ancêtres. Nous oublions que la quasi totalité des hommes qui ont apporté une contribution décisive à la science, sans qui notre « rêve en plastique » n’aurait jamais vu le jour, étaient des enfants du monde d’autrefois. Pour s’en souvenir il suffit d’évoquer quelques noms : Pascal, Torricelli, Lavoisier, Descartes, Poincaré, Ampère, Gay-Lussac… C’est bien d’un monde homogène racialement, chrétien, patriarcal, hiérarchique, élitiste, tout ce que déteste le progressisme, que sont sortis les « pères » du plastique.
Nous faisons tout pour abattre l’arbre de la civilisation chrétienne et européenne, sans réaliser que la branche en plastique sur laquelle nous sommes assis fait partie de la ramure de cet arbre. Il faut nous souhaiter une bonne réception, car la chute va être violente.

L’Agonie spirituelle des Européens

C’est à la fois fascinant et terrifiant d’observer la mort spirituelle progressive des Européens. Elle est manifestée par l’évolution historique de la musique, de la peinture, du cinéma, des modes vestimentaires, de l’architecture et de tout le reste. Depuis des siècles, nous n’avons pas cessé de descendre la pente qui mène en enfer. Notre vanité, notre matérialisme grandissant ont étouffé nos âmes jusqu’à faire de nous des cadavres (pas encore au sens biologique, mais aux sens spirituel et intellectuel). Au XXe siècle, jamais ce processus ne s’est inversé et parfois il s’est accéléré, notamment à cause des guerres mondiales.
C’est un sujet sur lequel les grands discours sont inutiles, il suffit d’observer autour de nous. Si nous n’avons pas la possibilité de rencontrer en personne nos ancêtres un peu éloignés, nous pouvons, en revanche, apprendre à les connaître en étant attentifs à ce qu’ils nous ont laissé.

J’ai la conviction intime que jamais un bourgeois du XIXe siècle, patron d’industrie, n’aurait accepté de travailler quotidiennement dans ce genre d’endroit :

Usine_XXI

Il aurait refusé de mettre les pieds dans un lieux pareil parce qu’il l’aurait trouvé monstrueux et inhumain. Il aurait été extrêmement mal à l’aise rien qu’en apercevant ce cube en tôle et, évidemment, jamais il n’aurait fait construire lui-même une telle abomination. Le rejet viscéral de ces « locaux professionnels » aurait été chez lui un cri de l’âme. Une âme encore vivante. Abimée, corrompue, mais vivante.

Notre bourgeois du XIXe siècle, de son côté, dirigeait une usine ou un atelier qui ressemblait à cela :

Usine_XIX

Faites abstraction des voitures, des volets et des montants de fenêtre blancs, ils ne sont pas d’époque. Observez plutôt le travail d’alternance des couleurs, les fenêtre basses et hautes surmontées d’arcs, eux-mêmes agrémentés de clés d’arc en pierre de taille. Appréciez les ouvertures circulaires et les incrustations de pierres blanches sous la plupart des fenêtres. Enfin, profitez du relief général de la façade et de tous ces détails qui ne répondent ni à un besoin pratique, ni à une logique économique, mais uniquement à une exigence esthétique. Cette exigence prend sa source dans l’âme, elle manifeste que celle-ci est encore vivante.

Il ne s’agit surtout pas d’idéaliser le XIXe siècle. Les hommes de ce temps-là étaient déjà engagés dans la pente qui aboutit là où nous sommes. Ils la dévalaient à bonne allure, mais les âmes n’étaient pas encore totalement tombées en ruines. Peut-être que s’ils avaient pu voir à quoi aboutirait le chemin qu’ils suivaient, horrifiés, ils auraient fait demi-tour.

Un dernier mot pour ceux qui pensent que le sujet abordé dans cet article n’est que secondaire. Qu’il sache bien qu’un peuple vivant jours et nuits dans des cubes en béton et en tôle ondulée, ne peut que se laisser envahir par quinze millions d’Africains, tout en avortant dix millions de ses propres enfants. Cela aussi est une conséquence inéluctable de notre mort spirituelle.

La vie urbaine et ses conséquences

Cet article fait partie d’une série qui a été introduite ici. Néanmoins, il peut tout à fait être lu de façon indépendante.
 
La_DefenseUne ville c’est un morceau de la Terre qui a été recouvert d’une couche hermétique de béton et de goudron. C’est un espace de plusieurs milliers d’hectares qui a été entièrement aménagé par et pour l’homme. C’est un lieu où une création purement humaine a remplacé la Création. Il y a bien quelques arbres ici ou là, dans nos villes. Il est vrai que par endroits on a jugé bon de découper un morceau de bitume de deux mètres sur deux pour planter un arbre. Parfois, il y a même plusieurs arbres les uns à côtés des autres, on appelle cela un « espace vert ». Leur existence prouve que le citadin est encore un petit peu humain, malgré tout. Mais ces arbres sont en sursis, ils ne sont là que par la volonté des hommes et seront abattus dès que ceux-ci décideront d’aménager une place de parking supplémentaire, ou un canisite. La ville c’est donc cela : un espace d’où la Création a été éliminée, intégralement. Enfin pas tout à fait, il reste tout de même un morceau de Création dans le champ de vision de l’homme urbain : le ciel. Encore faut-il que celui-ci soit visible et non masqué par un nuage de pollution permanent. Par ailleurs, lorsque les rues deviennent étroites et les immeubles s’élèvent, le citadin, comme si on le descendait au fond d’un puits, voit le ciel se réduire à une minuscule tache bleue. Même quand il est visible, on peut se demander si les habitants des villes accordent beaucoup d’attention au ciel. A part en reflet dans l’écran de leur smartphone, leur arrive-t-il de le voir ? De temps à autre, la Création se rappelle au bon souvenir des citadins, lorsqu’une bonne pluie se met à tomber, ou un orage à gronder. En général, ils n’apprécient pas cela, ce qui est compréhensible puisque la météo est l’une des rares choses, en ville, qui ne soit pas sous contrôle. Tout le reste a été aménagé pour le bon plaisir des habitants, on comprend donc qu’ils pestent contre le « mauvais » temps lorsqu’il s’autorise à humidifier leur après-midi shopping.

Tout ce dont il a été question jusque là n’a rien de neuf, les villes existent depuis des millénaires. Ce qui est nouveau en revanche, c’est que plus de 80% de la population vit en zone urbaine. C’est l’une des caractéristiques de la France moderne : vivre en ville est normal, vivre au milieu de la Création (c’est à dire à la campagne) est exceptionnel. Cette situation inédite influe sur la vision du monde des Français.
Comme Dieu se manifeste via la Création, lorsque l’homme ne vit plus au contact de cette dernière, il se coupe de Dieu et finit par l’oublier. La perte généralisée de la Foi chrétienne et l’exode rural ne sont pas sans rapport.
Une ville est l’œuvre des hommes, du trottoir jusqu’aux faîtes des toits que dépasse rarement le regard de leurs habitants. Ceux-ci vivent dans un monde entièrement façonné par l’homme, pour l’homme, selon ses besoins, ses envies, son bon vouloir. La ville est le lieu d’une apparente toute puissance humaine. Elle laisse penser qu’il suffit de vouloir quelque chose pour l’obtenir. Un parking sous-terrain de sept niveaux, une place pavée agrémentée de fontaines, un immeuble de bureau de dix, de vingt de cinquante étages, rien n’est impossible. L’espace peut être réaménagé, à l’infini, selon notre volonté. Evidemment, ce sentiment qu’a le citadin d’être lui-même le Créateur, indépendant de toute contrainte, d’être celui qui fixe les règles du jeu, n’est qu’une illusion. Rappelons qu’en effet, les lois de la physique s’appliquent en ville comme ailleurs et qu’il n’est pas question de les contourner. Par ailleurs, les matériaux dont sont faites les villes sont tous issus de la Création divine, l’homme s’est contenté de les transformer. Enfin, les techniques de construction modernes qui rendent les bâtisseurs de villes si orgueilleux n’auraient pas vu le jour si l’Europe n’avait pas été irriguée spirituellement par des siècles de christianisme. Ce dernier point, encore plus que les deux précédents, échappe complètement au citadin qui se retrouve très vite intoxiqué par la vie en ville : elle le persuade de la toute puissance du vouloir humain. La croyance en un homme équivalent du démiurge dépasse largement le cadre de l’urbanisme. Le citadin en vient à penser que, dans tous les domaines, il suffit de vouloir pour obtenir. Pourquoi un homme ne pourrait-il pas être une femme, si c’est ce qu’il veut ? Pourquoi deux homosexuels ne pourraient-ils pas avoir un enfant, si telle est leur volonté ? Pourquoi les noirs et les blancs, les chrétiens et les musulmans ne pourraient-ils pas vivre dans le même pays et bien s’entendre, puisque nous voulons qu’il en soit ainsi ? Le progressisme sociétal (la folie) prolifère en ville en raison de l’état d’esprit induit par la vie urbaine. Ce n’est pas un hasard si les délires progressistes naissent systématiquement dans les grandes villes et jamais dans le monde rural.

Les illusions du monde moderne : la richesse

Cet texte fait partie d’une série dont l’article introductif se trouve ici.

NB : Dans l’article qui suit, le mot « richesse » désigne les biens matériels auxquels les gens, en général, attachent de l’importance, accordent de la valeur. A l’époque contemporaine, un lave-vaisselle est une forme de richesse. Au moyen-âge, un bac en bois pour laver le linge était une forme de richesse.

Il y a quelque temps, j’ai travaillé comme intérimaire dans une entreprise de pose de portes et fenêtres. Mon collègue et moi, nous arrivions en début de semaine chez un client, dont la maison était équipée d’un simple vitrage vieillot. A la fin de la semaine, quand nous repartions définitivement, tous les ouvrants avaient été remplacés et étaient munis d’un double, voire d’un triple vitrage. D’une maison chaude l’été, froide l’hiver, impossible à chauffer et envahie par les bruits de la rue, nous avions fait un havre de paix et de confort. Mais, ça n’avait pas été sans mal. Il avait fallut démolir, suer, aspirer, porter, découper, soulever, visser, coller, transpirer, ajuster, nettoyer, étanchéifier, faire briller et recommencer autant de fois qu’il y avait de fenêtre. Poser des fenêtres m’a permis de bien réaliser que la présence dans un logement d’un élément de confort, comme le double vitrage, est le résultat d’un effort conséquent. En exerçant ce métier, dans lequel le lien entre le travail fourni et son résultat concret est direct, j’ai pris pleinement conscience d’une réalité éternelle : la richesse est le fruit du travail des hommes et sans travail il n’y a pas de richesse.
Les artisans, tels que les plombiers ou les menuisiers, font encore une activité humaine, parce qu’ils voient le résultat de leur travail, mais aussi parce que ce résultat peut raisonnablement être qualifié d’utile (il constitue donc une richesse authentique, contrairement à un maillot officiel Benzema à 110€). Mais à part eux et quelques autres, qui aujourd’hui peut dire que la richesse produite dans le cadre de son activité professionnelle est immédiatement visible. En fait, souvent, même en cherchant bien, on peine à en trouver la trace. Il ne s’agit pas de dire qu’aucune richesse n’est produite, mais qu’il est souvent impossible d’établir un lien, autre que très abstrait, entre le travail d’une personne et une production de richesse effective. C’est lié à la complexité sur le plan économique des sociétés occidentales modernes, qui est l’aboutissement de siècles de progrès techniques. Ces derniers ont transformés une économie simple, dans laquelle 80% des gens travaillaient la terre, en une économie diversifiée à l’extrême, produisant des biens complexes requérant l’intervention d’une multitude d’acteurs intermédiaires hyperspécialisés.
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L’Éclipse du réel : terreau des idées fausses

LAS VEGASLa discussion rationnelle et argumentée est finalement assez impuissante à faire changer d’opinion un interlocuteur. Il y a heureusement des exceptions et on peut parfois contribuer à faire évoluer une personne d’une idée I à une idée J. Il est assez naturel, en revanche, que le passage d’une idée I à une idée O ne puisse pas se faire en une seule fois. Il est nécessaire de passer par les étapes intermédiaires J, K, L, M et N et cela prend un certain temps. Une personne qui évoluerait directement de I à O verrait « son monde » s’effondrer brutalement et c’est, en général, plus que ce qu’un homme peut supporter. Un changement d’opinion rapide et radical est probablement impossible en dehors du contexte d’événements exceptionnels, tels qu’une grave maladie, ou une guerre.
Si toute remise en question requiert un certain temps, il n’en faut pas moins distinguer les personnes évolutives sur le plan des opinions, de celles qui semblent êtres complètement figées dans leurs idées. Pour ces-dernières il n’est pas question de passer de I à J, même lentement. Cela tient au fait qu’elles défendent les idées qui leur permettent de se sentir bien ou importantes, sans être plus que cela préoccupées par la vérité (bien qu’elles prétendent le contraire). La remise en question de leurs idées mettrait en péril leur bien-être, c’est pourquoi, ces personnes feront tout pour l’éviter, y compris débrancher leur cerveau lorsqu’on leur présente des arguments imparables.
Il est probable que l’âge joue un rôle dans la faculté à évoluer sur le plan des opinions. N’est-il pas plus facile de remettre en question sa vision du monde quand on a vingt-cinq ans que quand on en a cinquante ? Dans le second cas, cela revient à admettre que l’on s’est trompé toute sa vie, ce qui demande beaucoup d’humilité. Lorsque j’avais vingt ans, en voyant tous ces journalistes et ces personnalités du showbiz réciter leur catéchisme gauchiste à la télé, j’ai compris qu’ils défendaient les idées de leur jeunesse, dont ils ne pouvaient plus se défaire, à moins de reconnaître avoir fait fausse route pendant des décennies, ce que leur orgueil n’aurait pas pu supporter. En d’autres termes, ils étaient gauchistes et condamnés à l’être. Ils ne pouvaient pas revenir à la raison parce qu’ils n’avaient pas l’humilité requise pour admettre, du haut de leurs quarante, cinquante ou soixante ans, qu’ils avaient dit et fait n’importe quoi, tout au long de leur vie. Beaucoup de choses se jouent dans les premières années de la vie intellectuelle d’un homme. A ce stade, il n’est pas encore sous l’emprise d’un orgueil qui l’oblige à tenir pour vraies les idées qu’il a défendues la veille (car la veille, il n’avait pas encore d’idée). Bien entendu, il subit d’autres influences, celle du groupe notamment. Par ailleurs, il est souvent d’avantage intéressé par le sentiment de bien-être et de supériorité que peuvent lui donner certaines idées, que par la recherche authentique de la vérité. Toutefois, les jeunes années offrent une liberté que l’on perd une fois que l’on s’est aventuré dans une voie intellectuelle, car on a toujours tendance à persévérer dans une voie dans laquelle on s’est engagé, surtout si elle est mauvaise, et on s’acharne d’autant plus à y rester et à la défendre qu’on est dedans depuis longtemps. Les soixante-huitards sont la tragique illustration de ce phénomène. Il faut veiller à ne pas se tromper quand on est jeune, à bien réfléchir avant de se lancer dans une direction, car remonter la pente, une fois qu’on l’a dévalée, n’est pas chose facile.

Notre but est évidemment de convertir un maximum de gens à nos vues dans l’espoir de sauver la France, l’Europe et le Monde. Malheureusement, comme nous l’avons vu, cette stratégie n’est pas très efficace. Entre les personnes dont les idées évoluent, mais très lentement, et celles chez qui elles sont immuables en raison d’un manque d’intérêt pour la vérité et/ou d’un âge trop avancé, la discussion n’est pas très rentable.
En fait, un développement rationnel, aussi solide soit-il, est loin de valoir la sentence du réel quand il s’agit de convaincre quelqu’un. Nous avons tous appris qu’il ne faut pas toucher une plaque de cuisson en y posant la main, une fois, et en nous brûlant, n’est-ce pas ? Personne n’a jamais admis que toucher une plaque chaude est dangereux après avoir reçu un cours sur les transferts thermiques et le système nerveux par un professeur agrégé.
Les grandes questions autour desquels les bloggeurs et les cyber-commentateurs se disputent seront tranchées de la même façon : par le réel. Ou plutôt devrais-je dire, tranchées, elles le sont déjà, pour qui parvient à percevoir le réel. Car la difficultés est bien là : voir le réel tel qu’il est, malgré l’extraordinaire pouvoir de distorsion du monde moderne. La société occidentale contemporaine, comme toutes les sociétés avancées, entoure le réel d’un épais voile d’illusions. Et j’ai bien peur que de nombreuses positions que l’on voit défendues dans les débats, ici et là, découlent de l’incapacité de leurs auteurs à percer ce voile. Leurs idées ne s’enracinent donc pas dans le réel, mais dans la perception fausse qu’ils en ont. Par conséquent, ces idées sont elles-mêmes fausses.
LasVegas_ComeBackSoonIl s’agit de préciser en quoi la société moderne produit des illusions qui masquent le réel et trompent beaucoup de gens, y compris des personnes de bonne volonté. Je vais vous présenter une série d’exemples concrets de ce phénomène par lequel le monde contemporain escamote le réel derrière une façade factice, mais trompeuse. Chaque exemple fera l’objet d’un article ultérieur. Come back soon !