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Les Enfants et le divorce

Les adultes sont experts dans l’art de se mentir. Constamment, ils se racontent des histoires afin de donner aux évènements le sens qui les arrange, qui les rassure, ou qui les flatte. Mais comme le rappelait le meilleur slogan de la Manif pour Tous, « on ne ment pas aux enfants ». Il est vrai que même si c’est à un niveau subconscient, même s’ils sont rarement en mesure de verbaliser ce qu’ils perçoivent et ressentent, les enfants ne sont pas dupes des mensonges et de l’hypocrisie des adultes. Le sens véritable du théâtre humain dans lequel ils grandissent ne leur échappe en aucun cas. Il faut dire que l’âme tendre de ces petits êtres n’a pas encore disparu sous cette croûte de mensonges accumulés, qui est à la fois une protection et une prison pour l’âme des adultes. Du moins de ceux qui préfèrent une relative sensation de confort à la vérité et dont la vie n’est guidée que par un unique principe : la fuite devant toute espèce de souffrance. L’âme des enfants accède donc naturellement au sens objectif des événements auxquels ils sont livrés. Parmi eux : le divorce. Nous autres, fieffés menteurs d’âge adulte, il nous faut réfléchir et raisonner pour appréhender le divorce dans sa réalité, telle que la ressent instinctivement l’enfant. Alors raisonnons.

Un homme et une femme se marient ensemble et ont des enfants ensemble pour les mêmes raisons. Ils estiment avoir rencontré la personne avec qui ils veulent fonder une famille. Le divorce ne peut vouloir signifier qu’une seule chose : il y a eu erreur. Les époux se sont trompés. Ils ont mal évalué l’autre. Il n’était pas la bonne personne finalement. S’ils avaient su, ils n’auraient pas commis pareille erreur. Ce sens là du divorce, les adultes veulent bien l’admettre. On les voit moins souvent reconnaître une réalité pourtant simple : si se marier avec lui ou elle était une erreur, forcément, avoir des enfants avec lui ou elle en était une aussi. Les enfants dès lors ne sont plus le fruit de l’amour mais celui d’une méprise. Si les parents avaient su, ils ne les auraient pas eu. Cette réalité, les adultes ne veulent pas la voir. Les enfants, par contre, la prenne en plein cœur et ne sortent pas indemne du cataclysme existentiel qu’elle représente.

Les époux peuvent être séparés, les gamètes, une fois qu’elles ont fusionné, ne peuvent pas l’être. Qui sait ce qu’il se passerait dans le cas contraire ?
Suite à un divorce, l’enfant, s’il n’est pas coupé en deux physiquement, n’en subit pas moins un déchirement intérieur. En effet, un enfant n’est à l’image ni de son père, ni de sa mère, il est à l’image du couple parental. L’harmonie de son âme est directement en lien avec l’harmonie de la relation conjugale. Le divorce se situe aux antipodes de l’harmonie. Il est le résultat de la plus extrême absence d’harmonie et il marque la fin de tout espoir en la possibilité de l’harmonie.
Mais avant le divorce, le défaut d’harmonie conjugale peut se manifester de bien d’autres façons. Par une dispute par exemple. Ce serait une grave erreur de croire qu’être témoin d’une dispute entre leurs parents est pour des enfants simplement désagréable, comme il peut l’être pour chacun d’entre nous d’assister à une dispute au sein d’un couple d’amis, chez qui nous sommes invités à dîner. Une dispute parentale pose toujours un problème d’ordre existentiel aux enfants. Ce n’est pas juste l’ambiance le temps d’un repas ou d’une après-midi qui est altérée négativement, c’est aussi l’harmonie intérieure des enfants, leur confiance en eux et en la vie qui sont mises à mal.
Passons en revue l’un ou l’autre exemple. Lorsqu’une mère manifeste du mépris à l’encontre de son mari, son fils, qui naturellement s’identifie à son père, prend ce mépris pour lui. Il en conçoit l’idée qu’il est méprisable et que les filles, que sa mère représente symboliquement, le mépriseront à juste titre. Cela le conduira simultanément à craindre leur jugement à l’excès et à chercher avidement leur approbation, afin d’apaiser la blessure infligée par la mère via le père. Cette situation est sans issue car, ainsi que l’a noté Stendhal, « on a de talent et de force auprès des femmes qu’autant qu’on met à les avoir exactement le même intérêt qu’à une partie de billard ». Vu l’impasse dans laquelle est engagé notre jeune homme, on comprend qu’il risque de sombrer dans l’addiction à la pornographie ou au sexe tarifé.
Autre exemple. Si un père ne montre jamais qu’il apprécie les charmes de sa femme et fait, au contraire, régulièrement, des remarques désobligeantes sur son apparence ou son tour de taille, sa fille, qui s’identifie naturellement à sa mère, finit par être persuadée qu’elle n’a aucun pouvoir de séduction. Elle se trouvera toujours trop grosse, laide, mal-proportionnée, ridicule et sera convaincue que les garçons, que son père représente symboliquement, se moqueront d’elle à juste titre. Cela la conduira simultanément à craindre leur regard et à chercher avidement leur approbation, dans l’espoir de soigner la blessure infligée par le père via la mère. Cette situation pourra soit la conduire à s’habiller comme un sac et à manger des sucreries dans son coin, soit donner lieu à une surenchère à base de tenues pornographiques et de maquillage excessif. Étaler un demi centimètre de Nutella sur une tartine ou la même épaisseur de fond de teint sur son visage, voilà les alternatives qui s’offrent à elle. Malheureusement, quelle que soit la fréquence et la qualité des marques d’approbation dont fera l’objet cette jeune femme, elles ne lui permettront pas d’acquérir cette harmonie intérieure dont elle a été privée par l’attitude de ses parents. En effet, le sentiment qu’elle a d’être condamnée au rejet universel, en raison d’une apparence qu’elle croit repoussante, est profondément ancré en elle. Cette idée lui a tant de fois été suggérée, indirectement, pas le comportement de son père vis-à-vis de sa mère, que l’idée contraire ne parvient pas à prendre forme en elle, quoi qu’il arrive. Ainsi, lorsqu’un jeune homme lui témoigne de l’intérêt, ce n’est pas, selon elle, la preuve qu’elle est séduisante, non, cela prouve que ce jeune homme est un pauvre type, probablement désespéré. Sinon pourquoi prêterait-il attention à un laideron, à une grosse dinde sans intérêt, se demande la jeune fille.

Aimer n’est pas un affect passif, c’est une attitude active de recherche du bien de l’autre et même du bien tout court, avec lequel il se confond. Affirmer que l’on aime est d’un intérêt douteux. Il ne faut pas affirmer, il faut aimer. Bien des mères croient pouvoir aimer leurs enfants sans aimer leur mari. C’est particulièrement vrai à l’heure du divorce de masse. Pourtant, comme l’a démontré cet article, tout déficit d’amour dans la relation parentale engendre le malheur des enfants. En dépit des affirmations du contraire, un enfant n’est aimé que dans la mesure où ses parents s’aiment mutuellement.
 
 
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Ce nouvel ordre familial qui nous met à la rue

François (Droite d’avant) a abordé la question de la baisse du pouvoir d’achat et de la pauvreté des travailleurs les plus modestes. Il en examine les causes et mentionne notamment l’explosion des prix de l’immobilier. Selon lui, ce dernier phénomène s’explique par les facteurs suivants :

• la hausse continue des normes de construction ;
• l’expansion délirante des droits des locataires (avec la cerise Duflot sur 40 ans de gâteau technocratique) qui bloque une partie du marché locatif ;
• la désaffection pour les logements communs de type immeuble pour les zones pavillonnaires (un des dégâts du « vivre-ensemble ») ;
• l’augmentation sans précédent de la population de France métropolitaine depuis la seconde guerre mondiale (39M d’habitants en 1947, 65M aujourd’hui…) qui pèse sur la demande de logement.

A ces quatre facteurs qui ont contribué à la hausse des prix de l’immobilier j’en ajouterais un, qui n’est jamais évoqué : le nouvel ordre familial.

Tout d’abord, il faut rappeler que les logements sont une ressource limitée, contrairement aux cafetières, par exemple. Si la demande de cafetières augmente, il suffit d’en produire d’avantage afin d’éviter la pénurie et la hausse des prix. Pour les logements ce n’est pas aussi facile. D’une part, tout le monde veut habiter au même endroit, ce qui est impossible car les villes sont déjà saturées. De plus, comme l’a mentionné François, il existe de nombreuses règlementations qui empêchent de construire comme on veut et où on veut. Par conséquent, en matière de logements, l’offre ne peut pas toujours suivre la demande. Une augmentation de cette dernière se traduit donc par une augmentation des prix.

Le nouvel ordre familial, dont je prétends qu’il contribue à la hausse du coût de l’immobilier, se caractérise entre autres choses par : des mariages tardifs, des divorces fréquents et des doubles salaires.

Le mariage tardif implique une période de célibat prolongée jusqu’à des âges avancés. Autrefois, monsieur et madame A occupaient un seul logement, désormais, monsieur A et mademoiselle B en occupent deux. Un jour, néanmoins, ils décident de se marier. Ils emménagent donc ensemble pour quelques années avant de divorcer, ce qui engendre à nouveau un doublement de la demande de logements.

Considérons une famille de type traditionnel. Monsieur est cadre supérieur dans un grand groupe. Madame ne travaille pas, car elle s’occupe des quatre enfants du couple. Pour loger sa famille, monsieur cherche un appartement ou une maison d’au moins 150m2. Malheureusement pour lui, sur ce type de biens, il est en concurrence avec des couples qui bénéficient d’un double salaire et qui ont peu d’enfants. Il peut s’agir, par exemple, de couples de médecins qui n’ont qu’un ou deux enfants. Ces derniers n’ont pas besoin d’un appartement énorme, mais ils ont largement les moyens de se payer ce luxe et ne s’en privent pas. Leur capacité d’investissement est largement supérieure à celle de notre père de famille nombreuse. Or le prix des logements de 150m2 est aligné sur le pouvoir d’achat immobilier de ces couples de médecins. En d’autres termes, le père de quatre enfants va devoir se rabattre sur des logements moins chers et donc plus petits. Tant pis, il « entassera » sa famille dans un appartement de seulement 110 ou 120m2. Le souci, c’est qu’un autre père de famille dans une situation similaire, mais avec un revenu 30% inférieur, envisageait justement d’emménager dans un logement de cette taille. Le pauvre homme, qui luttait déjà contre les couples de profs sans enfants et les pharmaciens divorcés, n’a d’autre choix que de revoir, lui aussi, ses ambitions à la baisse et d’opter pour un 3-4 pièces de 90m2.

D’une manière générale, une petite famille avec deux enfants et des revenus modestes espère emménager dans un 3 pièces de 70m2, au minimum. Mais dans le cadre du nouvel ordre familial, la concurrence pour ce type de logement est extrêmement rude. Ces appartements de taille moyenne sont littéralement squattés par les célibataires bac+5, et par les divorcés en tout genre. Là où quatre personnes pourraient vivre, il n’y en a qu’une qui occupe l’espace. La demande pour ces logements de 70m2 est considérable, or leur nombre est limité, donc les prix explosent et les gens qui en ont réellement besoin (les petites familles qui ne roulent pas sur l’or) ne peuvent pas se les offrir.
Sans doute avons-nous tous été témoin de l’occupation inadaptée de l’un ou l’autre bien immobilier. Pour ma part, je peux vous parler de ma voisine, divorcée, qui accapare un appartement de 90m2 qu’elle habite seule avec son fils unique. Bien entendu, son ex-mari doit faire la même chose de son côté, sauf que lui n’a même pas la charge de l’enfant.

Dans un monde où seuls les hommes ont un emploi salarié, il peut sembler avantageux d’avoir une femme qui travaille. En effet, dans un contexte ou les doubles salaires sont une exception, un couple d’ingénieurs pourra accéder à des biens immobiliers auxquels ne peut pas prétendre un ingénieur dont la femme est mère au foyer. Mais si les doubles salaires se généralisent, cet avantage disparaît. Un couple de médecin en 2014 n’est pas mieux logé qu’un médecin dont la femme ne travaillait pas en 1950. C’est lié au fait que les maisons et les appartements ne deviennent pas, comme par magie, deux fois plus spacieux et luxueux sous prétexte que les femmes investissent en masse le salariat. La seule caractéristique des logements qui change, c’est leur prix : il augmente. Bien entendu, les grandes perdantes dans cette affaire, ce sont les familles traditionnelles, mono-salaire.

Voici un diagramme récapitulatif des bouleversements impliqués par le nouvel ordre familial, d’un point de vue de l’immobilier. (Cliquez pour agrandir.)
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Théorie du genre, caddies et calvitie

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Grâce aux brillants « chercheurs » qui se consacrent aux questions de genre, nous savons désormais que l’homme et la femme ne sont que des constructions sociales. En fait, lorsqu’ils naissent les êtres humains ne sont guère que des contenants, tous identiques, entièrement vides et prêts à accueillir n’importe quel contenu. Un nouveau né n’a pas plus de substance propre qu’une bassine, qui peut tout aussi bien être remplie d’eau, de sable, d’urine, de noisettes que de whisky, de vomi, d’huile de vidange ou de tout cela à la fois.
Pour les théoriciens du genre, une personne, quel que soit sont sexe, est semblable à un caddie et la vie consiste à déambuler éternellement dans les allées d’un hypermarché, pour se remplir à sa guise des produits trouvés dans les rayons. Si certains des chariots à roulettes que nous sommes ont tendance à contenir d’avantage de produits de beauté et de magasines people que les autres, c’est uniquement parce que la pression sociale leur a barré la porte du rayon « bricolage ». Violence intolérable et sans fondement que cette oppression patriarcale, qui prétend nous faire croire que certains chariots seraient plus à leur aise dans l’allée « petite enfance » qu’au rayon « quincaillerie ». Il est plus qu’urgent de laisser les lumières des disciples de John Money, mettre à bas les entraves résiduelles, qui empêchent encore de s’auto-définir aussi librement, que l’on choisit ses articles au Carrefour de Villiers-en-Bière.

Non, il n’y a pas de raison que les femmes soient moins nombreuses dans les écoles d’ingénieurs, qu’elles soient moins représentées dans les clubs d’aéromodélisme, ou dans les unité d’élites de l’armée française. Tout cela n’est dû qu’à un carcan social artificiel qui les empêche encore de définir et de poursuivre librement leurs buts.
De même, qui peut encore croire, au XXIe siècle, que les femmes sont naturellement moins disposées à la calvitie que les hommes. Cet essentialisme, dont les relents évoquent les années trente (du XXe siècle), n’est pas tolérable dans une grande démocratie comme la nôtre. Si les femmes sont moins souvent chauves, c’est uniquement parce que dès l’enfance, on les incite à ne pas emprunter cette voie. On ne leur permet pas de s’identifier à des modèles de femmes chauves et on répète sans arrêt que la calvitie est une affaire d’homme. Mais au nom de quoi la moitié de l’humanité serait-elle maintenu à l’écart des joies de la couronne et du crâne d’œuf?
Dans le cadre du programme « tous égaux devant l’alopécie », les objectifs sont très clairs. D’ici quelques années il s’agit de monter à une proportion de 50% de femmes parmi les chauves. Cela se fera sans difficulté. Avec les « programmes » scolaires pourris et les bouquins « Maman, assume sans perruque » et « Barthez porte une robe » les cheveux des petites filles et de leurs mères ont dors et déjà commencé à tomber.
Grâce à un programme de déconditionnement, un certain nombres de femmes proches du pouvoir socialiste, ont dors et déjà pu se libérer des stéréotypes qu’on leur avait inculqués dans l’enfance. Les résultats sont spectaculaires et, osons le dire, très réussis.

C’est sur Ségolène Royal, que le reconditionnement a le moins bien fonctionné. On observe chez elle une féminité résiduelle qui se manifeste par des cheveux longs sur l’arrière du crâne. Néanmoins, quand on lui a fait remarquer l’échec partiel de sa requalification en tant qu’homme, elle a rétorqué qu’elle était très satisfaite de son nouveau look « Jean-Claude Dusse ».

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Sur Julie Gayet, le sex-friend du président, la méthode Peillon-Belkacem a fait des miracles : elle n’a plus un poil sur le caillou. Le résultat est tellement impressionnant que François Hollande, lui-même, s’y est trompé. Il a confié au magasine GQ, qu’en se réveillant un matin, il a cru qu’Alain Soral dormait à ses côtés.

Gayet_Chauve

Enfin, Najat Vallaud-Belkacem est très fière d’avoir surmonté sa peur des préjugés et de s’être imposée dans un monde d’homme : celui des chauves. Il paraît que suite à sa métamorphose, sa crédibilité en tant que ministre a beaucoup progressé. Par ailleurs elle ne fait plus l’objet de « harcèlement de rue », avis aux amatrices. Enfin, elle a vu s’ouvrir devant elle de nouvelles perspectives, puisque le cirque Zavatta lui a proposé de participer à un spectacle.

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La Nouvelle Vieillesse

TransmissionDans cette publicité pour la révolution digitale d’Orange, un vieillard explique à son arrière-petit-fils âgé d’un an à quoi lui serviront ses dix doigts quand il sera plus grand. Cette pub est non seulement dérangeante, comme le remarquait mariejoloiseau, mais elle est aussi parfaitement ridicule, dans la mesure où elle fait jouer au vieillard un rôle qui est aux antipodes de celui dévolu aux personnes âgées dans le monde moderne.

En dépit des avancées de la médecine permettant de vivre dans un état physique satisfaisant pendant longtemps et des progrès technologiques facilitant la vie des personnes affaiblies, vieillir n’a jamais été une expérience aussi nulle que ces derniers temps.

La vieillesse est le dernier âge de la vie qui peut être décomposée en trois phases :
– D’abord l’enfance, qui est une période d’apprentissage et de formation ;
– Puis l’âge adulte, au cours duquel on investit ce qui a été appris pendant l’enfance de façon productive, en ayant des enfants et en travaillant ;
– Enfin le grand âge, qui n’est pas un temps pour apprendre, ni pour être particulièrement productif sur le plan matériel. Traditionnellement, il est consacré à la transmission du savoir-faire et de la sagesse accumulés au fil des années.

Mais la modernité a profondément changé cette ultime phase de l’existence terrestre. Elle l’a amputée de tout ce qui faisait son utilité, son intérêt et sa noblesse.

La transmission d’une génération à l’autre suppose qu’il y ait une continuité entre elles, que les vies qui se succèdent soient conçues comme les maillons d’une même chaîne, qu’un sentiment collectif existe. Il faut qu’une réalité supérieure unisse les existences des uns et des autres. Quelque chose qui ne prend pas fin avec la mort de l’individu et à laquelle chacun appartient et contribue. Lorsque les hommes ont conscience d’être sur un même bateau, chacun occupe son poste. Les anciens donnent les instructions et dispensent leurs conseils, parce qu’ils aiment leur descendants et le navire qui les transporte. Ils ne veulent pas le voir se perdre en mer avec ses occupants. De son côté la jeunesse sait bien qu’elle serait incapable de gouverner seule le bâtiment. Sans écouter les vieux loups de mer, elle ne pourrait le mener à bon port ou survivre aux tempêtes. Elle est reconnaissante et respectueuse envers les anciens pour leur apport indispensable.

Mais depuis quelques temps, l’équipage a abandonné le navire. Chacun de ses membres a pris place dans un canot individuel. Aucun n’a su résister à la tentation que représentaient la « liberté » et l’autonomie. Désormais, les gens naviguent au gré de leurs fantaisies. Un océan les sépare et seule la satisfaction égoïste de besoins momentanés motive les contacts interpersonnels. Dans ce contexte, la transmission intergénérationnelle n’a plus aucun sens.

Mais l’individualisme n’est pas le seul facteur ayant conduit à la modification profonde de la place des vieillards dans la société. Les « progrès » toujours plus rapide des techniques et des technologies y ont contribué de façon considérable, eux aussi. Déjà il y a un siècle, les grands-pères, maîtres dans l’art d’atteler les bovins, n’avaient rien à transmettre à leurs petits-fils et successeurs qui venait de faire l’acquisition d’un tracteur agricole. Aujourd’hui, les papis ont beau jeu de savoir réparer les yeux fermés une Ami 6, leurs descendants ne savent même pas ce qui se cache sous cette sympathique appellation.

Certains domaines sont moins touchés, notamment la gastronomie. Les grands-mères sont encore louées pour leurs tartes, qui sont mangées avec plaisir. Mais rares sont les adolescentes intéressées par reprendre le flambeau de l’expertise pâtissière. Elles sont bien trop occupées à travailler leur thigh gap.
De même, les oiseaux n’ont pas changé depuis cinquante ans et le grand-père qui connaît leurs noms et les reconnait à leur chant espère intéresser son petit-fils par ce savoir. Malheureusement la cervelle de l’enfant est déjà monopolisée par le nom des… pokémons.

L’explosion de la technologie de ces dernières décennies a littéralement inversé la hiérarchie entre les personnes âgées et les jeunes. A présent Papi est le brave abruti qui change de chaine lorsqu’il veut monter le son de sa télé, quand il ne se perd pas carrément dans un labyrinthe de menus dont il ne sortira jamais. A chaque fois que vous rendez visite à Mamie, elle vous demande de régler son autoradio sur France Musique, fréquence qu’elle a perdue en voulant régler le chauffage. Et si par la même occasion vous pouviez lui mettre ses montres à l’heure d’été, parce qu’on est quand même le 4 Juillet. Ce sont donc les petits-enfants qui donnent les leçons désormais et c’est tout à fait inédit.

Ce n’est pas seulement la transmission dans les domaines directement liés aux révolutions technologiques qui a été coupée. Le « progrès » sociétal l’interdit aussi pour tout ce qui a trait aux mœurs. Imagine-t-on aujourd’hui une grand-mère conseiller sa petite fille sur le choix d’un époux ? Non et pourtant elle aurait sans doute des choses intéressantes à lui dire, comme par exemple qu’un bon mari sera sans doute plus intéressé par sa capacité à faire des tartes que par son thigh gap.

A présent que la vieillesse a perdu son rôle spécifique lié à la transmission, être vieux c’est comme être jeune, mais en moins bien. On est faible au lieu d’être fort, on est moche au lieu d’être beau, on est déclinant plutôt que d’avoir l’avenir devant soi. Que reste-t-il aux personnes âgées ? La possibilité de se la couler douce en étant payé, ce qui ne fait que ressortir d’avantage la solitude d’une génération qui a très peu de petits-enfants. Pour certains, il y a le confort d’avoir de l’argent. Mais il n’est pas sûr que rouler dans une belle voiture (dont elle est incapable d’utiliser les trois quart des équipements) compense tout ce qu’a perdu la personne âgée.

Le culte de la jeunesse provient entre autre de cette dévaluation, inévitable dans le contexte moderne, de la vieillesse. Les jeans moulants et les ballerines sur les femmes de cinquante ans, la terreur de vieillir qu’on retrouve aussi chez les hommes en sont des conséquences.

Vierge folle ou vierge sage ?

S&TC

Les jeunes femmes aujourd’hui gèrent terriblement mal leur capital séduction. Comme ça a toujours été le cas, chacune d’entre elle reçoit une dose de charme. Celle-ci est variable d’une personne à l’autre, mais elle est presque toujours suffisante pour les besoins de son existence. A condition que ce bien ne soit pas dilapidé, il permet à la femme de trouver un homme qui lui est assorti.

Les hommes aussi reçoivent un capital à faire valoir auprès des femmes. Mais pour eux, les choses se déroulent d’une façon bien différente. Alors qu’une femme se retrouve brutalement avec le charme de toute sa vie entre les mains, au lendemain de la puberté, vers seize ou dix-huit ans, un homme l’obtient progressivement, sur plusieurs décennies. Dans la vingtaine il a pour lui la vigueur de la jeunesse. Dans la trentaine, s’il a perdu un peu de sa forme physique, il compense avec une plus grande expérience de la vie et une situation qui commence à être bien établie. Passé la quarantaine il peut compter sur une position avantageuse dans la hiérarchie sociale, susceptible d’encore s’améliorer à cinquante ou soixante ans à mesure que son apparence et ses forces diminuent.

De son côté, vers vingt ans, la jeune fille déborde soudainement d’un charme et d’une fraicheur juvénile qui lui confère un grand pouvoir sur les hommes. Même les femmes d’apparences quelconques bénéficient à ce moment là d’une floraison spectaculaire. Mais la comparaison florale est valable jusque dans le caractère très éphémère de cette profusion de beauté. Dix ans plus tard elle est déjà bien fanée et la situation continue à se dégrader très rapidement. A ce moment là, si la femme n’est pas mariée, elle va découvrir ce qu’est la vie sans la capacité à envoûter les hommes d’un simple sourire. Il faut souhaiter qu’elle n’ait pas trop pris goût à toutes les petites attentions masculines à son égard : une aide en mathématiques, un vélo ou un ordinateur réparé, des bras offerts pour déménager, etc. Car c’est sous une toute autre lumière que le monde va apparaître à ses yeux. Le choc sera d’autant plus brutal qu’elle aura été mignonne et donc cajolée dans ses jeunes années. Elle va comprendre que les gens ne sont pas « gentils » en toutes circonstances et que ni sa personnalité, ni son intellect n’étaient la source première de l’intérêt qu’on lui portait[1].

De cela découle l’importance pour une jeune femme d’utiliser intelligemment son capital séduction. Malheureusement, une fille de dix huit ans fait rarement preuve d’une grande sagesse. Ceux qui devraient l’assister en la matière, ses parents, ses grand-mères ne sont plus du tout à la hauteur de leur mission. De son côté la machine médiatique les pousse sans relâche à prendre les mauvaises décisions. La catastrophe repose sur le fait qu’elle dispose à un instant donné du quota de charme qui doit lui servir pour toute sa vie. Elle coure donc le risque de tout perdre. C’est comme si une jeune femme se retrouvait à vingt ans avec un tonneau rempli d’huile. Elle aurait le choix entre l’utiliser avec parcimonie dans une lampe, pour s’éclairer tout au long de son existence. Ou de renverser le contenu de la barrique à même le sol pour y mettre le feu et créer un grand brasier. Elle danserait alors autour des flammes avec excitation, mais la chaleur et la lumière éblouissante laisseraient très vite place à une obscurité glaciale.

C’est en général cette deuxième voie qu’empruntent les femmes de nos jours. Faire flamber leur tonneau consiste à dilapider son contenu entre dix huit et trente ans au profit d’hommes qui ne s’engageront jamais durablement auprès d’elles.
L’égarement de la jeune femme peut prendre un caractère quantitatif. Etant donné ses attraits liés à son âge elle n’a aucune difficulté à avoir des « copains » et même à enchaîner les relations. Elle vit dans l’illusion que ce lifestyle pourra se prolonger jusque dans la trentaine. Elle croit qu’à ce moment, si l’envie lui en prend, il lui suffira de demander à son « copain » de l’épouser pour qu’il devienne illico son mari.
Mais son erreur peut aussi prendre un caractère qualitatif. Considérons une jeune femme d’apparence juste moyenne, fortement embellie pas ses vingt ans. Si elle met en valeur son atout personnel, que ça soit ses fesses, ses seins, ses jambes ou autre chose. Si elle use et abuse de maquillage, de talons aiguilles, de mini-jupes, etc. Si de surcroit elle a recourt à quelques artifices tels que des culottes gainantes ou des soutiens-gorge rembourrés, elle peut facilement entretenir l’illusion qu’elle mérite le playboy de service, et son physique d’acteur hollywoodien. Parce qu’il est sorti avec elle pendant trois ou quatre mois, elle est convaincu qu’elle joue dans la cour de cet homme là et qu’elle finira bien par épouser un Apollon millionnaire. Le plus grave c’est que cet aveuglement la conduit à dédaigner les hommes dans la moyenne qui constitue pourtant son groupe de prospection naturel.

Examinons à présent ce que la sagesse nous dicte quant à l’usage que doit faire une jeune femme de son capital séduction. Il s’agit pour elle de profiter de la courte fenêtre de jeunesse et de beauté dont elle dispose, pour obtenir d’un homme qu’il s’engage définitivement. Cela suppose que la jeune femme ne se surévalue pas. Le fait qu’elle soit dotée d’une délicieuse apparence pendant quelques années ne signifie pas qu’elle est exceptionnelle, mais seulement qu’elle est jeune. Par conséquent si elle est juste dans la moyenne, il s’agit pour elle de s’orienter vers un homme dans la moyenne lui aussi. C’est la première condition du bon usage de ses charmes. Par la suite elle doit s’attacher à transformer l’attirance que cet homme éprouve pour elle en respect, en admiration et enfin en dévotion. Les appas de sa jeunesse passeront, les sentiments qu’elle aura su faire naître chez l’homme qu’elle convoite perdureront. La nature a bien fait les choses et ce scénario se réalise assez naturellement, à certaines conditions toutefois. Il y a celle que nous avons déjà évoquée qui consiste à avoir des aspirations réalistes quant au type d’homme brigué.

SpinsterModPar ailleurs, la virginité est un atout considérable et à défaut le fait d’en être aussi proche que possible est nécessaire.
En échange des attraits de sa jeunesse, une femme peut obtenir d’un homme qu’il s’engage à la soutenir tout au long de sa vie. Que celle-ci comporte en général une longue période de « vieillesse sexuelle » n’est pas un obstacle. A moins bien sûr qu’un autre ait jouit de la fraîcheur juvénile de la demoiselle, avant de passer son chemin. Car qui paierait de sa vie ce que d’autres ont reçu pour trois fois rien ?

[1] Voir le témoignage de Jane S. : ici