A propos des jeux video

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16 réflexions au sujet de « A propos des jeux video »

  1. Johnathan R. Razorback

    A moins d’avoir eu l’indépendance d’esprit de vous débarrasser de la télévision, le premier reportage venu vous aurait montré tout le mépris teinté d’ignorance crasse qui caractérise le traitement médiatique des gamers.

  2. Kolia Karamazov Auteur de l’article

    Beaucoup d’hommes de plus de trente ans sont fiers de faire la queue pour acheter le dernier Need for Speed, mais aucun d’entre eux n’assumerait le fait d’acheter des autos miniatures pour jouer avec.
    De même, personne ne semble choqué quand un élève ingénieur de 22 ans annonce qu’il a consacré sa soirée à construire une base dans Warcraft. Par contre on se moquerait d’un étudiant dont on apprendrait qu’il a passé des heures, à quatre pattes sur le sol de sa chambre, pour construire un repaire de pirates en Lego.

  3. Thibault

    J’aime beaucoup votre blog que je visite depuis des semaines et c’est mon premier message. Pour une fois, je ne suis pas d’accord avec vous ; il y a jeu vidéo et jeu vidéo comme il y a jeu et jeu. Vous viendrait-il à l’idée de mettre dans un même sac les légos et le jeu d’échec ? Les playmobil et le monopoly ?
    De la même manière il y a des jeux vidéo « bêtes » et des jeux vidéo qui nécessitent de la réflexion et l’élaboration d’une stratégie, le virtuel n’étant qu’un support. Je ne mettrais pas dans le même sac un jeu où l’on dégomme les zombies ou Pokémon et la série des Civilization.

    Que pensez-vous sinon des amateurs de modélisme ? (je n’en suis pas un). Comme ceux qui reconstituent des villes miniatures avec train électrique etc. Même si quelques-fois ça fait sourire, je trouve qu’il y a un côté artistique qui rend cela respectable.

  4. Kolia Karamazov Auteur de l’article

    Vous passez à côté du motif de ma critique des jeux vidéo. Je ne les critique pas parce qu’ils sont « bêtes », mais parce qu’ils sont « jeux ». Or le jeu n’a pas sa place dans l’âge adulte. On me répondra que de tout temps, les adultes ont joué (aux cartes, à la pétanque, etc.) Il faut donc que je précise ma pensée. Le problème des jeux vidéo, c’est qu’ils prolongent un mode de jeu qui jusque récemment était spécifique à l’enfance. Lorsqu’un enfant est à demi étendu sur le sol de sa chambre, à faire se combattre des figurines de chevaliers, il n’est pas « à demi étendu sur le sol de sa chambre, à faire se combattre des figurines de chevaliers ». En fait, il n’est même pas dans sa chambre, puisqu’il est plongé au cœur d’une bataille épique dans un moyen âge imaginaire. Et bien c’est pareil pour l’adepte des jeux vidéo. Est-il assis sur son canapé, les yeux fixés sur un écran de télé ? Non. Il est au volant d’une voiture de course, dans la peau d’un agent secret, ou dans celle d’un empereur régnant sur le monde. Nous retrouvons donc dans l’usage des jeux vidéo cette fuite en dehors du réel, qui est parfaitement saine chez l’enfant, mais ne l’est pas chez l’adulte. Rien de tel avec la belote, les échecs ou la pétanque. Un homme qui dispute une partie de pétanque avec des amis, dispute une partie de pétanque avec des amis, point. Il n’y a pas de différence entre ce qu’il fait objectivement et ce qu’il s’imagine faire.

    Les jeux vidéo posent aussi un problème du fait de leur usage massif. Cette caractéristique ne change rien sur le plan individuel, mais a de l’importance pour qui se préoccupe de notre avenir collectif. Contrairement au modélisme qui a très peu d’adeptes, les jeux vidéo séduisent une fraction très importante de la population masculine entre 15 et 40 ans. Par ailleurs de nombreux joueurs ne se contentent pas de deux ou trois heures hebdomadaires, mais bien plutôt de dix, quinze, vingt heures.

    Sur le plan collectif le modélisme n’est pas un danger car sa pratique est très peu répandue. Sur le plan individuel il me semble moins néfaste que les jeux vidéo en général, car il fait appel à de véritables compétences manuelles et pas seulement à la manipulation de boutons et de joysticks. Cependant, croyez bien que si 40% de la jeunesse française était accro au modélisme ferroviaire, j’aurais fait un visuel pour le dénoncer.

    En ce qui concerne Civilization, il est clair que c’est un jeu intelligent. Cela justifie-t-il de continuer à l’utiliser lorsque l’on atteint l’âge adulte ? Je ne crois pas. Car si l’on donne des jouets intelligents aux enfants, ce n’est pas pour qu’ils jouent avec jusqu’au tombeau, mais pour qu’ils deviennent un jour des adultes intelligents, capable d’agir dans le monde en faveur du bien. Cela suppose qu’à un moment le jouet, le jeu, l’imaginaire soient mis de côté pour faire place au réel et à l’honnêteté.

    Personnellement je suis passé par différents stades. A une période, j’avais déjà conscience de la vacuité du jeu vidéo et malgré tout il m’arrivait d’avoir besoin de fuir le réel. Dans ces cas là je jouais tout en ayant parfaitement conscience de ce que je faisais : « je tentais de fuir un réel trop pesant ». Cette phase n’a pas duré très longtemps. A présent je ne peux plus fuir, car ma conscience du néant vidéo ludique est devenu trop aigue. Parfois c’est pénible de n’avoir aucun échappatoire, mais au fond je sais que c’est la voie qu’il faut suivre : refuser toutes les drogues, briser toutes les idoles pour n’avoir plus de refuge qu’en Dieu.

  5. Thibault

    Je comprends mieux la critique, mais le joueur de Monopoly n’est-il pas un patron en immobilier lorsqu’il joue ? Le joueur de Risk (je ne sais pas si l’exemple est bien choisi, mais je n’en ai pas de meilleur en tête, n’étant pas « expert » en jeux de plateau) n’est-il pas une sorte de « chef de guerre » lorsqu’il joue ? D’ailleurs on trouve des sites multijoueurs de Risk sur internet … En dehors de la pétanque, il y a tous les jeux de société plus ou moins classiques, et ça (le besoin de jouer), ça remonte à l’aube de l’humanité, c’est un besoin vital de l’homme (dans quelle société les adultes ne jouaient-ils pas ?).

  6. Heimdall

    Oui, et le Rock’n’roll fait tourner le lait des vaches aussi. Et les blue jeans sont la marque de Satan. Parfois faudrait savoir fermer sa gueule avant de l’ouvrir.

  7. jmespe

    bonsoir
    je suis un peu d’accord avec vous deux !
    Il se pose ici les problèmes classiques de notre société et évidemment celle de la LIMITE
    On peut jouer, oui , mais jusqu’à quand ? 20ans ? 30 ans 40 ans ??? et ensuite ce sera 50 ?
    Notre société, quand à elle, joue TOUJOURS au « pousse-bouchon » et pour tout .

    Il est amusant que vous parliez de « ceux qui reconstituent des villes miniatures avec train électrique » (étant électronicien, j’aurai pu l’être !) et figurez vous, que je pense que notre société est désormais trop décadente pour tolérer ce type d’activité minutieuse et patiente.
    Faire de l’électronique, des maquettes de train ou du crochet pour ces dames est le summum du ringard.

    Il y a aussi la frontière de la virtualisation :
    un joueur d’échec fera peut-être un bon matheux
    un joueur de scrabble un écrivain
    un maquettiste fera un bon horloger
    mais je ne crois pas , justement, qu’un joueur de jeu de guerre fasse un bon guerrier

    cordialement

  8. Kolia Karamazov Auteur de l’article

    Thibaud,

    Les jeux d’antan se composaient d’un plateau en bois ou en carton, de quelques pions et de quelques dés. Il n’y avait pas là de quoi sortir le joueur du monde réel. Je ne crois pas qu’il y ait jamais eu un adulte qui se soit sérieusement pris pour un magnat de l’immobilier en jouant au Monopoly. Et quand bien même y en aurait-il eu, il faudrait le dénoncer et non pas relativiser la gravité des comportements actuels liés aux jeux vidéo.
    De plus, d’après une étude de 2012, les français consacrent en moyenne une douzaine d’heures aux jeux vidéo chaque semaine. Cela m’étonnerait beaucoup qu’ils consacrent plus de douze heures par an au Monopoly. Il est donc clair que le phénomène vidéo ludique est d’une ampleur incomparable.
    Enfin, le Monopoly n’a jamais été une occasion de donner un intérêt à une vie qui en manquait. Il s’agit d’un simple moment de convivialité, en famille ou entre amis, au cours duquel on s’amuse du hasard des lancés de dés, de la chance et de la malchance des uns et des autres, tout en buvant un thé et en mangeant des biscuits.

    Vous évoquez le « besoin de jouer », mais je crois précisément que l’usage massif des jeux vidéo auquel nous assistons ne relève pas de ce besoin. Il découle d’un malaise grandissant face à la laideur toujours plus grande du monde réel, ainsi que d’une mentalité mêlant culte de soi et goût du confort. Finalement, le gamer veut réaliser de grandes choses (tuer des dragons, conquérir des royaumes, etc.) sans renoncer au moelleux de son canapé. Par ailleurs, il sent instinctivement que la réalité de la France et du monde en ce début de XXI siècle, n’est pas belle à voir, du coup il fixe son écran de télé pour ne pas regarder ailleurs.

    Attention, le gamer est loin d’être le seul à se réfugier dans une bulle protectrice contre les « agressions » du réel. La fuite hors du réel est possible par d’autres moyens que les jeux vidéo. La télévision est le plus répandu de tous, un certain usage d’internet en fait aussi partie. Et puisque nous parlions des jeux de société, il convient de souligner qu’il existe un certain univers du jeu de société qui coupe du réel. Je ne parle pas là de ceux qui s’adonnent à une partie de Monopoly occasionnelle, mais des gens qui passent vingt heures par semaines à jouer aux cartes Magic ou à pratiquer les jeux de rôles (du genre Donjons et Dragons). Je trouve vraiment dommage de consacrer tant de temps à jouer un rôle. Chaque heure passée à incarner un elfe est une heure que l’on ne passe pas à s’incarner soi-même.

    Je vais finir en vous racontant une anecdote. Un proche qui consacre énormément de temps aux jeux vidéo, m’a expliqué que dans certains jeux il fait des « promenades ». Il se balade dans l’univers du jeu, uniquement dans le but de grimper en haut des montagnes, de découvrir des grottes, ou d’autres éléments de décor « remarquables ». Je lui ai alors demandé pourquoi il n’allait pas marcher dans de véritables montagnes. Il a trouvé le moyen de se justifier en mettant en avant les pseudo-avantages de la « ballade » virtuelle. Pourtant, le fait est qu’on peut passer des heures à explorer du regard un mètre carré d’une plate-bande, ce sera toujours infiniment plus intéressant que de passer des heures à explorer un mètre carré ou même des hectares dans un univers virtuel. La préférence des jeux vidéo sur le réel ne signifie au fond qu’une chose: que l’on renonce à vivre dans l’Univers créé par Dieu, pour vivre dans un univers créé par un programmeur informatique.

  9. Kolia Karamazov Auteur de l’article

    jmespe,

    Votre réflexion sur le modélisme ferroviaire est très juste, le résultat n’est pas assez immédiat pour intéresser encore les gens de nos jours.

    Un joueur de jeu de guerre qui se retrouve au front ne va pas se sentir en terrain connu, ne serait ce que sur le plan auditif : il va avoir très mal aux oreilles.

  10. Ping : JCDecaux plus fort que Goebbels | Kolia Karamazov

  11. Alex

    Ce que vous reprochez au jeu vidéo c’est principalement l’évasion dans un monde virtuel, la déconnexion avec la matière, la vraie, créée par Dieu. Certes. Mais tout ceci s’applique également à la lecture, lorsqu’on lit on s’échappe dans un monde créé par l’auteur. Cela s’applique également à la peinture, lorsqu’on voit une peinture de Dali elle nous présente un monde irréel et troublant. Et même si j’ose dire elle s’applique à notre imagination, lorsque nous imaginons nous nous évadons dans un autre monde. Autrement dit votre critique, bien que dirigée sur les jeux vidéo, s’applique non seulement à l’art mais à l’imagination tout entière. Elle est donc naturellement vaine à moins de remettre en question la nécessité de l’art et de l’imagination…

  12. Kolia Karamazov Auteur de l’article

    Nos contemporains consacrent douze heures par semaine aux jeux vidéo. C’est une moyenne, nombreux sont ceux qui y consacrent beaucoup plus de temps. Curieusement ils ne consacrent pas douze heures par semaine à la littérature ou à la peinture. Il faut donc croire qu’il y a des différences fondamentales entre les divers « modes d’évasion du réel ». Ajoutons que nos contemporains ne consacrent pas non plus douze heures par semaine à l’imagination. Précisément, rester assis sur une chaise, ou allongé sur un lit à ne rien faire (ce qui est un pré requis pour imaginer) leur est, à mon avis, insupportable. En effet, se livrer à cette activité les conduirait à se retrouver nez à nez avec leur néant. Ils ont besoin au contraire de stimulations permanentes (musique, radio, télévision, internet, smartphones, jeux vidéo, Facebook, etc.) afin de combler tant bien que mal le vide qui les habite. Qui est capable, en rentrant chez soi, de s’asseoir simplement dans le silence et d’attendre ainsi ne serait-ce que dix minutes ? Pas grand monde il me semble et je reconnais avoir aussi du mal à le faire. Mais bien sûr les gens balayeront d’un revers de la main cette « drôle d’idée » : « Peuh ! Pourquoi perdre son temps. Ca ne sert à rien, c’est pour ça que je ne le fais pas. » A quoi cela sert-il ? Eh bien cela sert à regarder sa vie en face, à cesser de couvrir sa propre vérité par un vacarme permanent.

    Même si le pouvoir de déréalisation des jeux vidéo est bien plus fort que celui de la peinture, ou de la lecture, il est vrai que l’on peut quitter le réel de façon tout à fait malsaine via la lecture (pour la peinture j’ai plus de doutes). Mais le fait que mon article cogne sur les jeux vidéo, signifie-t-il que toutes les autres activités humaines ont ma bénédiction ? Non, bien évidemment. Il y a des femmes droguées aux bouquins des éditions Harlequin. Je n’ai aucun mal à imaginer qu’elles perdent totalement le contact avec le réel pendant leurs lectures, c’est très grave. D’ailleurs certains ont fait remarquer que ce genre de livres constitue un équivalent, pour les femmes, de la pornographie. Donc oui, la lecture peut poser problème. Il en va de même pour l’imagination. Croyez-vous que j’applaudisse quand j’apprends qu’un bonhomme de trente ans passe plusieurs heures par jour allongé sur son lit à s’imaginer dans la peau d’un empereur romain, ou d’un super héro ? Et peut être y a-t-il déjà eu dans l’histoire des gens qui passaient vingt heures par semaines à fixer les mêmes peintures, et peut-être même souillaient-ils leur pantalon à cette occasion. Mais faut-il que je condamne un phénomène manifestement anecdotique et qui est dors et déjà ridicule aux yeux de tous (contrairement aux jeux vidéo) ?

    Toute lecture est-elle pour autant une tentative de fuir le monde réel au même titre que les jeux vidéo ? D’abord je dois vous rappeler que la plupart des jeunes sont aujourd’hui incapables de lire plus d’une dizaine de pages d’affilées dans un livre. Ils sont trop habitués à zapper, ils ne peuvent pas se passer de l’excitation permanente de la nouveauté. Internet, leurs smartphones et leurs jeux vidéo ont habitué leurs cerveaux à ce qu’il se passe quelque chose « d’excitant » toutes les quatre secondes environ.
    Mais enfin, moi qui suis a peu près capable de lire, est-ce que je fuis le réel quand j’ouvre un livre ? En fait c’est tout le contraire. Quand je lis Dostoïevski par exemple, c’est l’un des plus grand connaisseur de l’Homme que je lis, je suis donc au cœur du réel. Et tous les chefs d’œuvres, que ça soit dans le domaine de la littérature, de la peinture ou de la musique touchent l’homme au plus profond de ce qu’il est, et non pas de ce qu’il voudrait être. Leurs auteurs ne peuvent être que des hommes dont la vie était résolument inscrite dans le réel. C’est parce qu’ils ont refusé les illusions et les mensonges, c’est parce qu’ils ont été honnêtes avec eux-mêmes dans leur recherche de la vérité qu’ils ont pu produire des œuvres géniales. C’est pour cela que ces œuvres ne peuvent être appréciées que par ceux qui ont les pieds fermement enracinés dans le réel.

    PS : C’est une erreur fondamentale de croire que les grand romans (Stendhal, Dostoïevski, Balzac, etc.) sont sortis de « l’imagination » de leurs auteurs. Les grands écrivains sont toujours des observateurs minutieux du réel qui les entoure et les écrivains géniaux ne se contentent pas de l’observer, ils le comprennent. Leurs romans sont le fruit de cette compréhension.

  13. Julia

    Ma mère aura 62 ans la semaine prochaine!
    Elle est accro à sa XBOX, ses jeux de rôles et ses quêtes contre les dragons.
    Faut il qu’elle passe au point de croix pour plaire aux pseudos intellectuels qui pensent détenir la vérité absolue? Je joue, mon fils joue, mon mari joue….. Je suis personnellement chef d’entreprise et mon conjoint cadre dans un gros groupe…… Mon fils lit régulièrement des livres et à de bonnes notes à l’école…..

    Autour de moi, il y a beaucoup de personne qui joue (adultes), et qui ont des situations professionnelles plus que correct…..

    Les accros à la lecture, qui passent 3,4 ou 5 heures par jour le nez dans leur bouquin, ne cherchent ils pas eux aussi à fuir une réalité? Quand on lit Le seigneur des anneaux, une part de nous cherche l’anneau et quand on bouquine 99francs, on s’identifie tous à Octave à un moment de l’histoire.

    Pourquoi serait il mal de se plonger dans un monde remplit du dragon lorsqu’on a une manette à la main, alors qu’il est formidable d’en faire autant avec un livre à la place de la manette?

  14. FaLLaWa

    Bonjour Kolia, première visite sur votre blog. Mon point de vue à chaud :

    J’aime jouer à Starcraft 2 (jeu de stratégie), mais je peux très bien m’en passer. On ne peut donc pas dire que j’y joue « pathologiquement » pour fuir le réel. J’aime beaucoup la stratégie et le fait de dominer l’adversaire. Est-ce à dire que j’y joue pour de bonnes raisons ?
    Je voie très bien ce que vous voulez dire lorsque vous parlez de la TV comme moyen de fuir la réalité. En effet ombre de gens semblent fuir leur existence déplaisante à travers les séries TV en vivant « par procuration » les aventures – et bien souvent les aventures amoureuses – des protagonistes. C’est pour cela que je me désole de voir ma petite sœur regarder Secret Story et que je me refuse à avoir une TV chez moi.

    Croyez-moi la fuite du réel ça me connait : j’ai joué à WoW (temps de jeu 45 jours effectifs) et un beau jour, à l’occasion d’un changement dans ma vie (rentré en France pour mes études dans une ville inconnue) j’ai décidé de tirer un trait sur WoW pour prendre un nouveau départ, même si l’envie de rester confortablement dans ma réalité alternative avec mon personnage niveau 60 était forte ! Ça a été difficile, inutile de le dire. Il faut quand même préciser que j’y jouais au sein d’un groupe d’amis avec lequel nous avions déjà fait d’autres activités ensemble. Je n’étais donc pas dans le cas d’un individu isole en détresse qui en serait venu par lui-même aux MMORPG car ce sont mes amis qui m’ont persuadé de les rejoindre et j’étais réticent connaissant l’addiction possible et le temps que cela prenait.

    A propos de la lecture comme échappatoire du quotidien : tout à fait d’accord. C’est un peu comme les jeux vidéo à quelques nuances près :
    • Lire exige un certain effort : on doit lire un certain nombre de pages avant que le décor du roman ne soit planté.
    • On doit faire appel à son imagination pour se représenter le monde et les personnages dépeints par l’auteur alors que dans les jeux vidéo, tout le boulot est fait et l’on a plus qu’à regarder et admirer les graphismes et le rendu visuel. C’est le summum de la facilité
    • La fuite du monde réel par les jeux vidéo est rendue bien plus intéressante par le fait que l’on peut interagir « online » avec d’autres humains dans un monde virtuel. Contrairement à la lecture on l’on est « offline », seul dans le monde imaginé.
    Lorsque vous parlez de réussir à s’assoir dix minutes sans rien faire, je pense tout de suite au bouddhisme et plus précisément à un livre qui m’a ouvert les yeux : The Power of Now, d’Eckhart Tolle. La thèse centrale de l’ouvrage est que l’humanité toute entière est victime d’une pathologie qui lui est propre – les humains étant la seule espèce à raisonner : leur cerveau tend continuellement à chercher matière à s’occuper, à exister. Pour cela il va analyser tout et n’importe quoi (vous est-il déjà arrivé de ne plus pouvoir vous arrêter de penser a plein de choses différentes ?) L’auteur suggère alors de commencer à s’imprégner de cet état de fait et de « s’observer penser », afin de dissocier notre « self » de notre « mind ».

    Pour conclure, je pense que l’engouement actuel pour les jeux vidéo, au-delà de l’avènement des ordinateurs dans notre vie (qui fournissent de nouveaux moyens et une nouvelle facilite d’exécution), résulte de deux processus qui s’entremêlent :
    • La fuite du réel
    • Le besoin de notre cerveau à se trouver une occupation stimulante

  15. Kolia Karamazov Auteur de l’article

    Bonjour Fallawa,

    « [Quand on lit,] on doit faire appel à son imagination pour se représenter le monde et les personnages dépeints par l’auteur alors que dans les jeux vidéo, tout le boulot est fait et l’on a plus qu’à regarder et admirer les graphismes et le rendu visuel. C’est le summum de la facilité. »

    Exact. C’est d’ailleurs pour cette raison que je pense que les jeux vidéo sont néfastes aussi pour les enfants. Ils ne stimulent plus du tout leur imagination. A mon avis les jeux vidéo n’ont jamais valu les jeux matériels, mais je crois aussi qu’ils sont devenus de pire en pire avec le temps. A l’époque, les moyens techniques « rudimentaires » limitaient beaucoup les possibilités en terme de jeux vidéo. L’expérience proposée par les jeux n’était pas réaliste (un homme, par exemple, était représenté par un amoncellement grossier de pixels). Par conséquent le joueur devait suppléer aux limitations des jeux vidéo par un travail de l’imagination. Il fallait imaginer que le carré blanc dessiné à l’écran était une voiture de course. Avec le progrès technique, l’imagination est de moins en mois sollicitée puisque la machine fait tout le boulot et affiche jusqu’aux poils de barbe des protagonistes.
    Dans quelques années on risque de se retrouver avec une génération d’adultes dont l’inventivité et l’imagination n’auront jamais été sollicitées, parce qu’ils auront été bercés par des jeux vidéo ne laissant aucune place au développement de ces facultés.

    « J’aime jouer à Starcraft 2 (jeu de stratégie), mais je peux très bien m’en passer. »

    Je vous recommande de vous en passer alors.

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