Le dimanche et l’indifférenciation du temps et de l’espace

ACDC

Paysage campagnard vu depuis la fenêtre du TGV

Julien est un jeune cadre dynamique parisien qui doit se rendre à Lyon en TGV. Il est 7 heures du matin, il descend les escaliers de l’immeuble du 9ème arrondissement dans lequel se trouve son studio. Plutôt que de profiter d’une dernière minute de calme avant de s’engouffrer dans un Paris déjà bien animé, il écoute AC/DC à fond sur son iPod. La concierge le salue, il n’entend rien, passe la porte d’entrée et se met à dévaler le trottoir vers la gare Saint-Lazare. La chaussée est humide, le camion de nettoyage le précède de 20 mètres, les éboueurs s’entre-interpellent et les klaxons jouent leur rôle de défouloir. Mais pour notre voyageur pressé, rien de tout cela n’existe. Son environnement sonore se résume au hard-rock que crache ses écouteurs. Voilà Julien arrivé à la station de métro. « Si vo plé, jé besoin argent pour mangé ». Un arménien joue de l’accordéon. Le claquement des talons aiguilles des jeunes louves en partance pour la Défense résonne dans les tunnels. Le bruit de la soufflerie est régulièrement couvert par celui d’une rame qui entre en gare quelques mètres plus bas. Mais cette description, Julien serait bien incapable de la faire, car son attention auditive est accaparée par un live de Highway to hell. Il finit par prendre place à bord du métropolitain. Pendant le voyage, un barbu hirsute et manifestement bien imbibé, se lance dans un monologue sans queue ni tête. Deux fatmas font montre de leur amour pour la langue de Molière, en braillant, Allah sait quoi, en arabe. Simultanément, Mamadou entretient une conversation téléphonique animée avec son cousin. Mais pour notre jeune cadre, seul les riffs de Back in Black comptent à ce moment là. A la gare de Lyon, malgré une attente de plus d’une demi-heure, ni les coups de sifflets des contrôleurs, ni le crissement des freins des locomotives, ni le brouhaha général, ne peuvent percer la carapace de heavy métal qui isole Julien du monde extérieur. Plus tard, dans le TGV, les chahuts d’enfants et les annonces de retard pour « raisons indéterminées » ne font pas non plus partie de sa réalité. Une fois à Lyon, des expériences aussi diverses que la traversée du Rhône, puis de la Saône, de la place Bellecour et du vieux Lyon, sont défigurées, égalisées, nivelées par le bulldozer sonore AC/DC.

Pour les nombreux Julien que comptent la France, le temps et l’espace n’existent plus comme des infinis à l’étendue et à la diversité incommensurable, mais sont devenus aussi 
limités et répétitifs qu’une playlist. A chaque instant et en tout lieu, Julien est avant tout dans sa bulle musicale, le reste est plus que secondaire, inexistant. Cette bulle est la même qu’il soit assis dans son appartement, qu’il déambule sur les boulevards à une heure de pointe, qu’il traverse la France en train, ou qu’il passe ses vacances dans une ferme du XVIe siècle.

L’indifférenciation du temps et de l’espace, qu’illustre l’histoire de Julien, est déjà allée très loin sous les effets conjugués de la technologie et de l’idéologie. L’aplanissement du dimanche n’est qu’une étape de plus sur ce chemin. Elle n’aura pas simplement pour conséquence de changer le visage de la semaine. C’est à la disparition pure et simple de celle-ci que va conduire la normalisation du 7ème jour. Ce travail d’élimination des spécificités, des distinctions, des nuances, des frontières, qu’elles soient spatiales ou temporelles, revient à transformer une symphonie de Mozart en sonnerie pour Nokia 3310.

N’en déplaise à ceux qui ne se sentent exister qu’à travers l’acte d’achat, le dimanche est et restera le jour où l’on coupe la musique, où l’on sort de la matrice appelée semaine. Il est et sera toujours le relief qui fait exister la plaine.

On dit qu’un électrocardiogramme vaut milles mots, alors je vous laisse méditer celui-ci :

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13 réflexions au sujet de « Le dimanche et l’indifférenciation du temps et de l’espace »

  1. Roman Bernard

    Le « débat » sur le travail/repos dominical est l’un de ces faux-débats qui émaillent l’actualité politique française, en compagnie du « mariage » gay et du droit de vote des extra-Européens.

    D’un côté, le camp de la « croissance » et des « emplois » (quels qu’ils soient) représenté en gros par l’aile « progressiste » de l’UMP et l’aile « libérale » du PS.

    De l’autre, le camp des « traditions », dans lequel s’illustre l’alliance du marteau et du goupillon. Les uns veulent défendre un droizacquis, les autre la « famille » (nucléaire) et la religion (formaliste).

    Les premiers soutiennent que la France va s’« enrichir » si les Français vont dépenser l’argent qu’ils n’ont pas un septième jour de la semaine. Économiquement, c’est faux, mais depuis l’invention de l’instrument statistique du PIB, toute activité est vue comme un enrichissement. Si A vend un canard vibrant à B qui, avec l’argent, achète un plug anal à C, il y a de la croassance et de l’emploi.

    Les seconds soutiennent que la famille, pourtant déjà décomposée (50% de divorces dans les grandes villes), va en pâtir. Que la religion, déjà devenue une farce (regarder la vidéo de la « messe pour enfants » ambiance Club Dorothée dite par un certain cardinal Bergoglio, avant qu’il ne devienne le Souverain poncif) est menacée. À cette tendance majoritaire dans le second camp se joint la cohorte ouvriériste qui se plaint du sort des travailleurs en acceptant par ailleurs que d’autres travailleurs du tiers-monde viennent œuvrer en France pour des salaires de misère et réduire au passage les travailleurs indigènes au chômage.

    Tout ça n’est pas sérieux, d’un côté comme de l’autre.

    Aucune société ne peut s’arrêter de tourner un jour par semaine. On parle des services d’urgence bien sûr, mais aussi de tout ce qui est vraiment nécessaire. Le repos dominical n’a jamais empêché les éleveurs laitiers de traire leurs vaches (c’est indispensable de le faire chaque jour), ni les aubergistes d’accueillir des voyageurs. Quand il fallait des jours et des semaines pour faire transiter des marchandises en France (pas de repos dominical non plus, dans ce cas), à cheval ou par péniche fluviale, qu’il était impossible de savoir avec précision à quel endroit on serait rendu à la tombée de la nuit, il est bien évident qu’il était possible de manger et dormir lorsque l’on trouvait une auberge. Cela a continué jusqu’à aujourd’hui, sous d’autres formes. Cela continuera car le principe de l’interdiction du travail dominical ne tient pas debout une seconde. Même en Israël et dans les pays musulmans, il n’est pas respecté le samedi et le vendredi. La défense du repos dominical par les cathos et les cocos est l’expression d’une époque — révolue —, celle où l’on travaillait (ou faisait semblant de…) du lundi au vendredi, de 9h à 17h. Au passage, à la sortie de la messe, Marie-Églantine et Charles-Anatole sont bien contents que des boulangeries soient ouvertes, et que, pour celles qui en ont, des salariés y travaillent.

    À l’inverse, quand une part considérable de l’économie s’apparente aux convulsions d’un estomac pris de gastro-entérite, permettre aux gens d’aller acheter des Monster Munch marque au pouce de Auchan et du Steff Cola dans un Superdrug pour arroser ça n’est pas non plus la panacée.

    Face à cela, celui qui n’est ni un progressiste (« Demain sera un jour meilleur parce que ce sera demain ») ni un réactionnaire (« C’était mieux avant », « Tout fout l’camp ») dira qu’il n’y a pas lieu de légiférer sur la question, ni pour ni contre. Que le débat du travail/repos dominical est anecdotique tant que l’alternative est de se faire chier à Carouf’ ou de s’emmerder à la messe. Et que les familles et les communautés n’ont rien à espérer ni à craindre d’une mesure aussi futile, dans un sens ou dans l’autre.

    Dans beaucoup de contrées où le travail dominical n’est pas interdit, le repos dominical reste l’usage. Les idées, contraires en apparence, que l’autoriser va sauver la France de la faillite, ou l’atomiser encore plus qu’elle ne l’est déjà, relèvent de la même croyance à l’importance de ce bout de papier qu’on appelle une loi (ce qu’on a observé avec le « mariage » gay, déjà).

    Au lieu d’espérer des miracles ou de redouter des désastres du législateur, il est nécessaire de vivre en tenant compte du cadre législatif et réglementaire, et de faire ce qu’on peut avec ça. Je note que les musulmans, qui, pour ceux qui travaillent, n’ont pas le vendredi chômé, ont bien plus le sens de la famille et de la communauté que les cathos qui, eux, ont le dimanche.

    Le problème est donc à chercher ailleurs, comme à chaque fois qu’un faux-débat est orchestré par les médias, avec le progressistes qui font semblant de terrasser des cadavres et les réactionnaires qui font semblant de sauver des momies.

  2. droitedavant

    Je ne sais pas si je cherche à sauver des momies. Je préfère un interdit non respecté, car il a l’avantage de montrer que la transgression est néfaste (à l’homme, à la société), à enregistrer sans cesse des nouveaux « droits ».
    Mais il paraît que ce n’est plus la tendance.

  3. Kolia Karamazov Auteur de l’article

    @Roman

    S’il s’agit de dire que la seule légalisation du travail le dimanche ne va pas faire passer la France de l’état de pays florissant à celui de nation épave ou inversement, alors on ne peut qu’être d’accord avec vous. Mais je ne crois pas que beaucoup de gens pensent sérieusement que cette mesure aurait un impact si grand. Les réactionnaires ont consciences du délabrement avancé du pays et ils souhaiteraient que le bout de scotch qui ralentit les infiltrations d’eaux ne soit pas retiré. Les libéraux ont le sentiment que tout est interdit en France et pensent que donner le droit aux gens de travailler quand ils veulent rendraient la situation un poil moins infernale.

    Comme vous rangez la question du dimanche chômé aux côtés du « mariage » gay dans la catégorie des « faux débats », je vais vous dire pourquoi je ne pense pas qu’il faille prendre le « mariage » gay à la légère.

    L’idée est que la France est une épave.

    La France aujourd'hui

    C’est un fait avec lequel il faut composer. Les promoteurs du « mariage » gay ont pour projet de crever un pneu supplémentaire. Si nous autres, personnes sensées, avions le choix entre batailler pour les en empêcher et prendre place dans une Rolls superbe qui nous attendrait juste à côté, nous serions bien bête de ne pas choisir la deuxième option. Dans ce contexte toute résistance aux desseins de Pierre Bergé et consorts serait une perte de temps absurde et potentiellement fatale. Malheureusement il n’y a pas de Rolls à l’horizon. Nous n’avons que cette épave et c’est avec elle qu’il va falloir prendre d’assaut la forteresse de Satan. C’est ça ou rien. Dans ce cadre essayer de préserver aux moins trois pneus sur les quatre est une bonne idée.

    Concrètement que signifie cette métaphore automobile ? L’invention du « mariage » gay me pose essentiellement problème pour l’impact qu’elle va avoir sur les enfants, je veux parler des petits français qui ont aujourd’hui moins de dix ans. Autant, les gens un peu plus âgé (vingt ans et plus disons) ne vont pas en pâtir directement, car ils sont formés psychiquement, mais ce n’est pas le cas des plus jeunes qui sont très vulnérables. Vivre les années 90 où les années 2000 en tant que jeune adulte ce n’était pas du tout pareil que de les vivre en ayant entre cinq et quinze ans, il faut garder cela à l’esprit. Quand je passe devant les lycées ces temps-ci, je me dis que les ados qui sont là se sont pris Loft Story(1) dans la figure à l’âge de quatre ans. Pas à quatorze ans, pas à vingt-quatre ans. Et je les plains et je comprends pourquoi leur âme a toutes les caractéristiques du vide intergalactique.

    L’idée est que ça sera pire encore pour les petits enfants de 2013. Or, vous serez d’accord là-dessus, sans eux pas de renouveau européen.
    Cette génération, encore un peu plus que toutes celles qui l’ont précédée, sera gavée de mensonges, de bêtise et de laideur, quoiqu’il arrive. Cela étant dit, ce serait tout de même bien si on pouvait leur épargner de passer toutes leurs années, de 5 à 18 ans, le nez dans des manuels scolaires dans lesquels un énoncé sur deux sera du genre : « Clémentine et Sabrina sont les mamans de deux filles et un garçon quel est le pourcentage de fille dans la famille de Clémentine et Sabrina » ou encore « Dan goes at the swimming pool with his fathers. Imagine what happens when Dan realise that none of his fathers has breast (150 words) ».

    Je ne crois pas une seconde qu’un enfant, même avec des parents de bonne volonté, puisse sortir indemne d’un tel traitement. Leur permettre d’y échapper ce serait empêcher les progressistes de crever un pneu supplémentaire. Avec ses pneus, si on la pousse dans une descente, l’épave peut encore aller loin. L’épave c’est la France, mais c’est aussi chacun de ces jeunes qui auront vingt ans dans dix ou quinze ans. Les forces du progrès cherchent à détruire l’âme de cette jeunesse, à la plonger dans l’obscurité totale, à broyer chacune de ses vertèbres. C’est de notre responsabilité de faire en sorte qu’il subsiste chez les jeunes hommes et jeunes femmes de demain, au moins une valeur à l’endroit, sur laquelle ils pourront se jucher pour prendre la mesure du chaos et du désastre qui les entourent.

    (1) Loft Story n’est qu’un marqueur temporel symbolique, il faut bien voir tout ce qui a constitué le quotidien de cette génération : épidémie de divorce, enfants uniques jamais aussi nombreux, barbarie afro-américaine (rap) et africaine, prénoms à une syllabe (Noa, Léo, Nola Néo, Téo les seuls prénoms pluri syllabiques ayant été Mohamed et Mamadou), télévision et pop culture d’une vulgarité sans précédent, pornographie en haut débit dès le plus jeune âge, père absent, mère à demi-folle, équipe de France 2010,…

  4. Roman Bernard

    « S’il s’agit de dire que la seule légalisation du travail le dimanche ne va pas faire passer la France de l’état de pays florissant à celui de nation épave ou inversement »

    Je n’ai jamais prétendu que les opposants au travail dominical disaient que la seule légalisation du travail dominical en était responsable (caricature rhétorique de mes propos), mais qu’ils pensent que cela y contribue, ce qui est faux.

    « Les réactionnaires ont consciences du délabrement avancé du pays et ils souhaiteraient que le bout de scotch qui ralentit les infiltrations d’eaux ne soit pas retiré. »

    Il est à nouveau temps de laisser Tyler Durden vous répondre :

    Dans « Stop trying to control everything and just let go », le mot-clef est évidemment « trying ».

    J’aime aussi les métaphores, et particulièrement les métaphores liées aux transports lorsque je parle de politique. Prenons celle du bateau : la France est un navire qui fonce à plein régime vers l’iceberg, les commandes ont été sabotées, et des gros bras gardent la salle des machines, qui est fermée à clef (et la clef a été jetée à la mer). Passer ces gros bras par-dessus bord, forcer la porte, puis réparer les commandes est possible, mais va demander beaucoup d’énergie, de temps et de ressources, alors que des canots sont disponibles sur le pont. Et, bien sûr, le bateau est sur le point d’atteindre l’iceberg, donc l’urgence est au sauvetage.

    Oui, il y a des canots. Nous ne sommes que secondairement français. Je rappelle que la France n’est pas née au baptême de Clovis ou, plus faux encore, à Gergovie, mais au Traité de Verdun de 843, qui scellait le partage de l’Empire carolingien selon des critères ethno-linguistiques : Francie occidentale peuplée de Gallo-Romains dirigés par une aristocratie romano-germanique, Francie orientale peuplée de Germains. Au milieu, Lotharingie correspondant à toutes les contrées mixtes, qui le sont encore aujourd’hui : actuel Bénélux, Rhénanie, Alsace, Suisse, Italie du Nord. De ce partage, on déduit que la France est un résidu d’Europe. Et donc que ce qui importe par-dessus tout, c’est l’Europe.

    L’Europe (et ses excroissances en Amérique du Nord et dans les terres australes) étant confrontée dans son ensemble aux mêmes problèmes, c’est elle, notre canot de sauvetage. Mais avant qu’une vraie prise de conscience raciale et civilisationnelle se manifeste (on n’en est qu’au début), il faut bien gérer l’intendance.

    Si la France est une voiture, alors il est bien évident que nous ne sommes pas au volant. Vu où nous mène le conducteur (qui est isolé par une grille, comme certains taxis), à l’abattoir, il est au contraire urgent que la voiture se prenne le décor. Il y aura probablement des morts et des blessés, mais aussi des survivants. Là où nous mène la France actuelle (y compris celle voulue par le Front national version Marine), tout le monde sera mort, si l’on veut bien considérer qu’une version hexagonale d’Haïti, fût-elle francophone (créole) et « chrétienne » (vaudou avec le fétiche Jésus, comme en Afrique noire), n’est plus la France (qui n’existe qu’en tant que sous-ensemble de l’Europe, bis). Donc s’il est possible de saboter la voiture-France, tant mieux : les survivants sortiront d’autant plus vite pour monter à bord de l’autocar blindé Europe. Si cela n’est pas en notre pouvoir, nous pouvons raisonnablement espérer que le conducteur fou se plantera dans le décor avant de nous mener à l’abattoir. Pris d’hubris, le conducteur refuse de reconnaître le risque qu’il y a à mélanger les carburants, de même que la gauche actuelle refuse de voir que son cocktail à base d’islamisation, de mariage gay, de religion de la Shoah, de féminisme et d’africanisation est un mélange explosif (qui a déjà commencé à exploser, d’ailleurs).

    Une fois que l’inévitable accident aura eu lieu, les cartes seront rebattues pour tout le monde. À votre avis, qui sera le mieux préparé : les musulmans qui n’en ont rien à cirer du cours de théorie du genre, ou les bons petits Français qui s’appliquent pour obtenir un 20/20, sous l’influence de leurs parents dont certains s’invitent dans les « débats » de Sophie Davant pour venir expliquer qu’« ils sont exigeants avec leurs enfants en termes de travail scolaire parce que c’est pour leur avenir » ? Question rhétorique s’il en est.

    L’école va inculquer aux enfants des aberrations ? Alors il faut inviter les enfants à ne pas la prendre au sérieux, à faire le strict minimum pour avoir 10 de moyenne et se concentrer sur ce qui est vraiment formateur pour eux.

    Laissez cette épave aller dans le fossé où est sa place. Préoccupez-vous plutôt de ce qui vient après. Ce n’est pas un bout de scotch qui nous préservera du Déluge.

  5. Kolia Karamazov Auteur de l’article

    « mais qu’ils pensent que cela y contribue, ce qui est faux. »

    Pour le travail dominical, je ne sais pas si c’est vrai ou faux. Mais pour le « mariage » gay, autre débat factice selon vous, il est clair qu’il va contribuer au délabrement dans les années à venir.

    C’est bien beau de qualifier l’Europe de canot de sauvetage, ou encore mieux d’autobus blindé, mais concrètement le fait de me décréter européens ne me met pas soudainement dans une position plus favorable. L’Allemagne se suicide démographiquement, les USA viendront probablement déverser des bombes sur notre tête dès qu’on arrêtera de se suicider. Concernant les USA, je note que les américains sont armés, qu’ils peuvent dire ce qu’ils veulent s’ils n’ont pas peur de perdre leur carrière, qu’ils ont une blogosphère dynamique et intéressante (ce qui est aussi lié à la taille de la population), mais j’ai noté lors des Manif pour Tous que certains américains semblaient envier la capacité à la mobilisation et à la résistance du peuple français. En fin de compte, en passant de la France à l’Europe on passe d’un navire à la dérive à une flotte toute entière en perdition.

    Comprenez moi bien, je pense que l’échelon Europe a sa pertinence dans le contexte actuel, mais de là à parler d’un bus blindé qui serait affrété pour nous sauver…
    Aujourd’hui, le seul pays dans lequel vivent des gens qui ont à peu près la même tête que moi et qui a l’air de tenir debout n’est pas en Europe : c’est la Russie.

    « Donc s’il est possible de saboter la voiture-France, tant mieux. »

    Je suppose que ça sera sympa à regarder depuis le Québec.

    Vous dites que plus tôt l’accident aura eu lieu, plus vite les survivants prendront place à bord du fourgon blindé Europe.

    Deux remarques :
    D’une part nous ne maîtrisons que très peu le timing relatif à la venue de ce jour que vous appelez « accident ». Il peut arriver demain ou dans quinze ans, ou ne jamais advenir.

    D’autre part, je m’inquiète de savoir à quoi ressembleront les survivants et notamment les jeunes gens. Y aura-t-il chez eux au moins une idée en place ? Bergé ne le souhaite pas.
    Comme dans toutes génération il y aura une toute petite minorité de rescapés. Mais au moment de l’accident, il ne sera plus question de compter uniquement sur les rescapés, sinon on ne sera pas bien nombreux. Ce sera le moment au contraire de récupérer, non pas tout le monde, mais cette masse importante de gens décents qui auront été aveuglés jusqu’au bout. Et les enfants issus de cette population seront dans un meilleur état dans dix ou quinze ans si ils ne subissent pas, en plus de tout le reste, un bourrage de crâne à base de « Emilie et ses deux mamans » et d’initiation à la sodomie.

    « Alors il faut inviter les enfants à ne pas la prendre au sérieux, à faire le strict minimum pour avoir 10 de moyenne et se concentrer sur ce qui est vraiment formateur pour eux. »

    Comment allez-vous faire pour expliquer à la population qu’il ne faut pas prendre l’école au sérieux ? Vous le direz à votre fils, fort bien, mais il ne va pas former une légion à lui tout seul.
    Par contre, auprès de la foule de gens lambda qui ne se rend compte de rien, vous aurez du mal à faire passer le message. Il y a dans cette foule nombre de gens honnête, travailleur, intelligent dont le seul défaut et de ne rien voir à ce que nous voyons. Nous ne pourrons pas nous passer de ces gens là, sauf si le traitement qu’ils auront subit les brise entièrement bien sûr. Mais en ce cas nous serions bien mal en point.

  6. Roman Bernard

    « en passant de la France à l’Europe on passe d’un navire à la dérive à une flotte toute entière en perdition »

    Oui, enfin une flotte en perdition qui, en même temps, domine le monde. Les Chinois ne sont revenus sur le devant de la scène que parce qu’ils sont l’atelier de l’Occident. Idem pour l’Islam avec le pétrole, les Russes avec le gaz, etc. Il y a assez de ressources humaines, financières, morales, pour le construire, ce radeau de sauvetage ! Mais pour cela, il faut casser les États-nations qui empêchent les Européens de suivre le même processus d’éveil que les autres civilisations, à savoir le passage d’une conscience nationale à une conscience civilisationnelle.

    Les musulmans, les Hispaniques, les Africains, et même les Asiatiques qui vivent en Occident sont en train de mettre leurs rivalités nationales au placard. L’Occident devra en passer par là.

    « Je suppose que ça sera sympa à regarder depuis le Québec. »

    En fait je suis de retour à Paris… depuis hier.

    « Comment allez-vous faire pour expliquer à la population qu’il ne faut pas prendre l’école au sérieux ? Vous le direz à votre fils, fort bien, mais il ne va pas former une légion à lui tout seul.
    Par contre, auprès de la foule de gens lambda qui ne se rend compte de rien, vous aurez du mal à faire passer le message. »

    Si les gens n’arrivent pas à comprendre que l’école est là pour leur aliéner leurs enfants, on ne va pas pouvoir grand’ chose pour eux. Vous parlez de limiter la casse par rapport à la propagande homosexualiste, fort bien, mais comment comptez-vous vous y prendre, à part en discréditant les institutions ? Nous n’avons pas les leviers de commande en main, il faut donc saboter la machine. C’est pour cela que je vous disais que le mot-clef de la citation de Tyler Durden est bien « trying ». Vous voulez épargner les enfants de la propagande homosexualiste, mais vous ne le pouvez pas. L’enseignement est obligatoire, et les écoles publiques, « privées » sous contrat (i.e. publiques) et même privées hors contrat la propagent.

    Comment, donc, faire autrement que discréditer l’école aux yeux des enfants ? Vous parlez de propagande homosexualiste, mais la propagande antiraciste est encore plus forte, parce qu’elle est totalement assimilée par les profs cathos (eh oui, on ne les entend pas trop là-dessus, nos veilleurs, printaniers français et autre Manix pour Toutes). Tant que les Européens voudront être les bons élèves d’un système dédié à leur extermination, au lieu de devenir ce qu’ils doivent être, à savoir les vrais rebelles, il n’y aura aucune solution possible.

  7. Kolia Karamazov Auteur de l’article

    « Il y a assez de ressources humaines, financières, morales, pour le construire, ce radeau de sauvetage ! »

    Oui je suis d’accord avec vous. Le potentiel est là. Mais il est urgent de reconstituer une homogénéité idéologique, religieuse, des valeurs et des buts. Je n’ai aucune intention d’aller au casse-pipe pour permettre à mon voisin de continuer à collectionner les mangas, fumer son narguilé et applaudir la gay-pride chaque année.

    « En fait je suis de retour à Paris… depuis hier. »

    Ah. Vous n’avez pas pris racine au Québec en fin de compte ?
    Ca fera au moins une bonne nouvelle pour la France dans la rubrique immigration.

    « Si les gens n’arrivent pas à comprendre que l’école est là pour leur aliéner leurs enfants, on ne va pas pouvoir grand’ chose pour eux. »

    Mais justement, beaucoup de gens ne comprennent pas (ou alors seulement superficiellement) et sont pourtant des gens décents. Il faut faire avec, on ne pourra pas se passer de tout ce monde.

    « Vous voulez épargner les enfants de la propagande homosexualiste, mais vous ne le pouvez pas. »

    La mobilisation contre le « mariage » homo aurait pu aboutir au retrait du projet de loi et à une décennie de répit dans le domaine de la propagande homosexualiste.
    Et c’est justement parce que la propagande anti-raciste et la propagande féministe sont déjà très implantées dans les écoles que je pense que ça aurait été bien d’éviter cette nouvelle étape.
    Quand j’avais vingt ans, je pensais que les races n’existaient pas, je pensais qu’il n’y avait pas de différence entre un homme et une femme (à part morphologiques), mais au moins on ne m’avait pas bassiné avec des « familles » à deux mères ou avec les amourettes de Gérard et Patrick. Je suis content d’avoir échappé à ça. Et peut être que si je n’avais pas eu cette chance, j’aurais été tellement plongé dans l’obscurité que je n’aurais jamais réalisé qu’une femme n’est pas un homme et qu’un noir n’est pas un blanc.
    C’est comme si vous étiez dans une pièce totalement close en présence de trois bougies. Si l’une d’entre elle seulement est allumée, vous pouvez toujours repérer les deux autres et les allumer à leur tour. Si les trois sont éteintes, bon courage.

    « Comment, donc, faire autrement que discréditer l’école aux yeux des enfants ? »

    Et moi je vous demandais comment faire pour discréditer l’école aux yeux de la masse des enfants (pas tous, je sais qu’on ne sauvera pas tout le monde, mais il va bien falloir en sauver un certain nombre).
    Mais, je suis d’accord avec vous, discréditons l’école auprès des enfants « accessibles » (nos propres enfants, les enfants des gens de la Manif pour Tous, etc.). Pour ceux qui ne nous sont pas « accessibles », le retrait du projet de loi Taubira aurait été une bonne chose. C’est en ce sens que la lutte contre celui-ci était justifiée.

  8. Roman Bernard

    « Vous n’avez pas pris racine au Québec en fin de compte ? »

    Oh, ce n’était pas mon intention. Le but était de réseauter aux États-Unis depuis là-bas, ce qui fut fait. Au départ, il s’agissait d’y rester deux ans, finalement ç’aura été un an. Ce fut suffisant.

    Prendre racine dans un supermarché aux écriteaux en mauvais français est impossible :

    http://marietheresebouchard.blogspot.fr/2013/05/montreal-la-ville-parfaite-pour-la-fin.html

    « La mobilisation contre le « mariage » homo aurait pu aboutir au retrait du projet de loi et à une décennie de répit dans le domaine de la propagande homosexualiste. »

    Je ne le crois pas. Ce n’est pas parce qu’il y a 1,4 million de gens dans les rues que cela va faire reculer le pouvoir. Concrètement, que pouvait-il craindre de cette foule pacifique ? Rien.

    « Pour ceux qui ne nous sont pas « accessibles », le retrait du projet de loi Taubira aurait été une bonne chose. C’est en ce sens que la lutte contre celui-ci était justifiée. »

    J’avais écrit cecien 2012 :

    La nouvelle majorité a promis l’ouverture du mariage aux couples de même sexe pour 2013, et, contrairement à la précédente, il est raisonnable de penser qu’elle tiendra ses engagements électoraux. Durant l’année qui vient, il faut donc s’attendre à une agitation frénétique du mouvement conservateur parisien pour empêcher l’inévitable — inévitable parce que le pouvoir n’est pas entre ses mains, ne l’a jamais été, même lorsque des majorités élues grâce aux suffrages de l’électorat qu’il prétend incarner détenaient les apparences du pouvoir.

    Finalement, cela aura dépassé le mouvement conservateur parisien… et malgré cela la loi est passée. On peut regretter de ne pas avoir les leviers de commande, mais on aurait beau réunir 14 millions de personnes qu’on ne les obtiendrait toujours pas. L’histoire n’est pas faite par les masses, elle est faite à partir des masses. Et ce sont des minorités qui les manœuvrent. C’est donc du côté de la qualité, et non de la quantité, qu’il faut œuvrer.

  9. Kolia Karamazov Auteur de l’article

    Oui enfin les foules pacifiques de 1984 avaient bien fait reculer Mitterrand sur l’école libre. Mais je suppose qu’il était moins l’ennemi des français que ne l’est aujourd’hui Hollande et sa clique.

  10. Roman Bernard

    En fait, Mitterrand aurait tout à fait pu imposer sa loi. J’avais assisté en 2009 à un colloque sur l’éducation qui sentait le fond de loge et les francs-macs lui en voulaient encore un quart de siècle plus tard. Concrètement, dans un bras de fer entre le Mammouth et les familles, le premier aura l’avantage tant que le principe même de l’école obligatoire pour tous et à plein temps n’aura pas été discrédité. Si des millions de Français étaient prêts à cesser d’envoyer leurs enfants à l’école et à en subir les conséquences, cela pourrait changer. Tant que ce n’est pas le cas, le Mammouth aura gain de cause à long terme face aux parents d’élèves.

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