Vierge folle ou vierge sage ?

S&TC

Les jeunes femmes aujourd’hui gèrent terriblement mal leur capital séduction. Comme ça a toujours été le cas, chacune d’entre elle reçoit une dose de charme. Celle-ci est variable d’une personne à l’autre, mais elle est presque toujours suffisante pour les besoins de son existence. A condition que ce bien ne soit pas dilapidé, il permet à la femme de trouver un homme qui lui est assorti.

Les hommes aussi reçoivent un capital à faire valoir auprès des femmes. Mais pour eux, les choses se déroulent d’une façon bien différente. Alors qu’une femme se retrouve brutalement avec le charme de toute sa vie entre les mains, au lendemain de la puberté, vers seize ou dix-huit ans, un homme l’obtient progressivement, sur plusieurs décennies. Dans la vingtaine il a pour lui la vigueur de la jeunesse. Dans la trentaine, s’il a perdu un peu de sa forme physique, il compense avec une plus grande expérience de la vie et une situation qui commence à être bien établie. Passé la quarantaine il peut compter sur une position avantageuse dans la hiérarchie sociale, susceptible d’encore s’améliorer à cinquante ou soixante ans à mesure que son apparence et ses forces diminuent.

De son côté, vers vingt ans, la jeune fille déborde soudainement d’un charme et d’une fraicheur juvénile qui lui confère un grand pouvoir sur les hommes. Même les femmes d’apparences quelconques bénéficient à ce moment là d’une floraison spectaculaire. Mais la comparaison florale est valable jusque dans le caractère très éphémère de cette profusion de beauté. Dix ans plus tard elle est déjà bien fanée et la situation continue à se dégrader très rapidement. A ce moment là, si la femme n’est pas mariée, elle va découvrir ce qu’est la vie sans la capacité à envoûter les hommes d’un simple sourire. Il faut souhaiter qu’elle n’ait pas trop pris goût à toutes les petites attentions masculines à son égard : une aide en mathématiques, un vélo ou un ordinateur réparé, des bras offerts pour déménager, etc. Car c’est sous une toute autre lumière que le monde va apparaître à ses yeux. Le choc sera d’autant plus brutal qu’elle aura été mignonne et donc cajolée dans ses jeunes années. Elle va comprendre que les gens ne sont pas « gentils » en toutes circonstances et que ni sa personnalité, ni son intellect n’étaient la source première de l’intérêt qu’on lui portait[1].

De cela découle l’importance pour une jeune femme d’utiliser intelligemment son capital séduction. Malheureusement, une fille de dix huit ans fait rarement preuve d’une grande sagesse. Ceux qui devraient l’assister en la matière, ses parents, ses grand-mères ne sont plus du tout à la hauteur de leur mission. De son côté la machine médiatique les pousse sans relâche à prendre les mauvaises décisions. La catastrophe repose sur le fait qu’elle dispose à un instant donné du quota de charme qui doit lui servir pour toute sa vie. Elle coure donc le risque de tout perdre. C’est comme si une jeune femme se retrouvait à vingt ans avec un tonneau rempli d’huile. Elle aurait le choix entre l’utiliser avec parcimonie dans une lampe, pour s’éclairer tout au long de son existence. Ou de renverser le contenu de la barrique à même le sol pour y mettre le feu et créer un grand brasier. Elle danserait alors autour des flammes avec excitation, mais la chaleur et la lumière éblouissante laisseraient très vite place à une obscurité glaciale.

C’est en général cette deuxième voie qu’empruntent les femmes de nos jours. Faire flamber leur tonneau consiste à dilapider son contenu entre dix huit et trente ans au profit d’hommes qui ne s’engageront jamais durablement auprès d’elles.
L’égarement de la jeune femme peut prendre un caractère quantitatif. Etant donné ses attraits liés à son âge elle n’a aucune difficulté à avoir des « copains » et même à enchaîner les relations. Elle vit dans l’illusion que ce lifestyle pourra se prolonger jusque dans la trentaine. Elle croit qu’à ce moment, si l’envie lui en prend, il lui suffira de demander à son « copain » de l’épouser pour qu’il devienne illico son mari.
Mais son erreur peut aussi prendre un caractère qualitatif. Considérons une jeune femme d’apparence juste moyenne, fortement embellie pas ses vingt ans. Si elle met en valeur son atout personnel, que ça soit ses fesses, ses seins, ses jambes ou autre chose. Si elle use et abuse de maquillage, de talons aiguilles, de mini-jupes, etc. Si de surcroit elle a recourt à quelques artifices tels que des culottes gainantes ou des soutiens-gorge rembourrés, elle peut facilement entretenir l’illusion qu’elle mérite le playboy de service, et son physique d’acteur hollywoodien. Parce qu’il est sorti avec elle pendant trois ou quatre mois, elle est convaincu qu’elle joue dans la cour de cet homme là et qu’elle finira bien par épouser un Apollon millionnaire. Le plus grave c’est que cet aveuglement la conduit à dédaigner les hommes dans la moyenne qui constitue pourtant son groupe de prospection naturel.

Examinons à présent ce que la sagesse nous dicte quant à l’usage que doit faire une jeune femme de son capital séduction. Il s’agit pour elle de profiter de la courte fenêtre de jeunesse et de beauté dont elle dispose, pour obtenir d’un homme qu’il s’engage définitivement. Cela suppose que la jeune femme ne se surévalue pas. Le fait qu’elle soit dotée d’une délicieuse apparence pendant quelques années ne signifie pas qu’elle est exceptionnelle, mais seulement qu’elle est jeune. Par conséquent si elle est juste dans la moyenne, il s’agit pour elle de s’orienter vers un homme dans la moyenne lui aussi. C’est la première condition du bon usage de ses charmes. Par la suite elle doit s’attacher à transformer l’attirance que cet homme éprouve pour elle en respect, en admiration et enfin en dévotion. Les appas de sa jeunesse passeront, les sentiments qu’elle aura su faire naître chez l’homme qu’elle convoite perdureront. La nature a bien fait les choses et ce scénario se réalise assez naturellement, à certaines conditions toutefois. Il y a celle que nous avons déjà évoquée qui consiste à avoir des aspirations réalistes quant au type d’homme brigué.

SpinsterModPar ailleurs, la virginité est un atout considérable et à défaut le fait d’en être aussi proche que possible est nécessaire.
En échange des attraits de sa jeunesse, une femme peut obtenir d’un homme qu’il s’engage à la soutenir tout au long de sa vie. Que celle-ci comporte en général une longue période de « vieillesse sexuelle » n’est pas un obstacle. A moins bien sûr qu’un autre ait jouit de la fraîcheur juvénile de la demoiselle, avant de passer son chemin. Car qui paierait de sa vie ce que d’autres ont reçu pour trois fois rien ?

[1] Voir le témoignage de Jane S. : ici

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24 réflexions au sujet de « Vierge folle ou vierge sage ? »

  1. Mat

    Le recul de l’âge du mariage est sans doute un facteur à prendre en compte : concrètement, les femmes se marient désormais le plus souvent après cette apogée de leur pouvoir de séduction dont vous nous parlez.

  2. Kolia Karamazov Auteur de l’article

    Je ne suis pas tout à fait sûr de comprendre où vous voulez en venir.

    Mais je suppose que votre point est de dire que le mariage ayant désormais lieu très tard, défendre la virginité pré maritale n’est pas raisonnable, car cela signifierait l’abstinence sexuelle jusqu’à des âges avancés.

    Si c’est bien votre avis, alors il me semble que vous inversez le lien de causalité. Ce n’est pas parce que le premier mariage est fixé, pour une mystérieuse raison, à trente ans, que les gens se disent qu’il est illusoire d’arriver vierge devant l’autel.

    Non ce n’est pas parce que le mariage n’est accessible qu’à la trentaine que l’on a une sexualité pré maritale. C’est au contraire parce que l’on peut avoir une sexualité à la carte plaisante jusqu’à trente ans que l’on ne songe pas au mariage plus tôt.

    Arrivées à trente ans, les femmes sont rattrapées par leur désir d’enfants, elles découvrent que leur période de fertilité n’est pas éternelle et parallèlement, elles prennent conscience que la fraicheur de leur jeunesse* s’est dangereusement fanée. C’est pourquoi elles choisissent à cet âge là précisément de se marier.

    Voilà mon analyse.

    * qui leur autorisait cette « sexualité à la carte plaisante »

  3. Mat

    « Mais je suppose que votre point est de dire que le mariage ayant désormais lieu très tard, défendre la virginité pré maritale n’est pas raisonnable, car cela signifierait l’abstinence sexuelle jusqu’à des âges avancés. »

    Houlà, non, ce n’est pas du tout ce que je voulais dire ! Bien au contraire. Je suis catholique et je ne voudrais certes pas m’élever contre la morale traditionnelle.

    Ce que je voulais souligner, c’est qu’aujourd’hui, les jeunes sont socialement incités à ne pas se marier tôt. Ils sont désapprouvés par leur entourage s’ils le font. De plus, avec le chômage, beaucoup de jeunes aujourd’hui ont du mal à trouver une situation financière, ce qui leur interdit de fonder un foyer tôt. Ce sont des problèmes, connexes à celui que vous évoquez, qui me semblent l’expliquer en partie même s’ils ne le justifient pas.

  4. Kolia Karamazov Auteur de l’article

    Ok. Je vous avais mal compris.
    Ma réponse servira donc à ceux qui passeront par là en étant de l’avis dont j’ai cru un moment que vous étiez.

    A part ça je suis d’accord avec vous.

  5. Morphea

    Donc pour vous, si j’ai tout suivi, les femmes n’ont que deux vertus : la beauté et la virginité… C’est un peu réducteur, non ?

  6. Kolia Karamazov Auteur de l’article

    Quand il s’agit de trouver un époux digne de ce nom, la beauté et la virginité sont effectivement d’une importance cruciale pour une femme.

    Lorsqu’elle n’a plus ni l’un ni l’autre, c’est à dire lorsqu’elle a dépassé trente ans et que sa virginité n’est plus qu’un lointain souvenir, elle n’a plus d’argument à faire valoir auprès des hommes.

    Une femme ne se limite pas à ça, tout comme un voilier ne se limite pas à une voile et un gouvernail. Mais s’il vous manque les deux, vous êtes sûr de mal finir.

    Si vous trouvez que ma vision est réductrice, j’attire votre attention sur le fait que c’est précisément le féminisme qui a réduit la féminité au fait d’avoir une croupe large et une paire de seins.

    Je regardais récemment un reportage de la BBC intitulé « My Small breast and I ». Il y était question de trois jeunes femmes britanniques souffrant d’avoir de tout petits seins. Deux d’entre elles (la troisième était une asiatique un peu plus âgée) étaient plutôt très mignonnes et pourtant profondément complexées. La saison estivale et ses bikinis, ou le simple fait de passer devant le rayon lingerie d’un grand magasin étaient pour elles un véritable cauchemar.

    J’ai pensé que le mal-être profond de ces jeunes femmes était vraiment une pathologie caractéristique du monde post féministe. Il n’y a guère qu’aujourd’hui que tout est visible. A présent que les femmes sont « libres » de s’habiller comme elles le souhaitent, les hommes voient la marchandise avant de l’acheter, comme chez le boucher-charcutier. L’habillement traditionnel au contraire ne permettait pas de faire la différence entre des seins riquiquis et une poitrine moyenne. Les jeunes femmes du reportage n’auraient sans doute pas souffert de leurs mensurations il y a un siècle ou deux.

    Par ailleurs, j’ai trouvé frappant que ces jeunes britanniques expliquent leurs souffrances par le sentiment de ne pas être pleinement femmes. Malheureusement, dans le contexte actuel elles sont en effet des demi femmes. Elles ont bien la croupe mais il leur manque la poitrine. Autrefois, elles auraient compensé cela en revêtant une tenue de femme, en pratiquant des activités de femmes, en ayant des compétences et des préoccupations de femmes. Si bien que leur bonnet A aurait paru bien anecdotique en comparaison de tous les attributs féminins qu’elles auraient exhibés. Mais aujourd’hui elles se baladent en jeans et en Converse avec un Eastpak sur le dos, elles pratiquent le Handball et l’Aïkido et elles se pavanent au volant de la Mini Cooper que leur brillante carrière leur a permis de s’offrir. Dans ce cadre, ne pas avoir de seins est véritablement le coup de grâce pour leur féminité.

  7. Ziptotozip

    Une femme, c’est donc une pièce de boeuf qui est mise en vente chez le boucher ?

    Ce que combat le féminisme, ce n’est absolument pas que « les femmes doivent montrer leur corps », ou je ne sais quelle absurdité similaire. C’est précisément combattre ce genre de propos, comme quoi elle serait réduite à sa capacité à séduire. De manière plus générale, c’est combattre n’importe quel comportement dicté uniquement par le sexe. « Devoir » s’exiber, devoir séduire, devoir… devoir n’importe quoi, en fait.
    Absolument rien (autre que le patriarcat ambiant) ne justifie cette différence « par essence » entre les hommes et les femmes.

  8. Morphea

    Je vous cite, il me sera plus simple de vous répondre ainsi :

    « Lorsqu’elle n’a plus ni l’un ni l’autre [Beauté et Virginité], c’est à dire lorsqu’elle a dépassé trente ans et que sa virginité n’est plus qu’un lointain souvenir, elle n’a plus d’argument à faire valoir auprès des hommes.
    Une femme ne se limite pas à ça, tout comme un voilier ne se limite pas à une voile et un gouvernail. Mais s’il vous manque les deux, vous êtes sûr de mal finir. »

    Alors pour vous, plus de virginité, plus de beauté, donc plus d’argument pour se vendre auprès des hommes, si je résume.
    Alors déjà, « se vendre auprès des hommes » : c’est un concept avec lequel j’ai du mal. Personnellement, je ne me vends pas auprès des hommes. J’entretiens des relations amicales, parfois amoureuses, mais non, je ne me vends pas. Merci bien, j’ai encore une dignitié. Les hommes sont des êtres humains avec lequels j’interagis, mais auprès de qui je ne me vends pas. Je n’ai rien à vendre.
    C’est d’ailleurs là où vous vous méprenez sur la nature du féminisme (s’il vous plaît, ne me faites pas l’affront de faire venir les Femens dans ce débat, car elles sont très loin de représenter ce que le féminisme moderne a à offrir) : être féministe, c’est accorder à chacun le droit d’être un être humain comme un autre, avec la même capacité de choix et la capacité à dépasser des clivages inintéressants du type « se vendre à ».

    Je ne sais pas si vous savez, mais le pendant de « se vendre », c’est « acquérir ». Les féministes ont surtout l’intention de faire en sorte que les femmes ne soient plus un bien marchand.

    Or, vous remarquerez que les médias ont perverti le message central du féminisme pour faire croire à tout le monde (y compris à vous !) que les femmes s’échangent comme au temps des hommes de caverne (je vous renvois à Fançoise Héritier pour plus d’informations), qu’on les exhibe comme des morceaux de viandes à qui mieux mieux pour mieux les vendre et les asservir.
    Le but du féminisme n’est pas l’asservissement, mais le choix. C’est bien mal connaître le féminisme que de prétendre le contraire, il me semble.

  9. Kolia Karamazov Auteur de l’article

    « Alors déjà, “se vendre auprès des hommes” : c’est un concept avec lequel j’ai du mal. »

    Je vous accorde que la formulation est malheureuse. Mais cela ne remet pas en question la validité de l’idée sous-jacente. Si une femme souhaite avoir un homme dans sa vie, il faut bien qu’elle soit en mesure de l’attirer dans un premier temps et de le retenir auprès d’elle dans un second temps.
    Si c’est cela que souhaite une femme, il faut qu’elle ait des arguments à faire valoir auprès des hommes. Je ne dis rien de plus.

    Les hommes, de leur côté, ont aussi un certain nombre de conditions à remplir s’ils veulent partager la vie d’une femme un tant soit peu attirante.

    « Les féministes ont surtout l’intention de faire en sorte que les femmes ne soient plus un bien marchand »

    Pour ma part je ne me focalise pas sur les intentions mais sur les résultats.

    Comment expliquer l’apparition d’affiches publicitaires mettant en scène des femmes presque nues au moment précisément où le féminisme remportait de nombreuses victoires : liberté sexuelle, contraception, divorce, avortement, ouverture du monde du travail aux femmes, ouverture de certaines formations (Ecole Polytechnique en 1974), port du pantalon généralisé, etc.

    Ce type d’affichage était inexistant auparavant dans une société que vous qualifieriez probablement d’ultra patriarcale.

    « qu’on les exhibe comme des morceaux de viandes à qui mieux mieux pour mieux les vendre et les asservir. »

    Des corps de femmes sont exhibés à tout bout de champ, c’est exact. Mais bien souvent cet étalage de chair à lieu dans des magasines ou des publicités qui sont destinés exclusivement aux femmes. On songera aux affiches des marques de lingerie, ou à celles vantant les mérites d’un produit pour la « toilette intime ». Les publicitaires ne sons pas idiots et ils ne feraient pas appel à la nudité si les femmes n’y répondait pas favorablement en achetant leurs produits. Par ailleurs nombre d’entre-elles s’arrachent Elle, Cosmopolitan, Marie-Claire et autres revues du même acabit dans lesquelles on tombe sur une « femme à poil » toutes les quatre pages.

    Des corps féminins sont également visibles dans la pornographie à destination des hommes. Mais celle-ci les asservit eux avant d’asservir les femmes. Beaucoup d’hommes sont esclaves à divers degrés de ces images.

    Enfin l’exhibition de la chair féminine est avant tout le fait des femmes elles-mêmes, comme nous le constatons, dans la rue, en ce début de Printemps.

  10. Morphea

    Les corps des femmes sont exposés à tout bout de champ parce qu’exploités par la société de consommation, et d’ailleurs, l’époque où a commencé à se produire ce phénomène assez particulier est précisément celle où la naissance des nouvelles technologiques de communication et les nouveaux médias ont commencé à se généraliser dans notre société (télévision, cinéma, affiches publicitaires…). Les liens de causes à effet ne sont pas toujours là où on les attend.

    Par ailleurs, je ne vois pas pourquoi les femmes n’auraient pas le droit de s’habiller comme elle le souhaite. C’est encore une façon de réguler leur manière de s’habiller et de se comporter dans l’espace public qui s’exprime dans ce genre de remarques.
    Est ce que les hommes sont aussi décriés sur leur apparence ? Je ne crois pas, alors qu’ils se dévoilent parfois bien plus que les femmes (que dire de ceux qui se mettent torse nu dans la rue sous prétexte qu’il fait chaud ?).

    Vous êtes dans une vision patrarcale et érotisé (voire pornifié) du corps féminin qui devient alors pour vous un objet de honte et surtout de possession. Et cette vision est amplifiée et encouragée par la société de consommation qui, surfant sur la vague de domination masculine, se jette à corps perdu dans la vente de ces corps féminins à travers la publicité, la pornographie, une vision de la femme puérile, perdue, obsolète, qu’on observe presque exclusivement avec le prisme de son apparence : une femme « féminine » est « bonne » (oui c’est un mot affreux, mais finalement, c’est ce que vous dites !) ou n’est pas femme.

    Aujourd’hui, au travers du patriarcat et de la société de consommation, on peine à reconnaître qu’une femme peut être intelligente, avoir des qualités artistiques, des compétences scientifiques, et on les soupçonne injustement de n’avoir aucun don pour la gestion, la prise de décision… et même quand on leur reconnaît, soit on les soupçonnera de ne pas être de sexe féminin (comme Mme Thatcher ou Merkel), soit on les renverra à leur plastique (pour estimer celle-ci disgracieuse ou bien le contraire).

    Méfiance : ce n’est pas le féminisme qui emprisonne les femmes dans cette unique image du corps, mais les personnes qui tiennent votre type de discours.

  11. Le Lustre Connu

    Ainsi, selon vous, pour une femme, « les besoins de son existence » se résument à « trouver un homme qui lui est assorti ». Et toujours selon vous, contrairement à une homme, une femme n’acquiert pas d’expérience de la vie, et ne peut obtenir ni situation, ni position dans la hiérarchie sociale. Une femme serait par ailleurs, toujours selon votre prose, un être fragile qui a besoin qu’un homme l’aide pour faire des mathématiques, lui réparer son ordinateur, et ne peut pas soulever un carton pour déménager (parce que les hommes déménagent leurs meubles tout seuls, bien sûr : le piano dans une main, et l’armoire dans l’autre). Si elle n’a pas réussi à trouver un mââââle à 30 ans, pensez donc, le pauvre petit être fragile n’arriverait pas à s’en sortir dans la vie.

    Notons que votre portrait n’est guère plus flatteur pour les hommes, censés être incapables d’apprécier une femme comme un être humain, c’est à dire une personne dotés d’une personnalité et d’un intellect.

    Votre vision des femmes comme des hommes se résume en un seul mot : navrante.

  12. Chocolat

    Je me demande si votre article est plus insultant pour les femmes ou pour les hommes.
    Les femmes ne sont que des potiches incapables d’attirer l’attention d’une personne de sexe opposé autrement qu’en jouant de leurs charmes, ce sont des personnes vénales auxquelles vous ne reconnaissez comme potentiels atouts que leur jeunesse et/ou leur beauté. Les hommes, sans scrupules, s’intéressant au moment de se marier non à la personnalité de leur compagne ou à leurs goûts communs mais à l’état de l’hymen de la jeune femme, et bons uniquement à raquer (ce que leur permet leur bonne situation professionnelle).
    C’est bien la peine de railler Cosmopolitan si c’est pour aboutir à un article aussi navrant. C’est effrayant comme vous chosifier les personnes pour les soumettre à une logique « marchande » (beauté et jeunesse contre statut social et expérience). Au passage, quelle belle vision du couple et du mariage… cela donne envie.

  13. Kolia Karamazov Auteur de l’article

    Parce que je mets en relief la question de la fraicheur juvénile et de la virginité, on prétend que je réduis les femmes et leurs relations avec les hommes à ces aspects. C’est tout à fait inexact.

    J’attire le regard sur une question précise : le rôle de la virginité et de la jeunesse d’une femme dans sa quête d’un époux digne de ce nom. Personne jusque là n’a réagit directement sur cette problématique. Au lieu de ça on me renvoi sans cesse à la personnalité, à l’intellect, aux intérêts communs. Ces choses existent, mais les questions que j’ai soulevées n’en sont pas moins importantes. Elles constituent le sujet, ici. Ceux qui veulent les esquiver peuvent se contenter de ne pas commenter cet article.

    Pour ma part je ne pratique pas l’esquive. Il me semble que pour ce qui est de l’intellect et des intérêts communs, les hommes préfèrent la compagnie… des hommes.

    Concernant la personnalité, il s’agit de voir qu’elle n’est pas sans lien avec les deux points qui me sont chers. Par exemple, une femme de trente cinq ans, jamais mariée et dont le lit a accueilli une ribambelle d’hommes, risque fort d’avoir développé une certaine personnalité. Et pas vraiment du genre de celles qui plaisent aux hommes.

  14. Ziptotozip

    « Pour ma part je ne pratique pas l’esquive. Il me semble que pour ce qui est de l’intellect et des intérêts communs, les hommes préfèrent la compagnie… des hommes. »

    Ah ?
    Cela dit, cette réflexion met en relief la perception bien étriquée du monde que vous semblez avoir. Sachez simplement que c’est loin d’être le cas de tout le monde.
    Par exemple, je ne sais pas si vous êtes un homme ou une femme, mais je n’ai nul besoin de ça pour me faire un avis sur notre éventuelle vision partagée du monde…

    ____

    « Concernant la personnalité, il s’agit de voir qu’elle n’est pas sans lien avec les deux points qui me sont chers. Par exemple, une femme de trente cinq ans, jamais mariée et dont le lit a accueilli une ribambelle d’hommes, risque fort d’avoir développé une certaine personnalité. Et pas vraiment du genre de celles qui plaisent aux hommes. »

    Parce qu’un homme de 35 ans ayant éclusé une ribambelle de femmes va susciter l’engoument et respirer la confiance ? J’en doute fort. Tout le monde est logé à la même enseigne, hommes et femmes.

  15. Kolia Karamazov Auteur de l’article

    « Parce qu’un homme de 35 ans ayant éclusé une ribambelle de femmes va susciter l’engoument et respirer la confiance ? J’en doute fort. Tout le monde est logé à la même enseigne, hommes et femmes. »

    D’un point de vue moral, nous sommes d’accord. La fornication est un péché que ce soit un homme ou une femme qui s’y adonne.

    Néanmoins, il y a bien une différence entre homme et femme. Les hommes sont viscéralement repoussés par les femmes ayant des bagages, mais l’inverse n’est pas vrai. Au contraire, les femmes ont tendance à être attirées par les hommes qui ont multiplié les conquêtes. Se maintenir à l’écart des vagabonds sexuels requiert de leur part un sens moral et une réflexion raisonnable qui ne vont pas de soi.

  16. Ping : Le Féminisme One Size Fits All | Kolia Karamazov

  17. Un homme

    Kolia Karamazov, vous êtes une femme comme il est de plus en plus rare d’en trouver dans notre civilisation agonisante.
    Merci à vous, vous « tapez » juste, et il est heureux de savoir qu’il reste encore quelques vrais femmes dans cette France à la dérive..

  18. Kolia Karamazov Auteur de l’article

    Pardonnez-moi, mais je suis un homme.
    Il va vraiment falloir que je fasse quelque chose pour que l’on cesse de me prendre pour une femme, car je reconnais que mon pseudo et même mon avatar prêtent à confusion. Kolia est le diminutif de Nikolaï. Quant à mon avatar il provient d’une enluminure du Codex Manesse dans lequel les hommes étaient représentés les cheveux mi-longs.

    Mais rassurez-vous, il reste encore quelques « vraies femmes » dans ce monde à la dérive. Je vous le certifie.

  19. sorcieredulogis

    « Par ailleurs, la virginité est un atout considérable et à défaut le fait d’en être aussi proche que possible est nécessaire. » OMG
    Je vais parler au croyant qui est en vous Nikolaï : Quelle valeur a une femme violée ? Ou une esclave sexuelle dont on a pris le passeport (l’immense majorité des prostituées en Europe) ? Croyez -vous également au repentir ?

  20. Kolia Karamazov Auteur de l’article

    « Quelle valeur a une femme violée ? »

    Ce qui est important c’est que la femme ait eu la volonté de se préserver pour son futur époux. Le viol ne remet pas ça en question puisque, par définition, il va à l’encontre de sa volonté.

    Dans le même genre, on peut être d’accord sur le fait qu’un bon mari est un homme capable de supporter financièrement sa famille. Dans cette optique, une femme aura intérêt à privilégier un homme qui a fait des études, a trouvé un emploi rémunérateur et a mis de l’argent de côté. Ce sera mieux qu’un homme qui n’a pas son Bac, est barman a mi-temps et dilapide tout son argent dans les fêtes et les casinos. Pour faire l’analogie avec le viol, imaginons que notre homme responsable (le premier donc) se fasse voler sa carte bancaire et dévaliser son compte en banque, la veille de son mariage. Serait-il pour autant ravalé au rang du barman jouisseur ? Non, car il n’a pas perdu dans l’affaire les qualités fondamentales qui feront de lui un bon père de famille.

    « Croyez-vous également au repentir ? »

    Pourquoi croyez-vous que j’ai écrit cet article ? Pour le plaisir de jeter la pierre à des femmes que je juge irrécupérables ?
    Le repentir est chose possible, mais attention de ne pas croire que ce serait comme passer un coup de lingette sur une vitre salle, comme si en un mouvement désinvolte on pouvait remonter une pente qu’on a dévalé pendant des années. Ce serait comme croire que l’on peut se sortir de l’alcoolisme d’un claquement de doigt, après s’y être enfoncé pendant dix ans. Donc oui la voie du repentir est toujours ouverte, mais attention, l’idée que l’on pourrait faire n’importe quoi et qu’il suffirait, le moment venu, d’un petit coup de repentir pour remettre les compteurs à zéro, est une illusion mortelle.

  21. Débandade

    Très fine analyse. Bravo !
    Le charme de toute sa vie entre ses mains écrivez-vous ! Plus ciniquement je dirais que l »homme à sa vie devant lui, la femme l’a entre ses cuisses…
    Je vous livre un court extrait de la page 58 de La Voie Royale d’André Malraux : « Un jour elle a vu que sa vie avait pris une forme : la mienne, que son destin était là et non ailleurs, elle a commencé à me regarder avec autant de haine que sa glace. Toutes ses anciennes espérances de femme jeune se sont mises à miner sa vie comme une syphilis attrapée dans l’adolescence, – et la mienne par contagion… Vous ne savez pas ce que c’est que le destin limité, irréfutable, qui tombe sur vous comme un règlement sur un prisonnier : la certitude que vous serez cela et pas autre chose, que ce que vous n’avez pas eu, vous ne l’aurez jamais. Et derrière soi, tous ses espoirs, ses espoirs qu’on a dans la peau comme on n’aura jamais aucun être vivant… »

  22. Exocet

    Votre opinion est tellement à l’opposé de la mienne que je ne sais même pas par où commencer, cependant je remarque que vous acceptez le débat et je loue cette qualité que vous avez.

    Vous semblez avoir une idée erronée de ce que veulent les femmes. Apparement le but de leur existence est de se trouver un mari et d’arrêter de travailler (vous dites qu’elles trouvent « pénible » de travailler toute l’année pour payer les factures). Ce genre d’idées… eh bien, ce sont les idées de ma grand-mère, qui n’était déjà pas très moderne à son époque. Une femme peut désirer une carrière, et j’en connais beaucoup qui n’ont pas du tout l’intention d’arrêter de travailler après le mariage, en admettant qu’elles se marient. Continuer de travailler pour plusieurs raisons :
    – parce que son travail lui plaît
    – pour raisons financières
    – pour conserver son indépendance (les choses peuvent mal se passer, un divorce, etc. La pension alimentaire a été inventée pour ça, certes, mais personnellement je n’aimerais pas dépendre de la bonne volonté et/ou de la capacité à payer d’un homme que j’aurais quitté)

    Quand au mariage, ce n’est pas le but final de toute femme. Pourquoi se marier, au fond ? On peut très bien vivre avec quelqu’un sans mariage. Vivre avec quelqu’un, c’est un engagement personnel. On peut souhaiter le rendre légal pour différentes raisons (en cas de maladie ou de décès de l’un des conjoints, par exemple, le mariage légal offre certaines garanties et facilités au conjoint survivant). Ou simplement pour montrer à la société son désir de s’engager et de vivre avec une autre personne. Si on est religieux on peut souhaiter aller à l’église. Mais c’est avant tout une décision personnelle qui ne regarde que le couple et personne d’autre.

    Ensuite, vous admettez que la virginité et la beauté ne sont pas tout, mais vous avez l’air de leur attribuer malgré tout une importance disproportionnée. La virginité n’est pas forcément si importante, ni même souhaitable. N’est-il pas agréable au contraire de se trouver avec un partenaire expérimenté ? Une femme non-vierge n’est pas un produit périmé. D’ailleurs, cela montre seulement qu’elle a eu son choix de partenaires et que c’est vous qu’elle a choisi.

    Il ne s’agit pas de passer d’un extrême à l’autre, je ne dis pas qu’il faut changer de partenaire perpetuellement (encore que, les gens font ce qu’ils veulent, ils sont maîtres de leur corps, et on n’est pas « une catin » sous prétexte qu’on prend son plaisir avec des personnes différentes). Personnellement cela ne me convient pas mais je ne jette pas la pierre à ceux qui le font. Au bout d’un moment, tant qu’ils s’agit de deux partenaires adultes et consentants, ce qu’ils font dans l’intimité ne regarde personne. Et il est stupide de s’engager dans une relation à long-terme (d’autant plus dans votre cas car je ne pense pas que vous approuviez le divorce) sans connaître la personne avec qui on souhaite passer sa vie, y compris intimement.

    Pour finir vous me paraissez très dur avec les femmes. Vous leur accordez une dizaine d’années après leur majorité avant d’être « fanées », tandis que les hommes à trente ans commencent tout juste à perdre un peu de leur forme physique. Il me semble que devant l’âge au moins nous sommes tous égaux, certains vieillissent bien, d’autres plus mal, cela n’a rien à voir avec le sexe. Certaines femmes peuvent être quelconques voire disgracieuses à seize ans et s’épanouir à trente ans. L’inverse est vrai aussi. Cela dépend des individus.

    Pour en revenir au mariage, mettons que je sois une femme et qu’un homme refuse de m’épouser sous prétexte que j’ai trente ans et que je ne suis plus vierge… eh bien, je ne crois pas avoir vraiment perdu quelque chose dans l’affaire. Un homme pareil, très peu pour moi. Car si ces raisons sont suffisantes pour refuser le mariage cela signifie que pour eux c’est l’essentiel, c’est à cela que se ramène la valeur d’une femme en tant que personne.

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