D’une pierre deux coups

bored-at-work1Pourrir la vie des femmes autant que celle des hommes voilà une prouesse à mettre au crédit du féminisme.

Il a mis les femmes au travail salarié. Elles ont désormais la possibilité – en fait l’obligation – de passer leurs journées à s’ennuyer au bureau ou à l’usine, à faire un boulot bien souvent inutile. De ce point de vue, elles sont sur un pied d’égalité avec les hommes.

Pourtant le féminisme a vendu le travail aux femmes comme une libération très alléchante.

L’origine de ce décalage entre promesse et réalité se situe dans l’état d’esprit des féministes. Elles sont comme un enfant. Un enfant envieux de ce qu’un autre tient dans ses mains. Il ne sait pas de quoi il s’agit, mais il répète « Donne le moi ! C’est à mon tour de l’avoir » en tapant du pied.
Partant du postulat que les femmes on de tout temps été réduites en esclavage par les hommes, les féministes pensent que toutes les activités traditionnellement masculines doivent être amusantes et intéressantes. Vu le temps que lui consacraient les hommes, elles ont pensé que le travail salarié devait être particulièrement réjouissant. Et finalement c’est l’ennui profond, dans des bureaux gris, agrémentés de plantes en plastiques, à faire des paperasses superflues toute la journée.

Du coup les féministes hurlent à l’arnaque. Si ce n’est pas aussi plaisant qu’elles l’avaient imaginé, c’est parce qu’on s’obstine à leur mettre des bâtons dans les roues. On leur refuse des promotions, on les paye moins bien, on les maintient sous un « plafond de verre »,… Ah si seulement toutes ces barrières pouvaient tomber, la vie professionnelle tiendrait enfin ses promesses.

La réalité est toute autre.
La vie professionnelle des hommes n’a jamais été palpitante. En lui même leur travail était pénible, répétitif, parfois sans queue ni tête. Mais ils y allaient quand même, globalement de bon cœur, parce qu’ils avaient une raison de le faire. Dans leur grande majorité ils accomplissaient leur devoir vis à vis de leur famille. Assurer la subsistance de leur épouse et de leurs enfants, voilà ce qui donnait un sens à leurs efforts et un caractère humain à leur travail.

Vu les présupposés qu’ont les féministes sur les hommes, on comprend que l’idée qu’ils aient accepté des boulots durs et inintéressant toute leur vie, par dévouement pour leur femme, les dépasse complètement.

Dans le monde post-féministe, les hommes n’ont bien souvent ni épouse ni enfant. Si l’un d’entre eux a une femme, elle a un salaire qui rend le sien accessoire ou presque. La source de leur motivation au travail a donc disparu. On a tenté de la remplacer par la consommation. Désormais ils bossent pour s’acheter une Audi, un iPad, s’abonner à des sites pornos,…

On a mis les femmes au boulot en leur disant qu’elles allaient s’éclater. Comme on pouvait le prévoir, cette promesse n’a pas été tenue. Simultanément on a retiré son sens au travail des hommes. Hommes et femmes errent donc sans but dans les mêmes open-spaces et les mêmes ateliers industriels. Ils y produisent des biens et des services parfaitement inutiles – qui seraient invendables si il n’existait pas des millions de personnes ne sachant que faire de leur salaire.

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20 réflexions au sujet de « D’une pierre deux coups »

  1. Chocolat

    L’accès des femmes au travail salarié – pour ce qui est du travail, que ce soit à la maison ou dans les champs ou à l’atelier/boutique pour aider leur conjoint, elles connaissaient déjà depuis longtemps – leur a permis également d’aquérir une plus grande autonomie financière et donc plus d’indépendance. Peut-être est-ce justement ce que vous regrettez, au fond, d’avoir « perdu » un moyen de pression/séduction ? Et puis certains hommes lient tellement leur virilité au fait de ramener « l’argent du foyer » qu’ils ont l’air de croire que leur pénis va se détacher si leur femme gagne plus qu’eux, mlais c’est une autre histoire… Quant à dire que les féministes voyaient le travail comme forcément « amusant », eh bien, j’attends que vous le prouviez. Et ne vous en déplaise, l’inégalité salariale entre les sexes, pour ne parler que d’elle, est une réalité.
    Le travail n’est pas forcément plaisant, je vous rejoins là-dessus, mais ne serait-il pas plus intéressant de réfléchir à ce qui pourrait améliorer les choses pour tout le monde plutôt que de taper sur une catégorie de la population qui ne vous plait pas ?

    « Vu les présupposés qu’ont les féministes sur les hommes, on comprend que l’idée qu’ils aient accepté des boulots durs et inintéressant toute leur vie, par dévouement pour leur femme, les dépasse complètement. »
    Votre précédent article a montré que pour les présupposés sur les hommes, vous n’êtes pas mal non plus. Et enfin, on n’est pas dans le monde de Bambi : à vous lire tous les hommes étaient auparavant de doux chevaliers prêts à tous les sacrifices pour les beaux yeux de leur dame. Ca marche peut-être comme ça dans les Disney mais pas dans la vraie vie. Le fait qu’ils n’avaient pas forcément les moyens de faire un métier qui ne soit ni dur ni inintéressant (niveau d’études, chômage..), la nécessité d’avoir de l’argent pour se nourrir soi-même (sans parler de nourrir son foyer)… : ces moteurs-là vous paraissent si secondaires ?

  2. Kolia Karamazov Auteur de l’article

    « L’accès des femmes au travail salarié […] leur a permis également d’aquérir une plus grande autonomie financière et donc plus d’indépendance »

    Et ? Quel est le but recherché ? Est-ce une fin ou un bien en soi ?
    Il me semble que dans le réel cette indépendance théorique ressemble beaucoup à de la solitude. Surtout à partir d’un certain âge.

    « Peut-être est-ce justement ce que vous regrettez, au fond, d’avoir “perdu” un moyen de pression/séduction ? »

    Il est vrai qu’aujourd’hui le jeune ingénieur, à la situation stable et à la carrière prometteuse n’a plus d’avantage comparatif par rapport à l’étudiant en psycho qui gratte une guitare, ou au chômeur qui passe quinze heures par semaine en salle de muscu. C’est du moins vrai tant que les femmes sont jeunes.
    Mais voyez-vous, les hommes finissent toujours par faire ce qu’il faut pour avoir accès aux femmes. Si il faut devenir cracheur de feu ou si des abdos en acier sont plus importants qu’un diplôme de grande école, les hommes arrêteront de faire des études. Le temps pour eux de comprendre ce qui attire les femmes et ils réajusteront leur stratégie.
    Il substiste une question. Que va devenir ce pays quand il sera peuplé de types dont les compétences se résumeront à la préparation de cocktails, à faire des pompes à une main et à jongler avec des cuisses de poulet?

    « Et puis certains hommes lient tellement leur virilité au fait de ramener “l’argent du foyer” qu’ils ont l’air de croire que leur pénis va se détacher si leur femme gagne plus qu’eux, mlais c’est une autre histoire… »

    De leur côté, les femmes n’apprécient pas franchement gagner plus que leur mari. Comme quoi la nature est bien faite.

    « Et ne vous en déplaise, l’inégalité salariale entre les sexes, pour ne parler que d’elle, est une réalité »

    C’est exact, pas exemple les actrices de films pornographiques sont nettement mieux payées que les acteurs.

    « Le travail n’est pas forcément plaisant, je vous rejoins là-dessus, mais ne serait-il pas plus intéressant de réfléchir à ce qui pourrait améliorer les choses pour tout le monde plutôt que de taper sur une catégorie de la population qui ne vous plait pas ? »

    Mon article est en lui même une idée pour améliorer les choses pour tout le monde.
    Je n’ai pas mieux à proposer.

    « Votre précédent article a montré que pour les présupposés sur les hommes, vous n’êtes pas mal non plus. »

    Si vous considérez que ce que j’ai exprimé quant aux préférences des hommes lorsqu’il s’agit de trouver une épouse relève du présupposé, prière d’argumenter.

    « à vous lire tous les hommes étaient auparavant de doux chevaliers prêts à tous les sacrifices pour les beaux yeux de leur dame. »

    J’ai écrit que les hommes « allaient globalement de bon cœur » au travail. Vous exagérez un peu en parlant de chevalerie.
    Il reste que pendant toute l’histoire humaine (sauf aujourd’hui aux USA) ce sont les hommes qui ont fait la guerre. Et l’idée de leurs femmes et de leurs filles tombant aux mains de l’ennemi n’était pas la dernière de leur motivation au combat.

    « Le fait qu’ils n’avaient pas forcément les moyens de faire un métier qui ne soit ni dur ni inintéressant (niveau d’études, chômage..), la nécessité d’avoir de l’argent pour se nourrir soi-même (sans parler de nourrir son foyer)… : ces moteurs-là vous paraissent si secondaires ? »

    Mais dans ce cas on ne voit pas pourquoi il se serait encombré d’une épouse et d’enfants. Cet homme là aurait travaillé pour sa pomme. Il aurait mieux mangé et se serait payé des prostituées.
    Par ailleurs les hommes sans famille ne travaillent pas bien sagement. Ils deviennent vagabonds ou brigands. Une femme pour chaque homme est un facteur majeur de la pacification d’une société. La raison pour laquelle la violence est actuellement contenue alors que le nombre de célibataires est très important, tient en trois mots : frigos bien remplis, pornographie, jeux-vidéos.

  3. carine005

    Je suis tout à fait d’accord avec vous.
    J’ai même raconté ma vie, comparée à celle de ma grand-mère, sur ce sujet.
    Les femmes ont commencé à être salariées pendant les guerres, non ?
    Puis, les salaires ayant baissé et la consommation boostée artificiellement (création de besoins nouveaux, de dépenses nouvelles), il a fallu l’apport de deux salaires dans un foyer…
    Les femmes n’y ont rien gagné et les enfants y ont beaucoup perdu.

  4. Kolia Karamazov Auteur de l’article

    « Les femmes ont commencé à être salariées pendant les guerres, non ? »

    Oui et elles ont adoré fabriquer des bombes.

    « J’ai même raconté ma vie, comparée à celle de ma grand-mère, sur ce sujet. »

    C’est lisible quelque part sur internet ?

  5. Ziptotozip

    « Par ailleurs les hommes sans famille ne travaillent pas bien sagement. Ils deviennent vagabonds ou brigands. Une femme pour chaque homme est un facteur majeur de la pacification d’une société. La raison pour laquelle la violence est actuellement contenue alors que le nombre de célibataires est très important, tient en trois mots : frigos bien remplis, pornographie, jeux-vidéos. »

    En Iran, ils font encore même mieux : ils ont plusieurs femmes chacun ! Et quel pacifisme dans cette société de rêve…

  6. Kolia Karamazov Auteur de l’article

    « En Iran, ils font encore même mieux : ils ont plusieurs femmes chacun ! Et quel pacifisme dans cette société de rêve… »

    Partout où il y a autant d’hommes que de femmes il ne peut pas y avoir plusieurs femmes pour chaque homme.
    Mais je suppose que je ne vous apprends rien.

    Vous tapez à côté car la polygamie, loin d’être « encore mieux » est justement le contraire de la répartition pacifique des femmes. Quant elle a cours les hommes se battent entre eux pour être celui qui aura droit à un harem.

    Nous nous dirigeons vers cela, doucement…

  7. Morphea

    « Mais voyez-vous, les hommes finissent toujours par faire ce qu’il faut pour avoir accès aux femmes. Si il faut devenir cracheur de feu ou si des abdos en acier sont plus importants qu’un diplôme de grande école, les hommes arrêteront de faire des études. Le temps pour eux de comprendre ce qui attire les femmes et ils réajusteront leur stratégie. »

    Et vous auriez une preuve à ça ? Non parce que, des comme ça, vous en sortez à la pelle, sans jamais citer un seul ouvrage, une seule étude, quelle qu’elle soit !

    C’est bien joli de casser du sucre sur le dos des féministes, mais elles ont actuellement le mérite de s’appuyer sur des éléments tangibles, ce qui n’est pas votre cas.

    Ce que vous imputez maldroitement au féminisme est surtout une conséquence de l’évolution de notre société vers une société de consommation qui n’est, de façon générale, pas vraiment favorable au genre humain. Mais ce n’est pas la première fois que vous faites la confusion. Alors je me permettrai de citer l’un des textes et l’un des personnages qui m’inspire le plus : « Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ».

    A vous lire, on dirait que vous ne sortez jamais de chez vous et que TF1 tourne en boucle sur votre télévision.

    Laissez les féministes et ceux que vous nommez « les étrangers » en paix, et ça ira sûrement mieux pour vous.

  8. Kolia Karamazov Auteur de l’article

    « Et vous auriez une preuve à ça ? »

    Une preuve du fait que les hommes veulent avoir une femme et qu’il font ce qu’il faut pour que ce désir devienne réalité ?

    Je suppose que si ça ne fonctionnait pas comme ça l’humanité ce serait depuis longtemps éteinte.

    « Ce que vous imputez maldroitement au féminisme est surtout une conséquence de l’évolution de notre société vers une société de consommation qui n’est, de façon générale, pas vraiment favorable au genre humain. »

    Absolument et le féminisme est une facette de cette évolution.
    Je dirais qu’il est le processus de mise en conformité du rôle de la femme avec la société individualiste. Par essence le rôle traditionnel de la femme est tourné vers les autres : ses enfants, son époux, sa famille élargie, etc. Il était donc fondamentalement incompatible avec l’individualisme qui n’a cessé, depuis plus de deux siècles, de gagner du terrain. C’est pourquoi il était nécessaire de jeter ce rôle traditionnel aux oubliettes. Pour l’homme, la mise en conformité de ses activités était plus simple et n’a pas requis un mouvement semblable au féminisme. Il travaillait pour sa famille et il s’est tout simplement mis à travailler pour lui-même.

    Je trouve intéressant que vous travailliez avec des personnes âgées car en cela vous vous inscrivez dans le rôle traditionnel féminin : prendre soin des êtres fragiles (les enfants, les gens âgés, l’homme quand il revient de la mine ou du front).

    « Alors je me permettrai de citer l’un des textes et l’un des personnages qui m’inspire le plus : “Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font” »

    Seriez-vous évangélique ?

    « A vous lire, on dirait que vous ne sortez jamais de chez vous et que TF1 tourne en boucle sur votre télévision. »

    Je ne regarde pas la télé. Mais d’après ce que vous dites TF1 doit être une chaîne passionnante. Faudra que je songe à retrouver ma zapette.

  9. Ziptotozip

    « Par essence le rôle traditionnel de la femme… »
    Faux. Et de même pour une phrase commençant par « par essence, le rôle de l’homme ».

    Toute votre argumentation tient à ce point de départ, qui non seulement n’est étayé par AUCUNE étude, mais mieux encore, est réfuté par plusieurs.

    En l’état, le reste est caduque.

  10. Morphea

    « Je trouve intéressant que vous travailliez avec des personnes âgées car en cela vous vous inscrivez dans le rôle traditionnel féminin : prendre soin des êtres fragiles (les enfants, les gens âgés, l’homme quand il revient de la mine ou du front). »

    C’est au moins la 4ème fois que je vous le dis : vous ne me connaissez pas. Je travaille avec tous les types de population, y compris avec les personnes âgés. Et ce n’est pas si fréquent qu’on le pense.

    Si vous connaissiez le féminisme (que vous ne connaissez manifestement pas, malgré vos grands mots), vous sauriez que, de façon sous-jacente, le féminisme comporte un projet de société. Un projet de société basé sur le partage.
    Ce « projet » consiste bien souvent (parce que plusieurs personnes y réfléchissent et n’ont pas toujours très exactement les mêmes points de vue) à rejeter la violence, la domination sous toutes leurs formes (y compris de l’Occident sur les pays émergents, par exemple…) et à instaurer au lieu de la compétition (et donc la compétitivité à outrance) une relation égalitaire entre chaque individu, de manière non plus à subir, mais à partager tous les aspects de la vie (travail « professionnel », travail au sein du foyer…).
    Dans la plupart de ces projets de société, le féminisme se conjugue admirablement avec l’écologie et la protection de la nature.

    La prochaine fois que vous voulez tapez sur les féministes, faites moi plaisir : renseignez-vous. Et pas sur le site des Femens, merci.

  11. Erochka

    « Si vous connaissiez le féminisme (que vous ne connaissez manifestement pas, malgré vos grands mots), vous sauriez que, de façon sous-jacente, le féminisme comporte un projet de société. Un projet de société basé sur le partage.
    Ce “projet” consiste bien souvent (parce que plusieurs personnes y réfléchissent et n’ont pas toujours très exactement les mêmes points de vue) à rejeter la violence, la domination sous toutes leurs formes (y compris de l’Occident sur les pays émergents, par exemple…) et à instaurer au lieu de la compétition (et donc la compétitivité à outrance) une relation égalitaire entre chaque individu, de manière non plus à subir, mais à partager tous les aspects de la vie (travail “professionnel”, travail au sein du foyer…).
    Dans la plupart de ces projets de société, le féminisme se conjugue admirablement avec l’écologie et la protection de la nature. »

    Vous nous proposez ni plus ni moins que la fin de l’Histoire. Bravo !

    « Malheur ! Les temps sont proches où l’homme ne jettera plus par-dessus les hommes la flèche de son désir, où les cordes de son arc ne sauront plus vibrer !
    Je vous le dis : il faut porter encore en soi un chaos, pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante. Je vous le dis : vous portez en vous un chaos.
    Malheur ! Les temps sont proches où l’homme ne mettra plus d’étoile au monde. Malheur ! Les temps sont proches du plus méprisable des hommes, qui ne sait plus se mépriser lui-même.
    Voici ! Je vous montre le dernier homme. » (Ainsi parlait Zarathoustra, Nietzsche).

  12. Kolia Karamazov Auteur de l’article

    Il y a une différence fondamentale entre vous et moi. Vous vous focalisez sur les intentions quand je m’intéresse aux conséquences. Votre engagement féministe est fondé sur des idées (qui existent dans les têtes et dans les livres) que vous souhaitez voir se matérialiser dans le réel. Dans votre esprit la théorie féministe à tout pour plaire. Sa mise en pratique devrait nous ouvrir les portes du bonheur universel.

    Depuis des décennies, les combats féministes sont gagnés les uns après les autres (droit de vote, pilule, avortement, accès aux formations supérieures et au salariat, libéralisation du divorce, lois contre le « harcèlement sexuel », lois sur la parité, introduction de la théorie du genre dans les programmes scolaires, etc. etc.).
    Tous ces changements ont des conséquences dans le réel et le résultat n’est pas toujours joli, joli.
    Mais chez vous les idées ont la primauté sur la réalité. Si votre beau projet débouche sur une catastrophe ça ne peut que signifier qu’il a été détourné ou perverti par une entité malveillante : le patriarcat. Voire qu’il n’a tout simplement pas vraiment été mis en œuvre.

    De bonnes intentions ne peuvent mener qu’à un bon résultat, voilà le présupposé qui sous tend votre pensée.
    Malheureusement ça ne fonctionne pas comme ça. Le monde est tel qu’il est. Non pas tel que nous voudrions qu’il soit. Nous n’avons pas définit les règles du jeu.

    De mon côté je pars du réel et je tâche de comprendre ses règles afin de déterminer ce qu’il faudrait faire pour que nous réussissions le mieux possible.
    Lorsque je m’intéresse aux conséquences, je suis bien obligé de constater que la « libération » des femmes a conduit un nombre important (et grandissant) d’entre-elles à s’habiller comme des prostituées. Cette « libération » fait partie du projet féministe. Il est donc question d’une conséquence, dans le réel, du féminisme. Que cela ne corresponde pas à l’idée que vous avez en tête n’y change rien. Le féminisme mis en pratique dans le monde réel conduit (entre autre) à ce résultat.

    Votre erreur prend racine dans une vision erronée de l’Homme. Elle omet complètement la notion fondamentale de péché originel. L’Homme n’est pas bon, il est pécheur, il à une forte propension au mal. Ce n’est pas la société, la bourgeoisie ou le patriarcat qui le pervertit et le détourne du bien.

    Dans le fond, même si vous ne supportez pas qu’un homme donne un avis sur la façon dont s’habille une femme, vous trouvez le spectacle de ces filles habillées comme des prostituées déplorable. Et vous avez raison. Mais y voir uniquement la main maléfique du patriarcat, est une erreur grossière.
    Oui, les publicitaires, par cupidité, exhibent des femmes parfaites à poil dès que l’occasion se présente. Mais les femmes ne sont pas les victimes innocentes d’une manipulation. Leur propre péché, en l’occurrence leur orgueil, entre en jeu. Il les conduit à se livrer à une surenchère dans le domaine de l’apparence. Il les persuade qu’elles sont des princesses exceptionnelles, dignes d’un homme beau et riche alors qu’elles sont quelconques. L’orgueil conduit les femmes à se livrer une bataille sans merci pour être celle qui attirera le regard du « Brad Pitt de service ». Pour atteindre cet objectif elles n’ont d’autre choix que de raccourcir leurs jupes et rallonger leurs talons de plus en plus.

    Le projet féministe que vous portez ne prend pas en compte la réalité. En particulier, il ne tient pas compte du péché. La femme (comme l’homme) livrée à elle même n’est pas une créature bonne. Elle a des instincts, des penchants, des pulsions qui la conduisent à faire des « choix » aux conséquences néfastes, voire désastreuses, pour elle comme pour les autres. Contrairement au projet féministe, les modes d’organisation traditionnels de la société prenaient en compte la nature de l’Homme et notamment son caractère pécheur. Ils avaient pour vocation de créer les meilleures conditions possibles à l’épanouissement d’une civilisation, compte tenu des faiblesses inhérentes à l’Homme. C’est pourquoi ces modèles ont marché : ils ont permis la construction des cathédrales, l’exploration du monde, la fondation des universités, la pacification de vastes territoires, l’envoi d’hommes sur la Lune, etc.

    L’image d’un monde féministe idéal que vous avez en tête ne prendra jamais forme dans la réalité, parce qu’elle ne tient pas compte du réel. De nouvelles conquêtes féministes seront peut être faites, mais elles auront pour seule conséquence de détruire, jamais de construire, quelles que soient vos intentions.

  13. Ziptotozip

    L’Homme n’est pas bon par nature, je vous le concède.

    C’est d’ailleurs pour ça que nous avons petit à petit créé un système de lois, qui permet à chacun de pouvoir vivre sans devoir casser la gueule à son prochain en permanence (un peu moins en tous cas).

    Ce qui n’est que très faiblement (ou très mal) étayé dans vos réponses, c’est que vous accusez le féminisme d’être à l’origine de troubles durables car non conscient de l’impact des modifications qu’il propose sur le système, MAIS sans mettre en lumière tout ce que le patriarcat a fait (concrètement, lui) de mauvais. Comme il était là avant, on peut se dispenser d’avoir un esprit critique dessus ?

    Combien de gens ont hurlé à disparition de l’humanité lorsqu’on a parlé de l’abolition de l’esclavage. Avec tout ce que cela allait impliquer de terrible, de destruction, dont nous n’allions jamais nous remettre.

    En résumé, pourquoi est-ce qu’un système déjà en place (et qui a prouvé maintes fois sa perversion) serait d’office mieux qu’une quelconque évolution ?

    De plus, ce que vous pointez comme étant une perversion du féminisme n’est simplement qu’une perversion de notre société en général (la surconsommation, la superficialité…), qui touche uniformément hommes et femmes. Tandis que les perversions intrinsèques au patriarcat sont en revanche légions !

  14. Morphea

    @ Kolia :

    Il y a une différence fondamentale entre vous et moi : vous prétendez comprendre le réel (avec le pêcher originel et tout ce qui s’ensuit) et moi je prétends tenter de le comprendre, et remettre en cause ce que je sais de manière à tentrer de comprendre ce réel.

    A la vue de vos mots, j’en déduis ce que je soupçonnais auparavant : vous êtes quelqu’un de profondément religieux.

    Je n’ai aucune envie de vous faire la leçon, mais il me semble que la Bible nous enseigne l’humilité et qu’il est conseillé d’éviter de penser que nous savons mieux que les autres. Ainsi, vous pensez peut être que je pêche par orgueil, mais de nous deux, je ne suis pas certaine d’être la seule. Et comme je m’en rends compte, je continue à me remettre en question. Mais vos arguments ne constituent pas une remise en question pertinente vis à vis de tout ce que j’ai pu étudier, je le regrette.

    Ne vous en déplaise, je vais continuer à me battre pour que chaque être humain puisse vivre dans « l’amour de son prochain », à travers l’égalité de chaque être humain, peu importe son sexe, sa religion, ou sa couleur de peau.
    Contrairement à vous.

    Je vous souhaite bien du plaisir dans cette vie qui consiste à haïr son prochain.

    Bien à vous.

  15. Kolia Karamazov Auteur de l’article

    Morphea,

    Aimer quelqu’un c’est vouloir son bien et agir activement en ce sens, n’est-ce pas?
    Or, peut-on faire le bien d’un chien en le traitant comme un chat? Non bien sûr.
    Faire le bien d’une personne suppose au minimum qu’on la reconnaisse telle qu’elle est. On ne peut donc aimer ni les hommes ni les femmes si on les tient pour égaux. Car un homme n’est pas une femme et vice versa.

    Par ailleurs, la marche vers l’égalité ne nous rapproche pas du bonheur universel, mais bien de son exact opposé. L’atmosphère entre les hommes et les femmes était bonne du temps où ils ne s’habillaient pas pareil, n’allaient pas dans les mêmes écoles, avaient des rôles distincts dans la famille, etc. Aujourd’hui, au contraire, elle n’est pas loin d’être exécrable.

  16. Exocet

    Oui, troisième commentaire ; comme vous pouvez le voir je lis votre blog dans un ordre chronologique. Je me permettrai de citer quelques unes de vos observations que je souhaite réfuter.

    « Un enfant envieux de ce qu’un autre tient dans ses mains. Il ne sait pas de quoi il s’agit, mais il répète « Donne le moi ! C’est à mon tour de l’avoir » en tapant du pied. »

    Vous partez du principe que la femme qui veut travailler ne sait pas en quoi consiste ce travail. D’où tenez vous cette idée ? Et puis, si vous aviez raison la plupart des femmes arrêteraient de travailler le plus tôt possible, pourtant ce n’est pas ce qu’on observe. J’ai des collègues féminines qui ont des enfants, un partenaire, qui sont parfaitement heureuses et qui pourraient arrêter de travailler si elles le souhaitaient. Elles ne le font pas, qu’est-ce que cela vous inspire ?

    « Partant du postulat que les femmes on de tout temps été réduites en esclavage par les hommes, les féministes pensent que toutes les activités traditionnellement masculines doivent être amusantes et intéressantes. »

    Pas forcément, en revanche un travail vous apporte de la stabilité, de l’indépendance et le respect de soi-même. Du reste un travail peut être utile et intéressant, contrairement à ce que vous avez l’air de penser. Quid des vétérinaires, pompiers, dessinateurs, artistes, etc ? Nombre d’entre eux sont des femmes et s’épanouissent dans leur carrière. Cela ne signifie pas qu’elles ne peuvent pas aussi jouir d’une vie de famille, les deux ne sont pas mutuellement exclusifs. Et même si le travail est ennuyeux, on peut tirer de la fierté et de la satisfaction d’un travail bien fait.

    Et en parlant de travail ennuyeux, vous trouvez que la lessive et le ménage c’est la panacée ? Quitte à choisir je préférerais de loin le travail de bureau, merci bien.

    « Vu les présupposés qu’ont les féministes sur les hommes, on comprend que l’idée qu’ils aient accepté des boulots durs et inintéressant toute leur vie, par dévouement pour leur femme, les dépasse complètement. »

    Vous peignez quand même une image un peu idéalisée des hommes… si ce que vous dites est vrai, les hommes devraient sauter sur l’occasion d’être hommes au foyer, non ? Ca se fait de nos jours. Curieux comme ils ne se bousculent pas au portillon.

    « Mais voyez-vous, les hommes finissent toujours par faire ce qu’il faut pour avoir accès aux femmes. »

    Hommes et femmes cherchent des partenaires, c’est normal. Ca fait partie d’une vie sexuelle saine. Mais vous avez l’air de dire que les hommes sont prêts à tout, à s’abaisser plus bas que terre, à s’asservir vilement dans le seul but d’avoir une femme. Ce n’est pas une image très flatteuse des hommes. Cela revient à dire que leur cerveau se trouve en dessous de la ceinture.

    « De leur côté, les femmes n’apprécient pas franchement gagner plus que leur mari. Comme quoi la nature est bien faite. »

    Ah bon ? C’est curieux comme vous prétendez savoir ce que pensent les femmes. Et pourquoi ramener ça à une compétition ? Je veux gagner le meilleur salaire possible et c’est ce que je souhaite à tout le monde, mon conjoint (homme ou femme) inclus. Qui gagne plus, franchement, c’est comme comparer qui a « la plus grosse ». C’est puéril et inutile.

    « Par ailleurs les hommes sans famille ne travaillent pas bien sagement. Ils deviennent vagabonds ou brigands. »

    Je ne suis pas d’accord. Ceux qui deviennent « vagabonds ou brigands », ce sont ceux qui ne parviennent pas à s’intégrer à la société pour x raison. Parfois c’est juste un malheureux concours de circonstances, parfois c’est parce que leur personnalité ne leur permet pas de s’intégrer, c’est bien malheureux. Mais l’incapacité à se trouver un conjoint est une conséquence, pas une cause, de cette incapacité à s’intégrer.

    « L’Homme n’est pas bon, il est pécheur, il à une forte propension au mal. »

    Oui, ce n’est pas nouveau. Homo homini lupus, nous dit Plaute. C’est normal d’ailleurs, le bien n’existe pas sans le mal et vice versa. Notre propension au mal est à peu prés équivalente à notre propension au bien. C’est vrai autant pour les femmes que pour les hommes et je ne vois pas très bien le rapport avec l’égalité ou l’inégalité des sexes.

    « Depuis des décennies, les combats féministes sont gagnés les uns après les autres (droit de vote, pilule, avortement, accès aux formations supérieures et au salariat, libéralisation du divorce, lois contre le « harcèlement sexuel », lois sur la parité, introduction de la théorie du genre dans les programmes scolaires, etc. etc.). »

    Si je comprends bien, vous affirmez que toutes ces choses sont donc malsaines et mauvaises ?

    – le droit de vote ; Si je n’ai pas le droit de vote je ne vois pas pourquoi je reconnaîtrais à l’élu une quelconque autorité. On ne m’a pas demandé mon avis, on ne m’a donc pas reconnu comme membre à part entière du groupe. Pourquoi dans ces circonstances devrais-je respecter les règles du groupe ?
    Refuser à la femme de voter c’est l’infantiliser. c’est dire qu’elle n’est pas assez intelligente ou raisonnable pour savoir ce qui est bon pour elle. En plus d’être inexact c’est très insultant.

    – pilule et avortement : ce n’est ni plus ni moins que le droit à disposer de son corps. Vous prônez le mariage tôt (n’oublions pas que d’après vous le « capital séduction » d’une femme est épuisé au plus tard à ses vingt-huit ans), et refusez la contraception, cela signifie qu’une femme est priée soit de vivre une vie d’abstinence (en admettant que son mari soit d’accord, puisque vous prônez aussi le patriarcat), soit quinze enfants à élever. Oui, vous avez raison, c’est curieux que les femmes rejettent ce destin…

    – libéralisation du divorce : si deux conjoints ne s’aiment plus et ne sont pas heureux ensemble, pour quelle raison devraient-ils se rendre mutuellement misérables jusqu’à la fin de leur vie ? N’est-il pas plus logique et sain de partir chacun de son côté en espèrant avoir encore une chance de trouver l’âme soeur ?

    – lois sur la parité : j’ai une opinion plus mitigée là dessus, dans la mesure où la parité devrait être une évidence, pas une obligation légale. Je n’aime pas non plus le fait que des femmes soient prises pour « remplir les quotas », et non pour leur compétence. Mais il y a encore du chemin à faire pour en arriver à une vraie égalité. Je dis cela pour les deux sexes, les hommes non plus ne devraient pas subir de discrimination en raison de leur sexe.

    « je suis bien obligé de constater que la « libération » des femmes a conduit un nombre important (et grandissant) d’entre-elles à s’habiller comme des prostituées. »

    J’ai l’impression que, d’après vous, toute femme qui ne cache pas ses jambes et sa poitrine est une prostituée. Qu’une femme mette un décolleté profond, ça peut être vulgaire ou de mauvais goût dans certains cas, d’un autre côté je n’y vois pas non plus la chute de notre civilisation, il faut quand même arrêter de dramatiser.

    La libération des femmes ce n’est pas de mettre des mini-jupes, c’est d’avoir le choix. Saviez-vous que jusque dans les années soixante une femme ne pouvait pas ouvrir de compte en banque sans autorisation écrite de son mari ? Vous trouvez ça normal ?

    « Votre erreur prend racine dans une vision erronée de l’Homme. Elle omet complètement la notion fondamentale de péché originel. L’Homme n’est pas bon, il est pécheur, il à une forte propension au mal. »

    C’est assez ironique car c’est cette vision culpabilisatrice et castratrice du pêché original qui est selon moi à l’origine de tant de maux dans notre société, que vous attribuez aux femmes et/ou à la lâcheté des hommes.
    L’homme est coupable et pêcheur, c’est la vision que l’église essaie depuis deux mille ans de nous enfoncer dans le crâne. Nous sommes coupables rien que d’être né, à cause du fameux « pêché originel ». Pourquoi ? Parce que si nous sommes coupables, alors nous avons besoin du pardon de l’église. En un mot, ce n’est qu’une fondation supplémentaire sur laquelle ériger le pouvoir de l’église.
    C’est cette vision de culpabilité bêlante qui nous a amener à favoriser l’immigration depuis cinquante ans. Parce que nous sommes de pauvres pêcheurs, nous avons envahi tous ces pays d’Afrique, la moindre des chose c’est de partager notre richesse avec les immigrants.

    « Aimer quelqu’un c’est vouloir son bien et agir activement en ce sens, n’est-ce pas?
    Or, peut-on faire le bien d’un chien en le traitant comme un chat? Non bien sûr. »

    En ce qui concerne les chats, le mien aime bien jouer à la balle comme un chien (je lui lance et il la ramène). Est-ce que je devrais refuser de jouer avec lui sous prétexte que c’est « un jeu pour chien » ? L’important n’est-il pas que mon chat s’amuse ? Qu’en est-il des chats qui aiment nager (si si, ça existe) ? On devrait les en empêcher sous pretexte que c’est contre-nature ou je ne sais quelle autre absurdité ?

    Si on aime quelqu’un on veut son bien, je suis d’accord. Par contre, c’est tout autre chose quand on essaie de faire le bien de quelqu’un malgré lui. Cela revient à dire que cette personne ne sait pas ce qui est bon pour elle, cela renie son indépendance et son intelligence, c’est une aberration.

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